Le Liber de causis et l’ Elementatio theologica dans deux bibliothèques anglaises : Merton College (Oxford) et Peterhouse (Cambridge)

in Reading Proclus and the Book of Causes Volume 1

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L’ histoire du Liber de causis dans les universités d’ Oxford et Cambridge est, comme à Paris, étroitement liée à l’ introduction massive du corpus philosophique aristotélicien et pseudo-aristotélicien durant le premier quart du XIIIe siècle. Le manuscrit composite de la Bodleian Library, Selden supra 24, entré au monastère de Saint-Alban vers 1200–1250 constitue l’ un des premiers témoignages de l’ introduction du Liber de causis en Angleterre1. Il était notamment connu du maître Alexandre Neckam, qui a certainement eu accès à l’ exemplar sur lequel a été copiée une partie du manuscrit Selden supra 24. Ces cahiers comprenaient la Métaphysique, l’ Ethica vetus, le De celo et mundo du pseudo Avicenne et le Liber de causis, nommé Metaphysica Avendauth2. Il s’ agit des quatre textes aristotéliciens et pseudépigraphes dont le maître avait directement connaissance3. Dans son Speculum speculationum, écrit entre 1212 et 1213, il cite trois de ces textes : la Métaphysique, le Liber de causis et l’ Ethica vetus4. La connaissance de ces traités ainsi que les liens qu’Alexander Neckham entretenait avec Alfred de Sareshel et le maître John Blund, formé aux arts et à la théologie à Paris, constituent tout autant de témoignages d’ une réception scolaire précoce du corpus naturaliste et métaphysicien d’ Aristote.

L’ assimilation de cet imposant corpus accompagné des commentaires arabes et de pseudépigraphes entraîna une nouvelle organisation du savoir, dont les universités d’ Oxford et de Cambridge se portèrent garantes notamment par la prescription des nouveaux textes à étudier. Au-delà de l’ introduction de ces opuscules, il s’ agissait d’ une conception bouleversant les cadres anciens. Le « nouvel Aristote » permit l’ intégration au savoir existant d’ un noyau de connaissances organisées, définissant les principes et conclusions des phénomènes terrestres et célestes, grâce à un ensemble de textes philosophiques et scientifiques nouvellement traduits5.

L’ intérêt pour les sciences naturelles à Oxford dans la première moitié du XIIIe siècle est largement représenté par des maîtres tels que Jean de Londres, Roger Bacon, Robert Grosseteste, Adam Marsh ou Adam de Bockfield. Le nombre important de manuscrits ou de mentions de la compilation nommée Corpus vetustius – une association de divers traités de philosophie naturelle issus des traductions arabo-latine et gréco-latine – démontre le succès que rencontra le « nouvel Aristote » dans les deux premières universités anglaises6. La glose dite d’ Oxford est un autre témoin d’ un enseignement des libri naturales à Oxford dès les années 1240–12507. Dans cette afflux de textes nouvellement traduits, quelle fut la place octroyée au Liber de causis ? Trois manuscrits universitaires oxoniens du Corpus vetustius et présentant la glossa anglicana contiennent le Liber de causis8. Est-ce à dire que ce dernier fut enseigné à Oxford dans le cadre de lectures sur les Libri naturales ? Il semble tant à Oxford qu’ à Cambridge que le statut du Liber de causis dans le monde scolaire soit moins manifeste que pour l’ ensemble du corpus métaphysicien et naturaliste d’ Aristote. Tantôt associé dans les manuscrits à la Métaphysique tantôt aux Parva naturalia, nous verrons qu’ il est difficile de tirer des conclusions définitives quant à son insertion dans l’ enseignement philosophique.

Si l’ on connaît mieux aujourd’ hui le contexte d’ introduction des traités aristotéliciens et pseudo-aristotéliciens dans les milieux scolaires et l’ attitude des maîtres envers ces œuvres, certains points doivent encore être mieux définis, notamment la circulation du Liber de causis et de l’ Elementatio theologica entre les scolares, leurs bibliothèques privées et leur réception dans les institutions collégiales séculières oxoniennes et cantabrigiennes. La deuxième moitié du XIIIe siècle est marquée par la fondation d’ un nouveau type d’ institutions séculières conciliant l’ idéal charitable de l’ hospitium et la vie conventuelle. La réunion d’ une communauté séculière d’ étudiants vivant ensemble, selon des Statuts, constitue en soi une amélioration du système d’ accueil de l’ hospitium9. Néanmoins, la mise à disposition pour des sociétaires – et des membres extérieurs – d’ un instrument de travail telle qu’ une bibliothèque ancre ces nouvelles fondations séculières dans le monde universitaire. En l’ absence de véritables bibliothèques universitaires ou de facultés avant le XVe siècle à Oxford et à Cambridge, les bibliothèques des nouveaux collèges séculiers vont rendre l’ accès aux livres et aux manuels de travail plus aisés. Les institution collégiales séculières vont donc rivaliser avec les studia mendiants et d’ autres maisons régulières qui offraient alors aux membres de leurs ordres un soutien à l’ étude par des exercices scolaires et la présence, en leurs murs, d’ une bibliothèque10. L’ étude du De causis et de l’ Elementatio theologica dans les universités d’ Oxford et Cambridge est indissociable de ce contexte de changement caractérisé par la refonte des modèles anciens. La restitution de ces deux œuvres dans le cadre universitaire peut donc être envisagée par une analyse des catalogues de bibliothèques et des manuscrits subsistants, qui constituent tout autant d’ attestations de la réception des deux opuscules dans un tel cadre.

Les sources statutaires demeurent bien entendu d’ autres témoignages importants d’ une lecture et d’ une pratique universitaire mais bien souvent elles ne sont que le reflet d’ une norme éloignée de l’ activité réelle des maîtres et étudiants. Les livres ayant circulé au sein même d’ une communauté prouvent, bien souvent, que les prescriptions possédaient un caractère idéalisé ou du moins soutenaient une idéologie précise. Il demeure tout de même important de glaner les maigres informations que nous offrent ces règlementations de l’ enseignement.

Nous étudierons ici la réception du Liber de causis et de l’ Elementatio theologica de Proclus à travers les sources de deux bibliothèques médiévales d’ Oxford et de Cambridge, à savoir Merton College et son collège jumeau cantabrigien, Peterhouse. Le choix de ces deux librarie s’ est imposé d’ une part parce qu’ elles possèdent les collections de livres les plus importantes aux XIVe et XVe siècles – des collections adaptées au nombre des sociétaires de ces institutions – et d’ autre part car ce sont les collèges pour lesquels le plus de sources relatives aux bibliothèques et aux manuscrits subsistants nous sont parvenues. Par ailleurs, en dépit de riches sources pour l’ histoire des bibliothèques, l’ investigation menée pour les autres collèges d’ Oxford et Cambridge n’ a abouti qu’ à de maigres résultats au vu de la description très succincte des livres dans les inventaires11. Merton College et Peterhouse sont sans conteste les collèges qui offrent le plus de détails concernant le De causis, l’ Elementatio et leurs lecteurs.

1 Vide statutaire : Oxford, Cambridge. Excursus à Paris

Les textes didascaliques ou les introductions à la philosophie d’ origine parisienne entre 1240 et 1250 – que cela soit le Guide de l’ étudiant ou la Divisio scientiarum d’ Arnoul de Provence – ont fait du Liber de causis un complément nécessaire à la Métaphysique qui apportait à cette dernière les éléments nécessaires pour développer une théologie naturelle. Le Liber de causis venait en quelque sorte couronner aux côtés de la Métaphysique, la théorétique aristotélicienne12. Jean de Dacie – entre 1270–1280 – est plus prudent, pour lui, le Liber ne doit pas être confondu avec la Métaphysique, il s’ en distingue ; cependant il pallie l’ absence d’ un traitement de la théorie des substances séparées et de ce fait complète l’ œuvre aristotélicienne13. Quant au commentaire au Liber de causis du Ps.-Adam de Bockfield, composé après 1251, il réitère la conception du Guide de l’ étudiant et d’ Arnoul de Provence, en faisant du De causis le quatorzième livre de la Métaphysique14. Mais qu’ en est-il dans les applications statutaires anglaises ?

Les statuts d’ Oxford ont été rassemblés dans l’ édition de Strickland Gibson et constituent un amalgame de règlements de plusieurs périodes15. Il est donc important de demeurer prudent dans l’ étude de ces sources normatives et de ne pas y voir l’ expression d’ une pratique antérieure.

Les statuts de 1268 mentionnent les titres des œuvres De forma, c’ est-à-dire les traités que les étudiants doivent avoir entendu avant l’ examen de la determinatio en arts : après la logique et la grammaire, il est précisé que les étudiants doivent avoir lu trois livres de philosophie naturelle, à savoir : la Physique, le De anima et le De generatione et corruptione. Les candidats déterminant pro aliis, au nom d’ autres étudiants, devront avoir entendu en plus des précédentes prescriptions, les trois livres des Météores. Ni la Métaphysique ni le Liber de causis ne sont cités. Ces statuts font référence au minimum requis pour accéder à la déterminance. Il s’ agit probablement des lectures ordinaires dispensées par le maître régent. Les étudiants pouvaient certainement élargir leurs lectures puisqu’ en 1407 il est fait référence aux lectures cursives, dispensées par les bacheliers, de certaines parties de la Métaphysique. La Métaphysique est également prescrite la même année en lecture ordinaire pour les candidats à l’ examen d’ inceptio, leur permettant d’ accéder à la régence en arts.

Autour de 1313, d’ autres statuts exigent que les candidats à l’ inceptio aient entendu : le De animalibus, le De motu, le De motu animalium, les Meteora, d’ autres livres de philosophie naturelle sans plus de précisions et l’ Ethica d’ Aristote. À nouveau, rien n’ est dit du Liber de causis. Il en est de même pour les statuts de la fin du XIVe siècle, plus précis, puisqu’ ils associent un certain nombre de semaines à l’ exception des jours fériés dédiés à la lecture des œuvres : six semaines pour le De animalibus, trois mois pour les Meteora et le De celo et mundo, quatre mois pour l’ Ethique. Le silence est donc de mise concernant le Liber de causis mais également concernant la Métaphysique16.

Les statuts mettent donc en exergue un enseignement oxonien tourné vers la philosophie naturelle et la philosophie morale représentée par l’ Ethique. Qu’ en est-il des mentions De forma que l’ on peut noter dans les manuscrits ? Sont-elles plus parlantes concernant le Liber de causis ou les Éléments de théologie de Proclus ? Deux manuscrits de Merton College du premier quart du XIVe siècle présentent des mentions De forma en marge. Celles-ci complètent les statuts officiels et nous offrent un témoignage précoce de l’ enseignement qui avait lieu à Oxford, et probablement dans l’ enceinte de Merton College dans les années 1340. Le premier manuscrit, Merton College ms. 261, énumère les livres nécessaires à l’ inceptio : Nota quod hec est forma inceptorum in artibus. Dans les lectures philosophiques exigées apparaissent donc : les trois premiers livres des Météores, les quatre livres du De celo et mundo, les dix livres de l’ Ethique, les douze livres du De animalibus et les dix livres de la Métaphysique. Une autre mention précise qu’ un étudiant dont on ne possède que les initiales I.T. a entendu de son maître N.K. le livre De sompno et vigilia ainsi que le livre De memoria et reminiscentia ainsi que le De sensu et sensato et le De motu animalium17. Si la Métaphysique et des livres issus des Parva naturalia, cités dans les mentions De forma, viennent enrichir les prescriptions statutaires, le Liber de causis n’ en fait toujours pas partie. L’ énumération du deuxième manuscrit, Merton College ms. 281, ne présente pas non plus de référence au Liber. Elle aussi propose une liste des livres à avoir lu pour l’ inceptio et reprend en substance la même liste que le volume Merton College ms. 261 : De celo et mundo, Meteora, Metaphysica, Ethica et probablement deux livres du De animalibus18.

Les statuts de Cambridge sont tout aussi silencieux, bien que plus tardifs. L’ université de Cambridge, née de la dispersion des étudiants oxoniens en 1209, ne s’ est pas émancipée de son modèle jusqu’ au XVIe siècle. L’ accent mis sur la logique, les sciences mathématiques et la philosophie naturelle semble assez similaire à Cambridge. Il faut souligner que dès le XIVe siècle nombreux sont les étudiants ou maîtres de Cambridge à être passés par Oxford. Les statuts cantabrigiens de la fin du XIVe siècle offrent un programme des lectures ordinaires et précisent que la première année en arts est dédiée à la Logica vetus, la deuxième année à la Logica nova. La troisième année est réservée aux Libri naturales, à savoir la Physique durant les deux trimestres, et durant l’ été un des traités, au choix, issus des Parva naturalia : De generatione, De anima, De celo et mundo, Meteora, Ethica. Enfin, la quatrième année est dédiée à la lecture de la Physique ou de la Métaphysique durant deux trimestres, et à nouveau l’ été est réservé aux Parva naturalia19.

Les statuts de ces deux universités anglaises contrastent fortement avec les statuts de l’ Université de Paris qui ne sont pour autant pas des plus prolixes. Néanmoins, après les condamnations de 1210, 1215 et 1231, même si la levée des interdictions n’ intervint pas, les statuts du 19 mars 1255 de la Faculté des arts mentionnent le Liber de causis parmi les lectures obligatoires, au même titre que la Métaphysique, la Physique et les Parva naturalia20. Ces statuts nous offrent également la première mention officielle du Liber. De même, la condamnation de 1277, dont plusieurs propositions du De causis tombaient sous le coup, ne mit pas un frein à sa diffusion puisque la liste du stationnaire André de Sens en 1304 cite les commentaires de Thomas d’ Aquin et Gilles de Rome au Liber de causis dans ses exemplaria21.

Le silence des statuts d’ Oxford du début du XIVe siècle concernant le Liber de causis est-il à mettre sur le compte des condamnations de 1277 de Robert Kilwardby largement réitérées par Jean Peckham en 1284 et 1286 ? Il ne semble pas que ces condamnations aient eu une réelle incidence sur la réception de l’ œuvre. En effet, celles-ci visent en grande partie la thèse thomiste de l’ unité de la forme substantielle22. Les propositions condamnées ont également pour but de réconcilier la philosophie aristotélicienne et la théologie augustinienne. Les propositions du Liber de causis ne sont donc pas clairement visées. Le silence statutaire d’ Oxford et Cambridge est peut-être dû au caractère extraordinaire des lectiones du Liber de causis. Etait-il considéré comme une « friandise des jours de fêtes », selon la formule de Guy Beaujouan23 ?

Quoi qu’ il en soit nous ne pouvons pas nous fier entièrement aux statuts car ils n’ offrent qu’ un instantané d’ une période et ne concernent bien souvent qu’ un type d’ examen (determinatio ou inceptio) et une forme de lectio (cursorie ou ordinarie). Etudier la réception du Liber de causis et de l’ Elementatio theologica dans les universités anglaises par ces maîtres séculiers implique de chercher leur place au sein de l’ important corpus qu’ offrent les bibliothèques collégiales, moins avares de témoins que les statuts universitaires.

2 Le Liber de causis et l’ Elementatio theologica à Merton College (Oxford)

Le collège de Merton fut fondé en 1264 par Walter de Merton, chancelier d’ Henri III puis évêque de Rochester, alors que l’ université d’ Oxford tendait à achever un long processus d’ institutionnalisation marqué par des conflits et qu’Henry III, roi d’ Angleterre, était confronté à la seconde guerre des barons menée, entre autres, par Simon de Montfort. Il s’ agit du premier collège séculier d’ Oxford. Il accueillait une vingtaine d’ étudiants provenant en majorité du diocèse de Winchester, l’ évêque ayant été l’ un des premiers protecteurs de la fondation. Il était alors également composé d’ une douzaine de neveux du fondateur24. Les étudiants qui souhaitaient devenir sociétaire du collège devaient être proches de la déterminance ou avoir déjà déterminé. Parmi les sociétaires se trouvaient donc des artiens et des maîtres ès arts poursuivant leurs études, majoritairement, en faculté de théologie. Dès 1274, année d’ installation définitive du collège à Oxford, l’ institution se dota d’ un certain nombre de livres, la majorité ayant été acquise par dons ou par legs25. Les recommandations des archevêques de Canterbury, Robert Kilwardby puis Jean Peckham, respectivement en 1276 et 1284, profitèrent à l’ accroissement de la collection du collège. Robert Kilwardby recommandait ainsi, fidèle au modèle dominicain, qu’ un sociétaire qui possédait des livres devait les laisser ad usum communem lors de son départ du collège26.

Les livres étaient conservés dans des coffres dont la classification était thématique : livres de théologie, livres de philosophie et livres de grammaire. Ces volumes étaient destinés aux distributions annuelles parmi les sociétaires27. Une bibliothèque commune des livres enchaînés devait exister dès 1338 puisque certains sociétaires artiens lors d’ une réunion, nommée scrutinium, se plaignaient que l’ accès ne soit autorisé qu’ aux maîtres ès arts28.

Le fonctionnement de cette bibliothèque collégiale repose en grande partie sur le système d’ electio, autrement dit, la distribution de livres. Ce rituel académique était dirigé par le recteur (electio des livres théologiques) et le vice-recteur (electio des livres philosophiques).

Les manuels requis en arts ou en théologie étaient distribués aux étudiants de différents niveaux. Cette pratique souffrait d’ une certaine irrégularité, elle n’ était pas forcément annuelle comme le montrent les scrutinia de 1338 et 133929. L’ electio de Merton College était semble-t-il soumise à la volonté des sociétaires d’ en initier une. L’ importance des sortes, ou lots de livres, varie pour les electiones philosophiques de 1372 et 1375 entre cinq et seize livres par sociétaires. Ce nombre s’ accroît sensiblement, lors de l’ electio des livres de philosophie de 1408–1409, durant laquelle chaque sociétaire reçoit un peu plus d’ une douzaine de volumes. Au vu du nombre de livres distribués il n’ était probablement pas nécessaire d’ instituer une distribution strictement annuelle. L’ electio des livres théologiques était dirigée par le recteur dans sa maison tandis que l’ electio des livres philosophiques se déroulait dans la salle commune (aula) et était supervisée par le vice-recteur30. La distribution des livres, bien que très étroitement liée aux statuts de l’ université, n’ était pas un système fermé. En plus de leur lot (sors), les sociétaires pouvaient réclamer d’ autres volumes.

Les sources médiévales de Merton College liées aux livres sont pratiquement toutes liées aux pratiques de l’ electio et de l’ indentura (un acte d’ emprunt liant le recteur du collège à un emprunteur), exception faite des actes de donations et des testaments d’ anciens sociétaires dont le plus symbolique provient de William Reed31. Toutefois, un catalogue fragmentaire des livres philosophiques existe pour les années 1318–1338. Il décrit des livres de philosophie, de grammaire et de mathématiques. Des dons ont également été reportés. La précision du catalogage (prisée du manuscrit, titre du livre, ex-dono ou ex-legato, et mots-repères) permet de suivre un manuscrit sur plusieurs electiones. Ce n’ est qu’ au XVIe siècle que les manuscrits distribués sont uniquement catalogués selon leurs mots-repères sans plus de précisions32.

L’ inventaire de 1318–1338 nous offre ainsi six occurrences du De causis et de l’ Elementatio theologica de Proclus33.

Les deux premières mentions semblent désigner le même manuscrit : le contenu, la prisée et les mots-repères sont similaires. Il s’ agit donc probablement d’ une erreur du bibliothécaire. Toute chose est-il que ce manuscrit fut légué par un ancien socius John Martin, sociétaire de 1295–1299, qui lègue quatre autres volumes de philosophie dont la Physique et les Parva naturalia. D’ après la description du bibliothécaire, le manuscrit présente le De causis accompagné d’ un commentaire, le pseudépigraphe est ici précédé de l’ Ethique. Toutefois, aucune précision n’ est apportée quant à l’ auteur de ce commentaire34.

Plus intéressant est probablement le legs de William Burnell, doyen du chapitre de Wells et neveu de Robert Burnell († 1292), chancelier du royaume sous Edouard Ier et ami de Walter de Merton. Il lègue en 1304 un manuscrit cité comme Commentum metaphysice pouvant peut-être correspondre au commentaire d’ Averroès dans la traduction de Michel Scot. Ce commentaire est suivi de cette acception : cum proposicionibus Procli commentatis, qui semble correspondre aux Éléments de théologie de Proclus. Au sein de ce legs, un autre manuscrit doit attirer notre attention : il comprenait un commentaire au De celo et mundo, suivi du Liber de causis commenté, sans plus d’ informations, et un commentaire au De anima35.

Pour finir, Etienne Gravesend, évêque de Londres de 1318 à 1338, lègue une partie de sa bibliothèque à Merton College. Parmi cette collection on compte deux manuscrits contenant le Liber de causis dont un associe cet opuscule commenté aux « propositions » de Proclus qui semblent bien correspondre à l’ Elementatio theologica. Ce manuscrit présentait également la Métaphysique, et le De vegetalibus et plantis alors attribué à Aristote. Un deuxième manuscrit issu de ce même legs, nous offre la dernière occurrence du Liber dans l’ inventaire des livres philosophiques : il comprenait le commentaire d’ Avicenne à la Métaphysique, un commentaire au Liber de causis, suivi du De ortu scientiarum et du De intellectu d’ Al-Fārābī. L’ association du commentaire du Liber à deux œuvres d’ Al-Fārābī n’ est peut-être pas anodine puisque durant le Moyen Âge les propositions du Liber sont attribuées à Aristote et le commentaire à Al-Fārābī36.

Ces trois legs intervenus à l’ extrême fin du XIIIe siècle et durant la première moitié du XIVe siècle font entrer le Liber de causis mais également l’ Elementatio theologica de Proclus dans la bibliothèque du collège. Il semble important de noter que la mention commentum peut tant se référer à un commentaire du De causis qu’ au textus lui-même. Par ailleurs, l’ attribution à Al-Fārābī semble toujours avoir cours comme le laisse entendre l’ association du corpus farabien aux côtés du De causis au sein du codex légué par Etienne Gravesend. Sur ces cinq manuscrits trois contiennent la Métaphysique, la plupart du temps commentée, et quatre présentent au moins un traité appartenant aux Parva naturalia. Par ailleurs, il est à noter que deux de ces legs inauguraux proviennent d’ ecclésiastiques de haut rang, à savoir William Burnell et Etienne Gravesend.

Ces cinq manuscrits furent distribués quelques années après la rédaction de l’ inventaire de 1318–1335, lors de l’ electio du 20 novembre 1372. Celle-ci fait état de la distribution de cent quarante-et-un volumes parmi vingt-trois sociétaires au début de l’ année universitaire. Les sociétaires cités dans cette liste sont des socii venant d’ être élus membres du collège après leur année de probation37. À chacun des vingt-trois sociétaires est assigné un sors variant de cinq à huit volumes comprenant des textes aristotéliciens pour la plupart, ainsi que des commentaires à ces textes, le plus souvent ceux d’ Averroès ou de Thomas d’ Aquin38. Quatre sociétaires reçurent un manuscrit contenant le Liber. Seuls les mots-repères du second et de l’ antépénultième folios permettent de lier ces volumes à ceux cités précédemment. En effet, la liste offre des mentions succinctes en se contentant de citer le titre des premières œuvres du manuscrit, et non la totalité de son contenu. Si la physionomie de chaque sors est similaire – les sociétaires recevant un texte aristotélicien (la Physique, la Métaphysique ou l’ Ethique), les parva naturalia, des commentaires aux ouvrages d’ Aristote, et un livre relatif au trivium et/ou au quadrivium –, le choix spécifique des traités semble avoir été laissé le plus souvent à la discrétion du socius39.

La première mention du De causis lors de l’ electio de 1372 se situe au sein du sors d’ Henri Stapelton, entré au collège en 1371, celui-ci demeura sociétaire jusqu’ en 1385. Il occupa la fonction de surveillant du collège. Huit volumes lui sont distribués dont le manuscrit légué par John Martin comprenant l’ Ethique et le De causis. Il emprunte un volume intitulé Textus naturalium pouvant s’ apparenter à une compilation des Parva naturalia, un volume contenant la Logica vetus, un commentaire de l’ Ethique, et deux volumes comprenant deux commentaires à la Métaphysique. L’ un de ces manuscrits a subsisté et contient le commentaire de Thomas d’ Aquin à la Métaphysique, suivi du De aspectibus d’ Alhazen40. Les matières de la Faculté des arts sont ainsi toutes représentées dans ce sors : logique, Libri naturales, métaphysique, philosophie morale et quadrivium41.

Le deuxième emprunteur est William Reynham, sociétaire de 1368 à 1382. Parmi les livres qu’ il emprunte se trouve l’ exemplaire légué par Etienne Gravesend contenant le Liber de causis et l’ Elementatio theologica. Parmi les sept exemplaires qui lui sont attribués on note : le texte de la Métaphysique, le De generatione et corruptione, la Logica vetus, le De anima commenté, le De celo et mundo commenté, le commentaire de Thomas Sutton aux Predicamenta42 et le De institutione arithmetica de Boèce. A nouveau le schème est le même, les disciplines enseignées à la Faculté des arts sont représentées, avec des textes ou des commentaires différents mais chaque traité se rapporte à des disciplines précises43.

Robert Hodersale, sociétaire du collège de 1371 à 1375, reçoit à son tour sept livres dont le manuscrit légué par William Burnell contenant le commentaire à la Métaphysique ainsi que les Éléments de Proclus. Parmi les livres distribués, il reçoit le corpus de la Logica vetus, un recueil des Parva naturalia, un commentaire à la Physique, un autre commentaire à la Métaphysique, un commentaire au De anima, ainsi que le Timée44.

Pour finir, Maître Stone, sociétaire de 1371 à 1377, reçoit cinq volumes dont le livre in membrana vitulina légué par William Burnell contenant le commentaire au De celo et mundo, le Liber de causis et le commentaire au De anima. En outre, un volume des Parva naturalia, la Logica vetus, des questions portant sur la Métaphysique et les Noces de philologie et Mercure de Martianus Capella lui furent attribués45.

L’ electio de 1372 demeure donc fidèle à l’ enseignement artien d’ Oxford. Si les textes varient, l’ idée reste la même : distribuer aux socii le lot de livres qui leur sera utile durant la fin de leur curriculum à la Faculté des arts. L’ ordre est assez systématique sur ce point : le corpus de la Logica vetus, les Parva naturalia, la Métaphysique (le texte d’ Aristote dans sa version originale et/ou un commentaire) ainsi qu’ un livre relatif au quadrivium. On notera que Robert Horsedale et Stone reçoivent le Timée et le De nuptiis Philologiae et Mercurii, tandis que Henri Stapelton et William de Reynham obtiennent le De aspectibus d’ Alhazen et l’ arithmétique de Boèce, en guise de manunels liés aux disciplines quadriviales.

Quel est le statut du Liber de causis et de l’ Elementatio theologica de Proclus dans cette liste ? Ces deux textes entraient-ils dans le cadre de l’ enseignement artien ou suscitaient-ils un intérêt particulier de la part de ces quatre sociétaires ? Il semble difficile d’ affirmer quoi que ce soit : les volumes contenant l’ une ou l’ autre de ces œuvres comprennent d’ autres traités qui pouvaient intéresser l’ étudiant en arts. Seul William de Reynham, le sociétaire le plus âgé, reçoit un manuscrit contenant le De causis accompagné des Éléments de Proclus. Ce volume contenait également la Métaphysique et le De plantis, mais le sociétaire reçut en plus de ce livre, un autre codex présentant également le texte de la Métaphysique. Il semble donc que le manuscrit contenant le De causis associé à l’ Elementatio theologica l’ ait intéressé pour les autres textes qu’ il contenait. Par ailleurs, il semble bien que le vœu du fondateur du collège Walter de Merton ait été respecté car les sortes de ces quatre sociétaires correspondent à un curriculum artien déjà avancé car chacun d’ eux reçoit la Métaphysique ou l’ un de ses commentaires. Si l’ on se fie aux mentions De forma des deux manuscrits de Merton College en les croisant avec les statuts contemporains, la lecture de la Métaphysique était destinée à des étudiants proches de l’ inceptio46. Du moins, le sors de William de Reynham ressemble en tout point à la mention Pro forma inceptorum du manuscrit Merton College ms. 261, exception faite du De causis et de l’ opuscule de Proclus.

Lors de l’ electio suivante de 1375, les mêmes codices contenant le Livre des causes et les Éléments sont remis en jeu. Des sociétaires différents, mais aux profils et aux sortes similaires à ceux qui ont été mentionnés en 1372, reçoivent ces livres en plus du lot artien habituel comprenant des volumes ayant trait à la logique, la philosophie naturelle et morale, la Métaphysique et le quadrivium. Les ouvrages contenant le Liber de causis et l’ Elementatio theologica furent distribués jusqu’ au XVe siècle47. Il faut noter que seuls deux nouveaux volumes du De causis apparaissent dans l’ electio de 1408–1409, nommés tous deux Auctor de Causis, sans plus d’ indications. D’ autres manuscrits du De causis vinrent enrichir les collections du collège. En premier lieu William Reed († 1385), ancien sociétaire de Merton, évêque de Chichester offrit cent volumes de son vivant à l’ institution (1374). Un seul de ces manuscrits contenait le Liber de causis avec le commentaire d’ Albert le Grand précédé du commentaire de celui-ci à l’ Ethique48. Selon les recommandations de William Reed, il fut enchaîné avec ses autres volumes dans la bibliothèque commune de Merton, toutefois ce codex ne paraît pas avoir subsisté49. Il en est de même pour le volume légué par John Reynham, sociétaire du collège en 1331, contenant plusieurs questions sur des traités d’ Aristote et le Liber de causis50. On ne sait à quelle époque il fut enchaîné, mais l’ inventaire des livres et biens mobiliers de 1556 destinés aux commissaires de la reine Marie I, dirigés par l’ archevêque de Cantorbéry, Reginald Pole († 1558), en fait mention51. Cette même liste se réfère à un autre codex (Merton ms. 285) contenant le De causis commenté par Albert le Grand (f. 154r–162v) ainsi que le textus du pseudépigraphe (f. 273r–275r)52. Cet important recueil de commentaires albertiens fut commandité puis légué par John Wyliot († 1383) socius du collège dès 1338 jusqu’ en 134753. Il semble que le manuscrit fut directement enchaîné dans la bibliothèque commune, car il n’ en est fait mention. L’ enchaînement de ces œuvres témoignait de leur usage dans le collège et garantissait leur libre consultation.

3 Le Liber de causis et l’ Elementatio theologica à Peterhouse (Cambridge)

Peterhouse est le plus ancien collège de Cambridge, il fut fondé en 1284 par l’ évêque d’ Ely, Hugh Balsham († 1286)54. Les sources relatives à la bibliothèque de Peterhouse sont plus tardives, mais à plusieurs égards, plus éclairantes que celles de Merton College. En effet, à Merton, seule la bibliothèque dite en circulation ou dédiée à l’ electio est véritablement renseignée ; aucun catalogue de la bibliothèque des livres enchaînés ne paraît avoir subsisté. En revanche, le catalogue de 1418 de la bibliothèque de Peterhouse nous donne les livres enchaînés et les livres distribués aux sociétaires55. En effet, l’ organisation collégiale de Peterhouse a pour modèle son collège jumeau d’ Oxford, Merton College, et il en est de même quant aux pratiques bibliothéconomiques. Des electiones étaient ainsi organisées comme à Oxford, elles avaient lieu chaque année au début du trimestre et concernaient les livres théologiques et philosophiques. Les sociétaires de Peterhouse, quant à eux, devaient être maîtres ès arts et suivre des études de théologie, ou du moins, être proche de la déterminance en arts.

Le catalogue de 1418 est classé par disciplines. Ainsi, les mentions se rapportant aux volumes enchaînés qui contiennent le Liber de causis et l’ Elementatio theologica sont regroupées sous deux rubriques : les Libri naturales et les Libri metaphysice. Tandis qu’ au sein de la bibliothèque en circulation, l’ unique occurrence du Liber de causis se situe sous la rubrique : Libri philosophie metaphysice et moralis divisi inter socios.

La bibliothèque enchaînée offre ainsi quatre mentions de volumes comportant le De causis ou les Éléments de Proclus : deux de ces manuscrits sont classés sous la rubrique des Libri naturales, tandis que les deux autres sont classés sous la rubrique des livres de Métaphysique. Ce classement est surtout déterminé par les autres œuvres présentes dans les manuscrits.

Ainsi, dans la rubrique dédiée aux livres enchaînés relatifs à la philosophie naturelle est mentionné un manuscrit comportant divers traités ayant majoritairement trait aux Libri naturales et au quadrivium. Celui-ci comprend deux mentions intéressantes : la première est Auctor De causis cum commento et la deuxième liber Procli continens .lxxii. proposiciones cum commento56. La première occurrence se rapporte au texte du Liber de causis, tout comme les Éléments de Proclus qui se présentent sous forme de propositions et preuves. Ce codex ne paraît pas avoir subsisté. Au sein de cette même rubrique, un autre manuscrit mentionne non pas le De causis mais les Éléments de théologie, explicitement cité et situé à la fin d’ un recueil des Parva naturalia57. Notons que le De causis est parfois associé aux Parva naturalia dans la tradition manuscrite. Dans le cas de ce codex, il s’ agit cette fois de l’ Elementatio que le compilateur a liée aux petits traités de philosophie naturelle. Ce manuscrit subsiste aujourd’ hui dans les collections de Peterhouse (Peterhouse ms. 121), et date de l’ extrême fin du XIIIe siècle. Il présente trois mentions de cautiones, de mise en gage datant de 1386 et 1406. Celles-ci paraissent attester que le manuscrit ne fut pas enchaîné avant 1409, et fut emprunté à trois reprises. On ne peut pas non plus exclure que le volume ait également pu être désenchaîné à l’ occasion de ces prêts. Quoi qu’ il en soit, les cautiones et son enchaînement en 1409 attestent de l’ importance de ce codex et l’ intérêt particulier qu’ il suscita.

La rubrique des Libri metaphysice présente quant à elle deux manuscrits contenant pour l’ un (Peterhouse ms. 152), un commentaire inédit au Liber de causis et des questiones anonymes inédites portant sur cette même œuvre, mais aussi des questions sur la Métaphysique de Pierre d’ Auvergne et de Siger Brabant58, et pour l’ autre (Peterhouse ms. 143) un recueil composé de plusieurs commentaires de Thomas d’ Aquin à des œuvres aristotéliciennes, dont son commentaire au Liber de causis59. Au vu de leur contenu (questiones et commentaires) et de l’ écriture, les deux parties composant le manuscrit Peterhouse ms. 152 furent copiées dans un contexte universitaire anglo-saxon, peut-être même à Cambridge. Toutefois, aucun indice ne permet de les rattacher à un possesseur antérieur à Peterhouse. La mention la plus ancienne de ce codex se trouve dans le catalogue des livres de Peterhouse, élaboré le 24 décembre 1418, les deux unités codicologiques étaient déjà associées à cette époque si l’ on se reporte à la description offerte par l’ inventaire. La date d’ entrée du manuscrit dans la collection du collège demeure par ailleurs inconnue.

Le commentaire au De causis (f. 225r–249v ; 250rv) et les Questiones anonymes sur cette même œuvre (f. 286r–289r, 289v–290v) font partie de la première unité codicologique, et ont été corrigés par le scribe. Un annotateur de la fin du XIVe siècle a consciencieusement reporté l’ intitulé de chaque questio portant sur le De causis en marge inférieure (f. 286r–289r ; 289v–290v). Ces interventions ne sont lisibles que dans cette partie, et atteste de l’ intérêt que portait le glosateur à ces questions. En l’ absence de plus d’ indices, il est difficile d’ affirmer si cet annotateur était un maître ou un étudiant ès arts. Cependant, tant le format de la questio que le contenu laissent supposer que le De causis fut considéré comme le sujet d’ un exercice universitaire au XIVe siècle. Du moins, fut-il envisagé comme tel par l’ auteur et le glosateur, tous deux anonymes, des questiones présentes dans le codex Peterhouse ms. 152.

Le manuscrit Peterhouse ms. 143 est composé de deux unités codicologiques d’ origine française, reliées assez tôt entre elles. Le commentaire de Thomas d’ Aquin au De causis (f. 63v–78v) clôt la première partie composée dans le cadre universitaire parisien, entièrement dédiée aux commentaires aristotéliciens de l’ Aquinate. Les abondantes gloses écrites par des mains anglaises du XIVe siècle, en particulier en regard du commentaire au De anima de Thomas, démontrent que cette partie traversa la Manche peu de temps après sa confection. Diverses mentions de cautiones (f. 121r–122v), en grande partie effacées, permettent de situer le manuscrit à Cambridge à l’ extrême fin du XIVe siècle. La première cautio est reportée au f. 120v, et mentionne un coffre (appartenant peut-être à Peterhouse) et le nom de John Bryan, peut-être identifiable à un étudiant de Cambridge, qui obtint sa licence en 1390 et devint maître régent ès arts en 139960. Les autres cautiones se rapportent à un socius de Peterhouse, William More (sociétaire dans les années 1420 jusqu’ en 1435), et à un certain magister Willelmus Aiscagh, assimilable à William Ayscough († 1450), futur évêque de Salisbury (1438), maître ès arts en 1423 et docteur en théologie en 1432. Cette mention de prêt sur gage est l’ unique témoin des relations entre William Ayscough et Peterhouse, sans que l’ on sache pour autant s’ il fut sociétaire du collège, ou un simple emprunteur61. William emprunta cette œuvre en 1420, il n’ avait alors pas encore reçu la maîtrise ès arts. Ce manuscrit suscita donc l’ attention de plusieurs étudiants de Cambridge, il faut dire que son contenu est représentatif de l’ enseignement parisien de la fin du XIIIe siècle et de la première moitié du XIVe siècle, associant entre autres les commentaires de Thomas d’ Aquin, Pierre d’ Auvergne et Gilles de Rome.

Revenons au catalogue de 1418 de Peterhouse. Les commentaires et questiones du Liber de causis sont le plus souvent décrits par les bibliothécaires – à l’ exception du dernier recueil des Libri metaphysique décrivant sommairement le manuscrit, sans mentionner le commentaire de Thomas au pseudépigraphe tout comme les autres œuvres contenues dans le manuscrit62.

La Libraria communis du collège regroupe donc plus de volumes contenant le De causis ou les Éléments que la bibliothèque en circulation. Le Liber de causis est présent dans la bibliothèque des livres enchaînés sous la forme de commentaires (tels que celui de Thomas d’ Aquin et de l’ anonyme de Peterhouse ms. 152) ou de questiones anonymes, Peterhouse ms. 152, renforçant ainsi l’ idée d’ un enseignement de cette œuvre dans le cadre cantabrigien. Si les statuts de Cambridge ne mentionnent pas le De causis ou les Éléments dans les lectures requises, l’ existence de plusieurs manuscrits comportant des questiones ou commentaires sur ces œuvres attestent de leur lecture, lors de leçons extraordinaires ou parallèle à l’ enseignement universitaire. Par ailleurs, la localisation des quatre volumes de Peterhouse doit également être prise en compte. Ceux-ci étaient en effet enchaînés dans la bibliothèque commune afin que le plus grand nombre de sociétaires puissent venir les consulter. Le propre d’ une bibliothèque commune est la représentativité des œuvres d’ une institution, elle constitue le plus souvent un reflet des textes prescrits et lus dans l’ université. En définitive, l’ enchaînement de ces volumes paraît donc significatif de leur importance au sein du curriculum universitaire.

L’ unique mention du Liber de causis parmi les livres distribués aux sociétaires contraste avec les quatre mentions de la bibliothèque des livres enchaînés. Celle-ci décrit un volume n’ ayant pas subsisté, qui contenait des questiones anonymes sur les Libri naturales et le Liber63. L’ association faite à des questiones liées à la philosophie naturelle tend à laisser penser que le De causis faisait partie d’ un corpus scolaire, mais cette unique mention dans la bibliothèque en circulation peut également désigner une lecture qui n’ était pas obligatoire. Les cinq exemplaires du corpus naturaliste aristotélicien présents dans la libraria dédiée à l’ electio et qui ne comprennent pas le Liber de causis prouvent que cet opuscule était loin d’ être systématiquement associés aux Parva naturalia. Il en est de même concernant les manuscrits de la Métaphysique qui ne présentent pas de mention du Liber de causis ou des Éléments de théologie.

Pour conclure, à la différence de l’ université de Paris, l’ Elementatio theologica de Proclus fut certainement plus diffusée dans le milieu scolaire anglais64. Le De causis profita également d’ une diffusion non négligeable tant à Merton College qu’ à Peterhouse, que cela soit au sein de recueils de philosophie naturelle ou de compendia regroupant des commentaires de maîtres parisiens sur des traités aristotéliciens. L’ association du traité de Proclus au Liber de causis dans les diverses occurrences mentionnées prouvent bien que la démonstration de Thomas d’ Aquin avait fait son chemin outre-Manche. Pourtant, l’ absence de commentaires et questions portant sur le De causis ou les Éléments composés en Angleterre contrastent fortement avec la production de tels traités par les maîtres parisiens de la fin du XIIIe siècle65. Les sources relatives aux bibliothèques collégiales permettent d’ offrir une autre image de la réception de ces deux œuvres dans le milieu universitaire anglais, bien que l’ on ne puisse affirmer que le Liber de causis ait bénéficié de lectio ordinaire ou cursive dans les universités d’ Oxford et Cambridge. Toutefois, le nombre substantiel de manuscrits distribués ou présents dans les bibliothèques de Merton College et Peterhouse paraît attester d’ une lecture du De causis et des Éléments, loin de ce que laisse supposer le silence des statuts. Par ailleurs, la proportion des emprunteurs laisse penser qu’ il s’ agissait certainement d’ un enseignement qui n’ était pas officiellement prescrit. Les electiones de Merton démontrent bien que les statuts offraient une certaine liberté de lectures. Si des livres de philosophie étaient prescrits rien n’ empêchait de substituer un traité à un autre tant que la discipline demeurait la même. Par ailleurs, il est important de souligner que les lecteurs du Liber de causis et des Éléments de Proclus paraissent être des artiens déjà avancés dans le curriculum, proches de l’ inceptio ou de la determinatio, ou parfois même des théologiens. Quelles aient été privées ou publiques, les lectures de ces deux œuvres supposaient donc certaines compétences et un avancement dans le cursus universitaire que ne pouvaient avoir de jeunes artiens s’ initiant dans leurs premières années à la philosophie aristotélicienne. Quant à savoir si le De causis et l’ Elementatio étaient compris dans la philosophie naturelle ou la métaphysique, les diverses mentions que l’ on a pu noter laissent penser qu’ il s’ agissait d’ un entre-deux, tantôt associés à la métaphysique tantôt associés aux Libri naturales.

Pour finir, il faut souligner que John Leland, antiquaire, qui sur ordre du roi parcourut en 1535 les établissements religieux et les collèges afin de dresser une liste des auteurs anglais et des auteurs illustres, n’ hésita pas lors de son séjour à Peterhouse à mentionner le manuscrit Peterhouse ms. 121, contenant les Éléments, preuve de son importance66.

Annexe 1 : Le Liber de causis et l’ Elementatio theologica à Merton College

Les mentions citées ci-dessous sont issues de Thomson 2015. Les lettres et chiffres précédant l’ inventaire de 1318–1335, les listes d’ electiones ainsi que leurs entrées correspondent à ceux de l’ édition.

UO46. Catalogue des livres philosophiques 1318–1335

[UO46, p. 777]

10. prec. iiii s. Textus libri Ethicorum de dono M. Iohannis Martyn in uno volumine. In 2° fo. dinem inquirere.

13. prec. iiii s. Textus Ethicorum per se cum Libro de causis in commento et incipit in 2° fo. [dinem inquirere] singula talibus.

[UO46, p. 781]

34. prec. xvi s. Commentum Methaphisice ex legato M. Willelmi Burnel cum Proposicionibus Procli commentatis in 2° fo. cum dixit.

[UO46, p. 782]

37. prec. xvi s. Commentum Celi et Mundi in membrana vitulina in nudis asseribus in 2° fo. et dicimus et continet Commentum de causis et partem commenti De anima.

[UO46, p. 790]

[Les numéros 77 et 78 ont été légués par Etienne Gravesend].

77. Item textus metaphisice, Commentum de causis et textus De plantis in uno volumine cum Proposicionibus Procli, incipit secundum folium quid et causam.

78. Item Methaphysica Auicenne, Commentum de causis, Alfarabium De divisione scienciarum et idem De intellectu cum aliis libris parvis, incipit secundum folium […].

UO48. Electio du 20 novembre 1372

UO50. Electio du 8 décembre 1375

[UO48, p. 839]

[Emprunteur : Henry Stapelton]

18. Item textus Ethicorum 2° fo. dinem inquirere. [= UO46, 10–13]

[UO50, p. 883]

[Emprunteur : Organ]

76. Item textum Methaphisice 2° fo. quid et causam.

77. Item textum Ethicorum 2° fo. dinem inquirere. [= UO46, 10–13 et UO48, 18].

[UO 48, p. 846]

[Emprunteur : William Reynham]

74. Textus Metaphisice 2° fo. quid et causam.

[UO50, p. 884]

[Emprunteur : John Banbury]

89. Item commentum Methaphisice 2° fo. cum dixit. [= UO46, 34 et UO48, 91].

[UO48, p. 848]

[Emprunteur : Robert Hodersale]

91. Item commentum Metaphisice 2° fo. cum dixit. [= UO46, 34]

[UO50, p. 886]

[Emprunteur : John Risborough]

104. Item commentum De ce[lo] et mundo 2° fo. et dicimus. [= UO 46, 37 et UO48, 131].

[UO 48, p. 853]

[Emprunteur : Master Stone]

131. Item commentum Celi et Mundi 2° fo. et dicimus. [= UO 46, 37].

Concordance entre les différentes electiones de Merton College

Numéros dans l’ inventaire de 1318–1335

Electio

Electio

Electio

Electio

de 1372

de 1375

de 1408–1409

de 1452

(UO48)

(UO50)

(UO51)

(UO54)

N° 10–13

Liber de causis

×

×

×

N° 34

Elementatio theologica

×

×

N°37

Libert de causis

×

×

×

N°77

Liber de causis + Elementatio theologica

×

×

N°78

Liber de causis

Donation de William Reed

Indentura du 22 octobre 1374

[Thomson 2015, UO49]

Preterea de phisicis naturalibus

12. Item Albertum super libr[um] Ethicorum et De causis 2° fo. accepta.

Annexe 2 : Le Liber de causis et l’ Elementatio theologica de Proclus à Peterhouse

Les mentions citées ci-dessous sont issues de Clarke 2002.

UC48. Catalogue des manuscrits enchaînés et en circulation, 1418

Isti sunt libri naturali philosophie incathenati in libraria […]

[UC48, p. 483–484]

157. Contenta istius/ Isodorus (sic) De naturis rerum/ Idem secundum alium modum De naturis rerum/ Quedam pars Belli troiani versificata/ Tractatus De spera/ Auctor De causis cum commento/ Tebit De revelacione occultorum philosophie cum commento67/ Liber Procli continens lxxii propositiones cum commento/ Quedam extracta De animalibus ab Aristotele, Plinio, Diascoride, Tulio et aliis/ Hermannus philosophus De composicione astrolabii et practica eiusdem/ Incipit in 2° fol. est hostem. in pe. Coniungitur.

[UC48, p. 488–489] = Ms. Peterhouse 121.

170. Contenta Istius/ Aristoteles De animalibus/ De proprietatibus elementorum/ De iuventute et senectute/ De morte et vita/ De spiritu et inspiracione/ De inundacione Nili/ De Mundo Aristotelis/ Epistole Aristotelis ad Alexandrum/ De vita Aristotelis/ De Morte Aristotelis/ De intelligencia Aristotelis/ De coloribus/ De secretis secretorum/ De phisionomia Aristotelis/ Problemata Aristotelis/ Elementatio theologica/ Incipit in 2° fol. habent in penultimo. Autozeos.

[UC48, p. 491] = Peterhouse ms. 152

Libri Metaphisice

182. Questiones/ Super .9. libros secundum Petrum de Alvernia./ Alie questiones quamplures incomplete/ Super libro (sic) De causis/ Theologie/ Incipit in 2° fol. fuit. In pen. Ex albedine.

[UC48, p. 492–493] = Peterhouse ms. 143

187. Sanctus Thomas De anima cum aliis. Incipit in 2° fol. sensu. In pe. Bonam.

[UC48, p. 512]

Libri philosophie Metaphysice et moralis divisi inter socios

273. Item questiones super Libros philosophie naturalis et De causis et incipit in 2° fol. prima pars et pen. Nitas.

Annexe 3

Peterhouse ms. 121

§§Extrême fin du XIIIe siècle. Origine : Angleterre. Recueil copié par cinq copistes (f. 1r–12v) ; (f. 13r–66v) ; (f. 67r–122v) ; (f. 123r–188v) ; (f. 189r–202r). Ecriture : Gothique rotunda.

§§Provenance : Prisée du manuscrit (f. 1r) (XIVe siècle). Mention de cautio datée de 1406 (f. 202r). Trois autres mentions très estompées de cautiones au verso du f. 202, l’ une d’ elle est datée de 1386, et cite le recteur d’ Horseheath, Hamerton (Emden 1963, p. 283).

Peterhouse, Cambridge. Contregarde supérieure de parchemin avec une trace d’ enchaînement en marge inférieure. Cité dans le catalogue de 1418. La notice du catalogue nous apprend qu’ à l’ origine le De inundatione Nili était suivi par le De mundo, Epistola Aristotelis ad Alexandrum, De vita Aristotelis, De pomo, De intelligentiis Aristotelis, De Coloribus, Secretum secretorum, Physiognomia.

§§Parchemin 202 ff. 320 × 225 mm. Texte en deux colonnes. Les propositions de l’ Elementatio theologica sont d’ un plus grand module. Initiales filigranées rouges et bleues. Diagramme circulaire en marge inférieure (f. 131v). Pieds de mouche rouges et bleus. Mention correcturus (f. 12v). Reliure de parchemin moderne.

Titres courants ajoutés par une main légèrement postérieure (premier quart du XIVe siècle), probablement par l’ un des glosateurs.

§§Recueil comprenant : Aristote, Historia animalium, trad. Guillaume de Moerbeke (f. 1ra–66vb) ; Aristote, De partibus animalium, trad. Guillaume de Moerbeke (f. 67ra–91vb) ; Aristote, De generatione animalium, trad. Guillaume de Moerbeke, l’ ordre a été perturbé comme le signale un annotateur, qui en donne la clef de lecture (f. 92ra–100v ; f. 113rb–122vb ; f. 100vb–113rb) ; Aristote, De progessu animalium, trad. Guillaume de Moerbeke (f. 123ra–127ra) ; Aristote, De motu animalium, trad. Guillaume de Moerbeke (f. 127ra–129vb) ; Aristote, De proprietatibus elementorum (f. 129vb–134vb) ; Aristote, De iuventute et senectute, trad. Guillaume de Moerbeke (f. 134vb–136ra) ; Aristote, De morte et vita, translatio nova (f. 136ravb) ; Aristote, De respiratione, translatio nova (f. 137ra–140rb) ; Pseudo-Aristote, De inundatione Nili (f. 140va–b) ; Pseudo-Aristote, Problemata, trad. Barthélémy de Messine (f. 141ra–188v). Les Éléments de théologie sont probablement issus d’ un autre manuscrit d’ origine anglaise, et ont été très tôt reliés à la première partie, comme en témoigne le catalogue de 1418.

§§ Thomson 2016, p. 69–70.

f. 189va–202rb : Proclus, Elementatio theologica, trad. Guillaume de Moerbeke : Omnis multitudo participat aliqualiter uno…-… Procli Dyadochi Lycii Platonici philosophi elementacio theologica explicit capitulis .211. Completa fuit translacio huius operis Viterbii a fratre G. de Morbecca ordinis fratrum predicatorum XV. Kal. Iunii anno Domini M. CC. Sexagesimo octavo.

Peterhouse ms. 143

§§Premier quart du XIVe siècle. Origine : France (Paris pour la première partie). Recueil factice composé de deux manuscrits originellement distincts, certainement reliés en un seul volume au XVe siècle. Ecriture gothique semi-livresque.

§§ Provenance : Peterhouse, Cambrige. Prisée du manuscrit (XIVe siècle) (f. 122v). Plusieurs mentions de cautiones (f. 120v, 121rv), l’ une d’ elle fait mention de William More, un sociétaire de Peterhouse vers 1420 (f. 122v). Selon Rodney Thomson le coffre mentionné dans cette cautio se situait à Peterhouse. Trace d’ enchaînement sur la garde supérieure de parchemin (f. i). La première partie du manuscrit est cité dans le catalogue de 1418 (voir supra).

§§Parchemin 124 ff. 310 × 220 mm. Initiales filigranées rouges et bleues, de type parisien. Titres courants alternance de rouge et de bleu. Pieds de mouche.

§§ 1ère partie (f. 1ra–78) : recueil de commentaires de Thomas d’ Aquin sur le De anima (f. 1r–41v), le De sensu et sensato (f. 42r–58r), le De memoria et reminiscentia (f. 58r–63v), le Liber de causis (f. 63v–78v). Texte en deux colonnes.

2ème partie (f. 79r–122v) : Pierre d’ Auvergne, commentaire au De juventute et senectute (f. 79r–81v), De respiratione (f. 81v–84v), De morte et vita (f. 84v–87r) ; au De longitudine et brevitate vitae (f. 87r–89r) ; Ps.-Thomas d’ Aquin, commentaire au De somno et vigilia (f. 89v–98r)68 ; Pierre d’ Auvergne, commentaire au De motu animalium (98r–103v) ; Guillaume d’ Espagne, commentaire à la Physiognomia (f. 103v–113v) ; Gilles de Rome, commentaire au De bona fortuna (f. 113v–121r) ; fragment du commentaire sur le De differentia spiritus et anime d’ Adam de Bocfeld (f. 121r–122v). Texte en deux colonnes.

§§Thomson Rodney M., 2016, p. 84–86.

f. 63v–78v : Thomas d’ Aquin, Super librum de causis : Sicut Philosophus dicit in X Ethicorum ultima felicitas hominis consistit in otpima hominis operacione…-… sint gracie Deo omnipotenti qui est prima omnium causa. Explicit sententia super librum de causis a fratre Thoma de Aquino.

Peterhouse ms. 152

§§Premier quart du XIVe siècle. Origine : Angleterre. Recueil factice composé de deux manuscrits originellement distincts, reliés en un seul volume avant 1418. Ecriture gothique rotunda peu soignée. Trois copistes : (f. 1–49, 105–116, 129–140) ; (f. 51–103, 225–249) ; (f. 117–127, 149–224, 251–289). Texte en deux colonnes.

§§ Provenance : Peterhouse, Cambrige. Le manuscrit est cité dans le catalogue de 1418 (voir supra). Contregarde de parchemin portant une trace nette d’ enchaînement. Le nom « Wakeworth » a été apposé d’ une main de la fin du XVe siècle au verso du f. 352v, il s’ agit certainement de John Warkworth, recteur de Peterhouse entre 1475 et 1500.

§§Parchemin 352 ff. 220 × 140 mm. Initiales filigranées rouges et bleues. Titres courants alternance de rouge et de bleu. Pieds de mouche rouges et bleus. Les folios 50, 104, 250, 284, 285, 289v–290 sont demeurés blancs. Les titres questions relatives au Liber de causis ont été reportés en marge inférieure par un annotateur de la fin du XIVe siècle.

§§ 1ère partie (1r–289r) : Anonyme, commentaire à la Métaphysique (f. 1r–49v) ; Siger de Brabant, Questiones super metaphysicam (f. 51r–103v) ; Albert le Grand, Super Metaphysicam, livres IV (f. 105r–116v) ; Anonyme, Questiones super Metaphysicam (f. 117r–127r) ; Pierre d’ Auvergne, Questiones super Metaphysicam (f. 129r–224v) ; Anonyme, commentaire au Liber de causis (f. 225r–249v) ; Questiones tirées de la Summa theologiae de Thomas d’ Aquin (f. 251r–283v) ; Anonyme, Questiones super Librum de causis (f. 286r–289r).

2ème partie (f. 291r–352r) : Anonyme, Questiones super Metaphysicam (f. 291r–322v) ; Richard Clive, Questiones super Metaphysicam, livres IIV (f. 323r–352r).

§§Thomson 2016, p. 91.

f. 225r–249v : Anonyme, Commentum super Librum de causis (inédit) : Omnis causa primaria. Ad introductionem eorum que considerantur in isto tractatu primo queritur de quibusdam extrinsecis…-… secundum res theorematis primo utrum.

f. 286r–289r : Anonyme, Questiones super Librum de causis (inédites) : Queritur utrum in causatis contingit ponere substantias separatas a materia…-… et secundum substantiam et secundum esse.

1Sur ce manuscrit, voir Alverny 1965, p. 280–282. Thomson 1982, no. 56. Burnett 1996, p. 28–33 et Burnett 1997, p. 69, 71–72, 82.
2Voir dans ce même volume la contribution d’ Irene Caiazzo.
3Alexandre Neckam acquit probablement cet exemplar en France avant de l’ amener en Angleterre, à son retour, au début des années 1180 ; sur ce point voir aussi Burnett 1996, p. 33, n. 33.
4Le Liber de causis est cité dans le livre II au chapitre De eternitate ; cf. Thomson1988, ii, 35, p. 164.
5Sur la nouvelle organisation de la Faculté des arts qu’ entraîna l’ assimilation du corpus aristotélicien et pseudo-aristotélicien dans le milieu anglais voir French 1997 ; French 2000, p. 75–106.
6Birkenmajer 1970.
7Sur la glose d’ Oxford ou la glossa anglicana qui occupe les marges aménagées à cette effet de certains manuscrits du corpus vetustius, voir Burnett, Mendelsohn 1997, discutant en particulier de la glose relative à la Physique. Plus généralement et pour un aperçu des manuscrits contenant cette glose voir Burnett 1996.
8Nous nous fions à la liste établie par Charles Burnett d’ après l’ Aristoteles Latinus (Burnett 1996, p. 47–50).
9Pour une évolution de l’ hospitium au collège voir Weijers 1983. Plus spécifiquement sur le modèle parisien voir Verger 1992. Quant aux premiers collèges d’ Oxford, voir Highfield 1984. Sur le développement des premiers collèges à Cambridge voir Leader 1989, p. 45–90.
10Sur les bibliothèques collégiales anglaises voir Lovatt 2006.
11Cette étude se fonde sur les deux éditions récentes des sources relatives aux bibliothèques collégiales de Cambridge et Oxford, que nous offre la collection Corpus of British Medieval Library Catalogues dirigée par Richard Sharpe et James Willoughby (voir Clarke 2002 et Thomson 2015). Merton College et Peterhouse ont ainsi été retenus, en dépit d’ autres collèges possédant pourtant de riches sources liées à l’ histoire des bibliothèques, mais dont les descriptions des catalogues ou inventaires médiévaux ne mentionnent pas explicitement le Liber ou l’ Elementatio theologica. C’ est notamment le cas de New College, Oxford offrant un inventaire des livres de sa bibliothèque (c. 1386), classé thématiquement, mais ne présentant pas de mentions des deux opuscules dans sa rubrique des volumes philosophiques.
12Sur les textes didascaliques et plus spécifiquement sur le Guide de l’ étudiant et la Divisio scientiarum d’ Arnoul de Provence, il faudra se reporter aux études fondamentales de Claude Lafleur et Joanne Carrier : Lafleur, Carrier 1988, p. 297–347 et Lafleur 1997, p. 345–372. A propose du corpus de la Métaphysique voir Libera 1997.
13Otto 1955, p. 26 : Plures autem libros metaphysice non habemus translatos, quamuis in Greco, ut dicitur, bene sunt usque ad viginti duos. Quidam etiam solent addere Librum de causis, quamuis potest dici, quod distinguitur a Metaphysica, nam Liber de causis est de substantiis seperatis, secundum quod una habet influentiam super aliam, unde etiam ex hoc nomen accepit. Nomen enim cause nomen influentie est. Sic autem non considerantur substantie separate in Metaphysica, ut patet intuenti.
14Libera 1997, p. 75–76. Sur ce commentaire voir Calma 2018.
15Gibson 1931.
16Plusieurs études offrent une précieuse analyse des statuts de la Faculté des arts d’ Oxford, traitant en particulier des XIIIe et XIVe siècles. Voir Weisheipl 1964 ; Weisheipl 1966 ; Fletcher 1984. Sur les grades universitaires, les exercices et les œuvres aux programmes voir Weijers 1996.
17Merton College, ms. 261, f. 112v : Nota quod hec est forma inceptorum in artibus. In primis iiior libri Metheorum. Item IIIIor de Celo et Mundo. Item quartus Topicorum Boycii a Marchal. Item Algarismus (sic) inicium a Payn. Item Compotus cum Spera. Item Aritmetica cum Gemetria (sic). Item X libri Eticorum. Item XII libri de Animalibus. Item X libri Metaphysice 2 4 5 6 7 8 9 10 11 12 (sic) a Play. Voir également le catalogue des manuscrits de Merton College, Thomson 2009, p. 201.
18Merton College ms. 261, f. 184v : Pro forma inceptarum audientur. Liber celi et mundi. Liber Metheorum. Liber geometrie. Liber Arsmetrice (sic) Boecii. Liber Methafisice. Liber Ethicorum. Liber Polleticorum (sic) et duo de parvis libris Animalibus (sic).
19Hackett 1970, p. 297–299 ; Leader 1989, p. 93.
20Châtelain, Denifle, Samaran 1891, I, n° 246.
21Murano 2005, p. 125.
22Le texte de la condamnation a été édité dans le Chartularium Universitatis Parisiensis : Châtelain, Denifle, Samaran 1891, n° 474. Les différents aspects de la condamnation et sa chronologie sont abordés dans Boureau 1999, p. 7–86.
23Guy Beaujouan employait cette formule pour faire référence à l’ enseignement officiel du quadrivium, dont les statuts de 1215 prescrivaient qu’ il devait être lu in festivis diebus (Beaujouan 1997, p. 193–194). Ce type de prescription pourrait expliquer le silence des statuts concernant le Liber de causis et l’ Elementatio theologica.
24Sur le contexte de fondation de ce collège voir Highfield 1964, p. 5–78 ; Highfield, Martin 1997, ch. 1–3.
25Powicke 1931, p. 1–91. Highfield, Martin 1997, p. 74–92.
26Les recommandations de Robert Kilwardby et Jean Peckham ont été respectivement éditées dans Garrod 1929, et Martin 1885, III, p. 123–124.
27Ces distributions annuelles sont nommées des electiones, sur ce point voir Ker 1985.
28Allen, Garrod 1928, p. 34.
29Lors du scrutinium de 1338, Simon Bredon et d’ autres sociétaires, dont John Dumbleton, réclament une nouvelle distribution de livres : Allen, Garrod 1927, p. 34 : Bredon : quod expediret procedere ad eleccionem. Dumbledon : quod fiat eleccio. Eynho : expediret quod modo fieret eleccio. Assyndon : quod fiat eleccio. Duraunt : videtur sibi quod eleccio est facienda.
30Garrod 1927 ; Lovatt 2006, p. 168–171.
31Sur William Reed voir Thomson 2010.
32Thomson 2015. Le catalogue des livres philosophiques est édité au n°UO46.
33Voir les occurrences relevées dans cet inventaire en annexe.
34Thomson 2015, p. 777.
35Thomson 2015, p. 781.
36Thomson 2015, p. 790–791.
37L’ electio est destinée aux sociétaires du collège (socii). Les candidats au statut de socius de Merton College doivent avoir passé l’ examen de déterminance avec succès. Ils sont ensuite élus une première fois ad annum probationis, et sont admis ad communias après cette année probatoire. Enfin, après une autre année, les sociétaires sont définitivement admis in perpetuos socios, devenant membres à part entière du collège. Voir Fletcher 1993, p. 48.
38Thomson 2015. La liste des livres philosophiques distribués lors de l’ electio du 20 novembre 1372 y est éditée et nommée UO.48.
39Voir notamment pour les electiones de 1372 et 1375 : Ker 1985, p. 352–353.
40Ce manuscrit est toujours conservé à Merton College, il s’ agit de Merton College ms. 243.
41Thomson 2015, p. 839.
42Ce volume nous est parvenu sous la cote Merton College ms. 79.
43Thomson 2015, p. 846.
44Thomson 2015, p. 848.
45Thomson 2015, p. 853.
46Sur ces mentions, voir supra.
47Voir le tableau en annexe.
48La liste des livres offerts par William Reed à Merton College en 1374 est éditée par Rodney Thomson (Thomson 2015, n° UO.49).
49La recommandation d’ enchaînement des livres ad usum communem émise par William Reed dans l’ indentura de 1374, se présente comme suit : […]item habuerunt et receperunt centum libros in dicta libraria ad vsum communem sociorum ibidem studencium cathenandos videlicet de grammaticis et poeticis decem libros scilicet […] (Thomson 2015, UO.49). Sur la bibliothèque enchaînée de Merton College, voir Streeter 1931, p. 130–149 ; Highfield, Martin 1997, p. 88–92.
50Ce manuscrit du XIVe siècle nous est parvenu sous la cote Merton College ms. 276.
51Ker 1986, p. 487–497. Thomson 2015, UO.68.
52Ce manuscrit est précisément décrit dans D’ Alverny 1965, p. 288–289. Voir également Thomson 2009, p. 221–222.
53Emden 1957–1959, p. 2119.
54Clarke 2002, p. 443–445.
55Clarke 2002, p. 445–548 (UC. 48).
56Clarke 2002, UC. 48, p. 483–484. Voir infra, en annexe.
57Clarke 2002, UC.48, p. 488–489. Le manuscrit a subsisté et correspond aujourd’ hui à Peterhouse ms. 121.
58Clarke 2002, UC.48, p. 491–492.
59Clarke 2002, UC.48, p. 492–493.
60Emden 1963, p. 101.
61Peterhouse ms. 143, f. 121v : Caucio M[agistri] Willelmi Aiscagh exposita ciste de Derlyntone x die Maii anno Domini M.CCCC.XX et habet duo supplementa videlicet librum de penitencia et summ logicalis. f. 121v : Supplementum M. W. More cuius principale est Boetius de consolacione. f. 122v : Supplementum W. More cuius principale est xii coclearia argentea. Sur William Ayscough, voir Emden 1963, p. 28. Sur William More voir Emden 1963, p. 410.
62Clarke 2002, p. 492 : Sanctus Thomas De anima cum aliis.
63Clarke 2002, p. 512. 273. Item questiones super libros philosophie naturalis et de causis et incipit in 2° fol. prima pars et pen. Nitas.
64Cf. Miolo 2016.
65L’ édition du commentaire et des questions anonymes du manuscrit Peterhouse ms. 152 pourrait apporter certains éclairages quant à la possible élaboration de questiones sur le Liber dans le milieu anglo-saxon, ou du moins quant à la réception de ce type d’ écrits dans le contexte universitaire anglais.
66Clarke 2002, p. 553–554 (la description de John Leland correspond au codex Peterhouse ms. 121).
67Correspond certainement au traité d’ alchimie du Pseudo-Platon, Liber quartus cum commento Hebuhabes Hamed, débutant comme suit : Dixit Thebit dixit Eubohabes Hames. Thorndike, Kibre, 0458L.
68Peterhouse ms. 143, f. 89v–98r : Sicut dicit philosophus in articulo ii Metaphysice…-… Et sic determinatur sententia super librum De somno et vigilia. Explicit sententia super librum De somno et vigilia a fratre Thoma de Acquino (sic) ordinis predicatorum.

Bibliographie

Manuscrits

  • Cambridge Peterhouse 121

  • Cambridge Peterhouse 143

  • Cambridge Peterhouse 152

  • Oxford Boldeian Library Selden supra 24

  • Oxford Merton College 79

  • Oxford Merton College 243

  • Oxford Merton College 261

  • Oxford Merton College 281

  • Oxford Merton College 285

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