Le projet d’ une recherche sur le ministère sacerdotal dans la tradition syriaque a vu le jour il y a six ans, lorsque nous avons commencé par discuter avec l’ organisme allemand de Missio, Aix-la-Chapelle, de la possibilité de mener à bien un tel projet. La décision étant prise conjointement, de la part dudit organisme et de nous-même, l’ exécution du projet débuta en janvier 2013. À l’ origine, le temps alloué à son achèvement était fixé à un an et demi, le temps que nous avons mis pour rédiger notre livre sur Saint Paul dans la tradition syriaque. Contre toute attente, un temps beaucoup plus long s’ est avéré nécessaire pour mener à bien cette recherche. Plusieurs facteurs ont contribué à retarder l’ achèvement de la rédaction, dont les deux plus importants : la refonte presque totale du plan initial que nous avions esquissé au début, et la prise de conscience, un peu tardive, d’ avoir sous-estimé le temps requis pour appréhender la riche complexité de la pensée de Narsaï, auteur que nous avons inclus dans le projet et qui nous était jusqu’ alors inconnu. Dans l’ introduction, nous reviendrons encore sur la refonte du plan initial ; mais en guise d’ avant-goût, nous signalons ce changement essentiel survenu dans la conception du plan d’ origine. En fait, au fur et à mesure de notre commerce avec les textes des auteurs que nous nous sommes proposé d’ étudier, nous nous sommes rendu compte que le ministère sacerdotal, pour être bien compris, doit être éclairé par l’ ensemble de la théologie, de la christologie à l’ eschatologie, en passant par l’ ecclésiologie et la pneumatologie. Ce constat nous a contraint à repenser à nouveaux frais la problématique censée rendre compte d’ une approche globale du thème du sacerdoce. Comme à la première lecture de nos auteurs nous n’ avions pas prévu une telle vision théologique, nous nous sommes trouvé dans l’ obligation de la prendre en considération en utilisant nos fiches et, à l’ occasion, de les compléter par un sondage de quelques textes qui semblaient contenir des idées s’ y rapportant.

En même temps que cette partie fondamentale, fondant et éclairant le thème à étudier, s’ imposait impérativement une autre étude, préliminaire celle-ci, qui porterait sur l’ analyse de la terminologie syriaque relative au ministère sacerdotal et à ses ministres. Au début, estimant qu’ une telle étude linguistique serait trop technique et par conséquent d’ accès difficile aux non-initiés à la théologie syriaque, nous avons cru pouvoir passer outre. D’ autant plus, avons-nous jugé, que les termes et les concepts allaient être analysés au fur et à mesure de leur emploi au cours de la rédaction. Mais à mesure que nous avancions dans la lecture des textes de nos auteurs, l’ idée d’ un chapitre placé au début de la recherche, ayant pour première fonction d’ analyser les termes, s’ avérait nécessaire.

Initialement, le projet de mener une recherche sur le ministère sacerdotal dans la tradition syriaque est né suite à un article sur le sacerdoce chez Jacques de Saroug que nous avons préparé pour une revue non spécialisée. En prenant à cœur de développer un tel sujet dans une perspective beaucoup plus vaste, incluant quatre des grands auteurs syriaques, nous étions conscient du risque que nous encourions d’ aborder un thème relevant de la théologie sacramentaire et, qui plus est, touchant à un seul sacrement à l’ intérieur de cette théologie. Comme nous sommes plus enclin aux problématiques de la théologie qui sont en rapport avec l’ interrogation philosophique, nous estimons que les sacrements cadrent peu avec cette orientation, même si la théologie sacramentaire fait partie intégrante de la théologie dogmatique. Mais ces défis, nous avons été amené à les relever dans des recherches précédentes, lorsque nous avons été sollicité pour étudier les manuscrits sur Isaac d’ Antioche, nous consacrant à la recherche de l’ identité complexe de cet écrivain et à l’ étude des textes collectés, dont l’ analyse a montré qu’ ils doivent être répartis sur plusieurs Isaac. Un autre défi nous fut imposé lorsque, à l’ occasion du deuxième millénaire de la naissance de l’ apôtre Paul, nous avons été amené, nous qui ne sommes ni exégète ni théologien biblique, à retracer l’ influence de l’ apôtre sur la pensée des auteurs syriaques.

Après avoir terminé la rédaction de notre texte, les Editions Brill, qui ont accepté de le publier dans leur série Supplements to Vigiliae Christianae, nous ont demandé d’ opérer quelques raccourcissements, conformément à leurs critères de publication. En effet, la longueur de notre texte s’ expliquait par notre choix d’ étudier quatre auteurs. En conséquence, nous avons dû résumer des parties qui constituent des préliminaires au thème du sacerdoce proprement dit, telles que les questions qui portent sur les activités de chacune des Personnes de la Trinité, de l’ homme en général ou de certaines catégories qui sont plus en rapport avec le sacerdoce. Nous avons également abrégé des notes, et avons supprimé d’ autres qui avaient pour but d’ expliquer des termes ou d’ éclairer des contextes. Dans la première annexe, nous avons sacrifié deux parties consacrées au jugement négatif et au jugement positif que portent nos théologiens sur la femme, tandis que nous avons supprimé une seconde annexe consacrée à des thèmes eschatologiques.

Il va sans dire qu’ il appartient au destin de tout chercheur se consacrant à l’ étude de la théologie ancienne de s’ adapter à un ensemble d’ exigences, parmi lesquelles l’ effort de pénétrer l’ esprit de l’ époque qu’ il étudie et les concepts par lesquels cet esprit est incarné. C’ est ce que nous avons tenté de faire dans cette étude. Avons-nous réussi ? Aux savants et aux lecteurs avertis d’ en juger. Pour notre part, nous sommes conscient que le travail ici entrepris n’ est qu’ une introduction au thème du sacerdoce dans la tradition syriaque, laquelle introduction a encore besoin d’ être complétée et parachevée. N’ est-ce pas là une des règles du progrès dans la recherche scientifique, à savoir que les travaux des uns viennent compléter, voire améliorer, ceux de leurs prédécesseurs ?

Parvenu à la fin de cette recherche, nous sommes heureux d’ exprimer notre gratitude envers tous ceux qui nous ont soutenu. Notre pensée va en premier lieu à notre Ordre qui nous a généreusement accordé le temps nécessaire pour entamer et achever ce projet. Nos sincères remerciements s’ adressent notamment à Missio Aix-la-Chapelle qui a soutenu financièrement le projet, même si la période fixée avec l’ organisme donateur et prévue initialement pour une durée d’ un an et demi a dû être prolongée pour les raisons que nous avons évoquées.