Au-delà de la métaphysique: Notule sur l’ importance du Commentaire de Berthold de Moosburg OP sur les Éléments de théologie

in Reading Proclus and the Book of Causes Volume 1

If the inline PDF is not rendering correctly, you can download the PDF file here.

Die Arbeit des Philosophen ist ein Zusammentragen von Erinnerungen zu einem bestimmten Zweck.

Ludwig Wittgenstein

Dans un ouvrage sur le destin de la métaphysique aujourd’ hui, Jean-François Courtine souleva en 1999 une question à mon avis aussi pertinente qu’ actuelle : il affirme sans détour qu’ il faut historiciser la détermination heideggérienne de la métaphysique comme onto-théologie. Qu’ est-ce à dire ? Il faut primo se demander comment le philosophe allemand est arrivé à comprendre selon le paradigme onto-théologique toute la métaphysique occidentale et ensuite, secundo, il faudra montrer qu’ il s’ agit d’ une réduction ou d’ une simplification outrancière et inadmissible :

Si donc l’ on veut continuer de penser avec, mais aussi après Heidegger, je crois qu’ il importe d’ examiner de manière historico-critique la construction de son concept de métaphysique ; d’ élargir résolument et de différencier le concept de métaphysique, de renoncer pour commencer à l’ unité destinale-historiale de ladite constitution ontothéologique1.

Dans son récent ouvrage intitulé Métaphysiques rebelles, Oliver Boulnois a partiellement rempli ce cahier de charge, il s’ est attaqué à la deuxième partie du programme esquissé par Courtine2. Après un rappel des trois significations heideggériennes du terme ‘onto-théologie’3, Boulnois conclut que l’ interprétation du philosophe allemand laisse de côté les métaphysiques médiévales4. Cette constatation permet de faire un pas de plus : « L’ unification systématique de la métaphysique en un seul concept cède alors la place à l’ extraordinaire diversité historique des métaphysiques médiévales »5. Il pense cependant qu’ il est possible de regrouper la « diversité rebelle »6 en trois figures, de telle sorte que l’ onto-théologie n’ est pas le seul paradigme de la métaphysique médiéval : on peut distinguer le pradigme théo-logique des modèles katholou-protologique et l’ onto-théologique7. En ce qui concerne la première figure, on peut le découvrir chez certains maîtres-ès-art du XIIIe siècle pour qui la métaphysique est la science suprême permettant de contempler le premier principe8. Selon le second modèle, qui est surtout réalisé par Thomas d’ Aquin, « le sujet de la métaphysique est l’ étant dit communément, mais il n’ est dit communément que parce qu’ on le dit d’ abord du premier étant, principe universel de tout le reste »9. Le troisième type de métaphysique qui annonce la métaphysique moderne pourrait éventuellement être appelé onto-théologie en raison de l’ articulation de la science première en métaphysique générale et métaphysique spéciale10. Par conséquent, « la métaphysique ne se laisse pas arraisonner immédiatement par le concept d’ onto-théologie. L’ appellation est certes légitime, mais n’ est pas une définition intemporelle et infalsifiable de toute métaphysique »11.

La contribution de Boulnois est à mon avis décisive parce qu’ elle montre de manière convaincante les limites de la réduction heideggérienne de la métaphysique à l’ onto-théologie mais surtout parce qu’ elle manifeste l’ historicité non seulement des paradigmes de la réception de la science aristotélicienne mais encore des interprétations historiographiques de celle-ci. On ne peut que souscrire à la motivation à l’ œuvre dans cette généalogie et cette destruction12 : « Lorsqu’ on croit renouveler la philosophie sans méditer son histoire, on risque de bégayer les apories du passé »13. Je souhaite par cette notule attirer l’ attention sur une œuvre peu étudiée qui nous invite à poser la question si l’ interprétation de Boulnois ne recouvre peut-être pas la totalité de la réalité historique14. Le texte dont il va être question postule en effet une sagesse philosophique qui est au-delà de la métaphysique au sens aristotélicien.

Pour commencer il convient de rappeler que Berthold est l’ un des derniers représentants de ce que nous avons en son temps appelé l’ école dominicaine allemande (Deutsche Dominikanerschule) : le but des efforts de l’ entreprise ambitieux du Corpus Philosophorum Teutonicorum Medii Aevi était de faire comprendre qu’ il faut absolument situer ce que l’ on a l’ habitude d’ appeler la « mystique rhénane » dans ce courant philosophique dont Albert le Grand et Ulrich de Strasbourg sont les fondateurs15. Berthold nous a laissé (essentiellement) une œuvre, à savoir un monumental commentaire des Eléments de théologie de Proclus. Cette œuvre est maintenant complètement éditée en huit volumes dans le Corpus Philosophorum Teutonicorum Medii Aevi16. Il n’ est pas superflu de rappeler, en deux mots, l’ histoire de la redécouverte de ce commentaire monumental. L’ infatigable Martin Grabmann a sans doute été l’ un des premiers à attirer l’ attention sur ce dominicain dans un article de 1910 sur le néoplatonisme dans la scolastique allemande17. C’ est ensuite Raymond Klibansky qui a rendu attentif à ce dominicain18. Un disciple de Joseph Koch dont on connaît les mérites pour l’ édition des œuvres latines de Maître Eckhart, a soutenu en 1956 une dissertation sur Berthold dont seul un tout petit extrait a été publié en 1957: l’ auteur de cette thèse était Willehad Paul Eckert19. Un progrès essentiel représentaient cependant les éditions de Barbara Faes de Mottoni20 et de Loris Sturlese21 : il s’ agissait de l’ édition du commentaire des propositions 39–54 et 184–21122. De la rencontre entre Loris Sturlese avec Kurt Flasch en 1975 est né finalement le Corpus Philosophorum Teutonicorum Medii Aevi qui compte aujourd’ hui 40 volumes et dont l’ édition du Commentaire représente le volume VI (1–9)23.

Berthold commente largement les 211 propositions des Eléments24. Le commentaire des propositions est précédé par un (a) Prologus, (b) une Expositio tituli et (c) un Praeambulum libri25.

Berthold articule le thème du livre comme suit :

… iste liber tractat de rerum divinarum universitate secundum processum eius a summo bono et regressu in ipsum26.

Ce livre traite donc de la totalité des réalités divines selon leur procession à partir du souverain bien et leur retour à lui. On constate donc d’ emblée que le mouvement circulaire de l’ exitus et de reditus, ce cercle qui est celui du dynamisme du réel dans une perspective néo-platonicienne détermine la vision du réel. Berthold décrit encore d’ une autre manière le thème de l’ ouvrage :

Ex praedictis apparet, quod bonum divinum secundum ordinem providentiae naturalis est subiectum huius libri27.

Dans ce passage, le bien absolu apparaît comme le sujet principal. Il est très important de souligner que Berthold choisit pour son œuvre la perspective de la providence naturelle. Avec S. Augustin, Berthold distingue en effet l’ ordre de la providence naturelle de l’ ordre de la providence volontaire28. En se servant de cette distinction augustinienne, Berthold suit Dietrich de Freiberg qui s’ y réfère fréquemment29, pour distinguer ce que nous pouvons appeler la perspective de la philosophie et celle de la théologie au sens de la doctrina sacra, ou pour le dire autrement le domaine de la raison et celui de la foi. Par conséquent, si le livre de Proclus traite du bien absolu selon l’ ordre de la providence naturelle, il s’ agit bien au sens propre du terme d’ une théologie philosophique et rationnelle : Scientia divina philosophorum30.

Il faut ajouter ici une autre précision : Berthold considère l’ œuvre comme un itinéraire ascendant, par lequel l’ homme rejoint Dieu :

Ex praemissis omnibus evidenter apparet, quod non solum per operationem et scientiam sicut per duo elementa, puta practicam et theoricam, sed magis per elementationis theologicae altissimam philosophiam ascendendo redit homo ad suam perfectionem finalem, propter quam creatus est, scilicet felicitatem, immo, ut apertius dicam, beatitudinem31.

Avec A. de Libera, on peut prétendre que ce commentaire est donc bien une « somme de théologie philosophique de l’ école dominicaine allemande »32.

Il est du plus haut intérêt de noter que le Prologus est une méditation sur Romains 1,20, ce passage paulinien qui est comme la fenêtre de la révélation ouverte à la philosophie, le fondement biblique de toute théologie rationnelle et naturelle. Berthold divise ce passage paulinien en trois parties puisque selon lui, il y d’ abord question de l’ objet, ensuite du sujet et finalement du medium33. Il est déjà tout à fait remarquable que l’ auteur dominicain mette le texte de Proclus sous le patronage du texte paulinien34, mais il est encore plus étonnant qu’ il va expliquer et commenter la célèbre phrase paulinienne en invoquant l’ Asclepius attribué à Hermes Trismegiste35. En effet, après avoir, dans un premier moment, interprété le deux premiers mots du passage paulinien selon la signification transitive et intransitive36, il explique la deuxième partie du texte paulinien (a creatura mundi) en prenant comme guide deux passages de ce dialogue hermétique, en interprétant d’ abord la signification macrocosmique du passage37 et ensuite en montrant sa portée microcosmique, en parlant de l’ homme38. Il faut cependant noter que la deuxième citation attribuée par Berthold à Hermes est de fait un collage emprunté au Commentaire de la Métaphysique d’ Albert le Grand, collage dont le message central est cette phrase, si lourde de signification : homo est nexus Dei et mundi39. Le prologue qui dans sa troisième partie commente la fin de la citation paulinienne, se termine par un rappel du célèbre poème 9 du troisième livre de la Consolatio philosophiae de Boèce40.

Dans le texte qui nous intéresse plus particulièrement, à savoir le Praeambulum libri, Berthold veut montrer que la sagesse proclienne exposée dans les Éléments est une authentique science :

Incipit textus, cuius expositioni praemitto declarationem, quod ista philosophia sit verissime et propriissime habens rationem scientiae veridicae, certissimae et ex hoc altissimae41.

Notre auteur explique pour commencer que toute la doctrine proclienne repose sur deux principes : Ista duo principia, quibus totius istius philosophiae structura sicut propriis fundamentis innititur42. Ces deux principes sont que « la multitude existe » et qu’ « il existe un principe productif » :

Circa stabilitionem anitatis seu existentiae unius utitur quodam principio complexo, isto scilicet, multitudinem esse, sicut stabiliendo anitatem boni utitur alio principio, scilicet productivum esse43.

Le lecteur s’ aperçoit rapidement que ce préambule est une introduction méthodologique aux Éléments qui est principalement consacrée à la démonstration de la scientificité de la démarche de Proclus. Dans une telle perspective, Berthold précise d’ abord que ces deux principes n’ ont que le statut de propositions « crues » (principia credita), comparable à certaines assertions de la théologie chrétienne :

ista duo principia… auctor supponit … solum credita, sicut et theologia, quae est de bono divino secundum ordinem providentiae voluntariae, fundatur in principiis creditis, quae sunt articuli fidei Christianae.44

Cette précision suggère une comparaison avec la démarche de Thomas d’ Aquin qui entend démontrer au seuil de sa Summa theologiae la scientificité de la doctrina sacra qui, bien que basé sur des principes crus, est néanmoins une science.

Pour progresser dans son argumentation, Berthold va procéder en trois temps car il précise d’ abord ce qu’ il faut entendre par principe, il explique ensuite qu’ il y trois sortes de principes dans les sciences et finalement il précisera le statut des principes propres de la science proclienne. Dans le deuxième point, il entend montrer qu’ il y a trois types de principes sur lesquels les sciences se fondent ou s’ appuient : à savoir les principes absolument universaux (comme le principe de non-contradiction), les principes communs (comme par exemple : le tout est plus grand que la partie) et certains principes qui sont propres à chaque science particulière45. L’ évidence de ces derniers est, bien sûr, moindre, mais cela ne représente pas pour autant un danger pour la scientificité de la démarche. Les deux principes sur lesquels repose la doctrine de Proclus sont de cette nature : il s’ agit de principes propres dont Berthold décrit le statut et la particularité comme suit :

Sunt etiam tertii generis principia propria singulis scientiis secundum se neque secundum proportionem seu analogicam communitatem trahuntur in diversas scientias, sed unumquodque eorum stat sub sua propria ratione et, si descendat a superiori scientia in determinatam scientiam vel etiam si usus eius sit in quacumque alia scientia, nihilominus semper stabit huiusmodi principium in propria et determinata ratione et natura et non trahitur hinc inde ex aliqua analogica communitate ad determinatam aliquam intentionem46.

Il est indispensable de préciser comment Berthold décrit et analyse la nature et la genèse des ces principes. D’ abord il convient de retenir qu’ il accorde aux sciences mathématiques une place particulière car leur degré de certitude dépasse largement celui de toutes les autres sciences. Il est dès lors intéressant d’ examiner de plus près comment il explique la démarche des sciences qui procèdent par la voie des sens et de l’ expérience. Nous pouvons constater que selon lui les principes de ces sciences qui sont le fruit de l’ expérience sont seulement crues :

Sic igitur procedente indagatione per viam sensus et experientiae in praemissis scientiis sumptum est unum universale pro ipsarum scientiarum principio, quod principium in quacumque huiusmodi scientia solum creditum est et nullo modo scitum nec intellectum, quia nec ex propria ratione terminorum cognitum est … solum est creditum, et sic apprehensum sub certitudine veri47.

Il semble, de plus, digne d’ attention que Berthold désigne ces principes comme des conjectures :

Igitur in sumptione talis universalis principii ex sensibilibus experimentis non est nisi quaedam coniecturalis illatio sub ratione veri et non sub ratione talis entis secundum praemissa, et ideo solum accipitur ut creditum, non ut intellectum vel scitum, et, ut dictum est, sumitur secundum quandam coniecturam, cum firmo tamen et indeclinabili assensu rationis48.

Berthold suggère que les principes de la science proclienne possèdent le même statut que ceux des sciences naturelles49. Il convient toutefois de bien tenir compte de la précision qui suggère que l’ adhésion ou l’ assentiment aux principes dans la science proclienne possède une particularité qui provient d’ un côté du principe cognitif et de l’ autre côté de l’ habitus spécifique. Dans un premier temps Berthold montre que le principe cognitif de la sagesse proclienne est supérieur à la cogitative et à l’ intellect possible. La cogitative, dans le langage scolastique est la première manifestation de la raison qui unifie les données sensibles50. On peut aussi parler de raison particulière puisqu’ elle regroupe des représentations individuelles de la sensation et forme un premier concept vague. Berthold affirme donc que le principe cognitif de la sagesse proclienne n’ est pas seulement supérieur à cette raison particulière51 mais aussi à la raison « universelle », à savoir l’ intellect possible. L’ intellect saisit les êtres, mais par la sagesse qui est enseignée dans les Éléments, l’ homme peut atteindre quelque chose au-delà de l’ être :

Verum ista principia cognitiva non sunt nisi entium, licet secundum diversas rationes, pleraque autem divinorum sunt superentia, sicut apparet de divinis secundum essentiam et divino secundum causam, quod est « super omnia existentia », ut testatur Dionysius 4 capitulo De divinis nominibus52.

Berthold invoque deux témoins pour confirmer son propos : Denys d’ abord53 et ensuite Proclus dans le traité De providentia54. Bien qu’ il soit évidemment d’ un grand intérêt historique que le dominicain reconnaisse le voisinage doctrinal entre Denys et Proclus, il est encore plus important pour notre objectif qu’ il affirme l’ accessibilité d’ une réalité au-delà de l’ être par un principe cognitif qui, selon le termes invoqués par Boèce, possède la capacité circa divina versari55, est identifié à l’ unum animae dont Proclus parle dans les Tria opuscula.

Berthold affirme sans détour que ce principe cognitif de la science proclienne dépasse l’ intellect. Ce qui est plus remarquable est le lien que Berthold établit entre l’ intellect et la métaphysique pour conclure que cette science proclienne dépasse la métaphysique aristotélicienne parce que l’ intellect est fait pour connaître l’ être alors que ce principe vise ce qui est au-delà de l’ être :

Ex praedictis evidenter apparet scientiam istam in suorum principiorum certitudine ratione principii cognitivi, per quod circa divina versatur, non solum omnibus particularibus scientiis, sed etiam metaphysicae Peripatetici, que est de ente in eo, quod ens, incomparabiliter eminere56.

Du point de vue de la méthode, il faut observer que Berthold se référant à Proclus affirme l’ existence de l’ unum animae (donc par l’ invocation d’ une autorité) et à partir de cette inférence, il peut prétendre à la possibilité d’ une science supérieure à la métaphysique aristotélicienne qui est identifiée à une ontologie – si nous entendons ce terme dans sa signification simple de science de l’ étant en tant que tel.

Par une deuxième argumentation, Berthold veut montrer la spécificité de cette science proclienne en analysant son habitus qui est également supérieur à tous les autres habitus dont Aristote traite au livre VI de l’ Éthique57. Un aspect de cette argumentation retient particulièrement mon attention : pour s’ expliquer, Berthold propose une comparaison entre Platon et Aristote. Ce dernier ne mène le philosophe que jusqu’ à l’ intellection, tandis que Platon et les platoniciens vont au-delà :

Cum enim Aristoteles … non ducat nos sursum in cognitivis et cognitionibus animae nostrae nisi usque ad intellectum et intellectualem operationem et nihil ultra hanc insinuet, Plato autem et ante Platonem theologi laudant cognitionem supra intellectum, quam divulgant esse divinam maniam, et dicunt ipsam talem cognitionem esse unum animae58.

Pour approfondir cette comparaison dont le but est bien évidemment de démontrer la supériorité de Platon, Berthold explique, en se servant en particulier du Commentaire d’ Eustrate ce qu’Aristote entend au livre VI de l’ Ethique par intellectus et sapientia. Il insiste sur le fait que la sagesse aristotélicienne, encore au-delà de l’ intellectus, selon les termes même d’ Aristote au passage invoqué, « est la plus certaine des sciences ». Que dire dès lors de la supersapientia proclienne59 ? Il faut ici noter la formulation : il s’ agit de la science des principes de l’ être qui par conséquent doit être au-delà de l’ être. Elle est selon la formulation de Berthold : « la simple intuition de la forme qui forme de manière absolue toute forme »60.

Berthold achève le préambule en résumant encore une fois le but de ce texte : ce que Proclus propose dans son œuvre mérite pleinement la qualification de science :

Ex praemissis evidenter appareat istam nostram divinalem philosophiam esse verissime et propriissime scientiam et hoc veridicam et certissimam et sic altissimam tum ratione modi sui procedendi ex principiis sive communissimis et communibus sive propriis, qui est vere scientificus, tum etiam ratione habitus, quo accipit sua principia61.

Il est temps de formuler quelques conclusions. Je retiens neuf points.

  1. Le texte dont je n’ ai proposé rien d’ autre qu’ une très modeste paraphrase est un préambule à un très vaste commentaire des Éléments de théologie. Berthold veut, en premier lieu, démontrer que, ce que Proclus propose dans cet ouvrage, est une authentique science et que cette science est supérieure à la métaphysique identifiée à la science contenue dans la Métaphysique d’ Aristote et qui est à son tour comprise comme une ontologie.

  2. Cette science proclienne dont Berthold s’ efforce de démontrer la scientificité est un savoir inspiré par Platon et parachevé par Proclus. Berthold affirme et souligne la supériorité de Platon par rapport à Aristote62.

  3. Cette sagesse proclienne peut être caractérisée comme une théologie philosophique qui pourrait être désignée par le terme d’ Agatho-théologie, il y a en effet une certaine priorité du Bien par rapport à l’ Un63. Toutefois, on pourrait aussi parler d’ une Héno-théologie. Il est cependant essentiel de noter que la philosophie première selon Berthold est une théologie, nous pouvons donc rapprocher ce que conçoit Berthold de ce que Olivier Boulnois envisage comme premier paradigme sous le terme ‘théo-logique’.

  4. Il me paraît justifié de prétendre que cette sagesse peut être lue comme un effort d’ expliciter et de fonder scientifiquement ce que communément on appelle la mystique rhénane si l’ on entend par ce syntagme un courant spirituel qui enseigne une doctrine multiforme de l’ union de l’ homme à Dieu, une doctrine qui ne s’ oppose pas au dialogue avec la philosophie puisqu’ elle hérite d’ une façon spécifique ce que l’ on doit désigner comme l’ intellectualisme de la tradition dominicaine.

  5. Berthold, pour situer cette sagesse proclienne dont il se fait le propagateur, propose pour contenir l’ ensemble du savoir théologico-philosophique un paradigme à deux étages. Le premier étage qui contient les disciplines philosophiques traditionnelles est couronné par la métaphysique comme scientia entis inquantum ens. Au-delà de ces sciences philosophiques existe une science supérieure qui pourrait aussi être qualifiée de philosophie première. Ce modèle qui postule au-delà de la reine des sciences philosophique une science supérieure rappelle d’ une certaine façon le rapport que Thomas d’ Aquin envisage, notamment au seuil de la Summa theologiae, entre la sagesse philosophique et la science théologique, la sacra doctrina64. À la grande différence, bien entendu, que la science suprême de Berthold est strictement philosophique.

  6. Olivier Boulnois a à juste titre rejeté la thèse de Pierre Hadot selon laquelle la doctrine chrétienne (scolastique et pré-scolastique) aurait éliminé la conception et la pratique de la philosophie comme exercice spirituelle et art de vivre. Avec Theo Kobusch notamment65, Boulnois a montré de quelle manière certains types de métaphysique chrétienne, de la patristique jusqu’ à Bernard de Clairvaux, doivent se comprendre comme des cheminements spirituels. Il me paraît avéré que le projet de Berthold peut être rapproché de ces démarches.

  7. Si l’ on admet l’ insertion de Berthold dans cette tradition on se pose toutefois une question : Boulnois conçoit les trois paradigmes de la métaphysique dans une progression chronologique66, peut-être pas nécessairement comme un progrès mais au moins comme une évolution qui obéit à une certaine logique. Il reconnaît cependant que « l’ insertion de cette pluralité dans une frise chronologique » est un effet de narration pour ne pas dire de construction historiogrpahique. Le cas de Berthold Moosburg montre bien qu’ il n’ est pas possible de parler d’ une régression ; Berthold n’ est pas un conservateur qui réactive un modèle périmé, dépassé, d’ autant plus qu’ il connaît la tradition aristotélicienne et veut consciemment la dépasser.

  8. Sans nier la pertinence de la catégorisation d’ Olivier Boulnois, je pense qu’ il faut admettre la perpétuation d’ une certaine tradition platonicienne qui, elle-même évoluée, et évoluera encore chez Nicolas de Cues et Marsile Ficin. Il convient d’ admettre une simultanéité des différentes compréhensions de la philosophie première au Moyen Âge. Et si l’ on veut encore une fois utiliser le syntagme de Vignaux de la « diversité rebelle », il faut encore plus accentuer et affirmer la diversité et la pluralité des philosophies médiévales.

  9. Le magnifique livre d’ Olivier Boulnois – en même temps que d’ autres – a définitivement montré que les thèses heideggériennes sur l’ essence de la métaphysique occidentale sont une simplification outrancière qui mutile la diversité réelle des efforts métaphysiques médiévaux. L’ exemple de Berthold nous invite à entretenir la circonspection et à poursuivre l’ effort de déconstruction. Un tel effort n’ a cependant de sens que s’ il permet de préciser notre propre situation philosophique et nous force de nous interroger sur la possible orientation de ce que devrait être une philosophie première ou, pour le moins, comment il convient de se situer par rapport à la longue histoire de la prote philosophia67.

Courtine 1999, p. 157. Du même auteur, on lira avec profit le chapitre sur la constitution onto-théologique de la métaphysique dans Courtine 2005, p. 46–82. Cet ouvrage comporte des éléments décisifs pour une réponse à la première tâche indiquée dans le programme de Courtine.

Boulnois 2013.

Comme le rappelle Boulnois la première version considère l’ onto-théologie en tant qu’ interprétation de l’ être comme Dieu. Dans un second moment Heidegger affirme que l’ onto-théologie comprend l’ être de l’ étant dans l’ universel et dans le suprême (Boulnois 2013, p. 120). Finalement, dans « Identité et différence », le philosophe allemand prétend que la question du caractère onto-théologique « devient la question : comment le dieu entre-t-il dans la philosophie » (Boulnois 2013, p. 121, citant Heidegger).

Boulnois 2013, p. 125.

Boulnois 2013, p. 126.

Ce syntagme a été forgé par Vignaux 2004, p. 94–95 : « L’ historien qui a reçu une formation philosophique doit craindre de trop unifier, de systématiser ; il faut qu’ il laisse voir la diversité rebelle. Il faut aussi que dans la suite de son exposé, il ne donne pas l’ illusion de disposer d’ une certitude homogène : c’ est pourquoi nous avons, autant que possible, gardé à ce résumé l’ allure d’ une recherche, mélange de hardiesse et de scrupules ». Vignaux parle de son livre mais ce qu’ il dit représente un programme que tout historien de la philosophie devrait respecter.

Boulnois 2013, p. 414 : « La métaphysique ne tombe pas sous un seul concept, elle aussi se prend en plusieurs sens, du moins au Moyen Âge. On peut cependant regrouper ces métaphysiques rebelles en trois familles : la théo-logique, la katholou-protologique et l’ ontothéologique ». Voir à ce propos tout le chapitre 3, p. 113–164.

Boulnois 2013, p. 131.

Boulnois 2013, p. 145–146 ; cf. aussi p. 415–416.

Boulnois 2013, p. 415.

Boulnois 2013, p. 415.

À propos de la déconstruction cf. Boulnois 2013, p. 11 : « Déconstruire la métaphysique, c’ est admettre qu’ il n’ est pas possible de la balayer d’ une revers de main, c’ est reconnaître qu’ elle s’ inscrit déjà dans la langue de la philosophie, et déborde même sur la littérature. C’ est la décortiquer patiemment, pour mettre à nu la structure et les fondements ».

Boulnois 2013, p. 17.

Il est évident que ce prolongement de l’ approche de Boulnois est plutôt à considérer comme un hommage que comme une critique.

L’ ouvrage d’ Alain de Libera Introduction à mystique rhénane, d’ Albert le Grand à maître Eckhart (Paris, O.E.I.L., 1984) a été décisif pour cet effort (en langue française). Voir également les études sur ce sujet dans Sturlese 2007. Mais il convient avant tout de souligner l’ importance de l’ introduction de Kurt Flasch au premier volume de l’ édition critique de l’ Expositio (see Flasch 1984). Je cite dans la suite ce volume comme Berthold de Moosburg, Elementatio I. Cf. le compte rendu de cette édition par Potestà 1984. Voir aussi Massa 1983. Pour la redécouverte du néo-platonisme medieval on pourra encore consulter mon ancienne présentation dans Imbach 1978.

Berthold de Moosburg, Expositio super Elementationem theologicam Procli, 1986–2014. Voir aussi Tabula contentorum 2000.

Grabmann 1910.

Klibansky 1929 ; Klibansky 1939.

Eckert 1957.

de Mottoni 1971.

Sturlese 1974.

Cf. aussi Paschetto 1976.

Cf. Flasch 1983 ; Sturlese 1984.

De la littérature récente sur Berthold ont peut mentionner Gersh 2001 ; Führer 2014.

Prologus I, p. 5–35. Ce prologue est une interprétation de Romains I,20 : Invisiblia Dei a creaturis mundi per ea, quae facta sunt, intellecta conscpiciuntur. L’ expositio tituli (p. 37–51) est suivi par le Préambule (p. 53–69). De Libera dans son Introduction (Libera 1984) avait déjà largement parlé du commentaire et proposé pour la première fois en langue française une exégèse de ce texte. En plus il a traduit en français le Préambule dans : Imbach, Méléard 1986.

Berthold de Moosburg, Expositio I, Expositio tituli I, p. 46. Voir cet autre résumé du contenu, Expositio I, Expositio tituli D, p. 40 : Verum, quod per motum obliquum, qui proprius erit philosophorum et erat per laboriosam investigationem primi omnium existentium principii dividendo, definiendo, communibus principiis utendo, a notis ad ignota per ratiocinationem progrediendo, a sensibilibus ad intelligibilia ascendendo et inter intelligibilia ab uno ad aliud tendendo, quousque ad simpliciter ultimum prevenitatur, ascenderit ipse Proclus in summi boni notitiam, apparet in presenti ibro, ubi in excelsum maximum ascendit per operum conditionem, conditorum gubernationem et contrariuorum conciliationem.

Expositio I, Expositio tituli K, p. 47.

A propos de l’ origine de cette distinction cf. Augustin, De Genesi ad litteram VIII, 9 p, 243–244 : hinc iam in ipsum mundum uelut in quandam magnam arborem rerum oculus cogitationis adtollitur atque in ipso quoque gemina operatio prouidentiae reperitur, partim naturalis, partim uoluntaria. et naturalis quidem per occultam dei administrationem, qua etiam lignis et herbis dat incrementum, uoluntaria uero per angelorum opera et hominum ; secundum illam primam caelestia superius ordinari inferius que terrestria, luminaria sidera que fulgere, diei noctis que uices agitari, aquis terram fundatam interlui atque circumlui, aerem altius superfundi, arbusta et animalia concipi et nasci, crescere, senescere, occidere et quidquid aliud in rebus interiore naturali que motu geritur ; in hac autem altera signa dari, doceri et disci, agros coli, societates administrari, artes exerceri et quaeque alia siue in superna societate aguntur siue in hac terrena atque mortali, ita ut bonis consulatur et per nescientes malos ; in que ipso homine eandem geminam prouidentiae uigere potentiam : primo erga corpus naturalem, scilicet eo motu, quo fit, quo crescit, quo senescit ; uoluntariam uero, quo illa ad uictum, tegumentum curationem que consulitur.

Cf. Flasch 1984, p. XXXIXXXII. Cf. Expositio I, Prologus 5, p. 13, l. 264–266. Berthold se sert de cette distinction augustinienne pour distinguer la démarche du philosophe au sens stricte et du théologien chrétien : Sed dices, quod Dionysius loquitur ut theologus, qui solum considerat processum rerum a Deo secundum ordinem providentiae voluntariae, et ideo aliter est de processu rerum a Deo secundum ordinem providentiae naturalis, ubi proceditur ab uno in multitudinem ordinate, de quo loquuntur philosophi theologizantes sive theologie philosophantes (Prop. 5 B, p. 116). Voir aussi Prop. 10 A, p. 179, lin. 78–102.

Cette expression se lit dans le De subiecto theologiae de Dietrich de Freiberg (3,8, p. 281).

Expositio I, Titulus, p. 51.

Libera 1984, p. 325.

Expositio I, Prologus, n. 2, p. 7 : In quibus verbis sic introductis possumus considerare quid conspiciendum, quia ‘invisibilia Dei’, a quo et in quo, qui ‘a creatura mundi’, per quid, quia ‘per ea, quae facta sunt’. etc. In primo exprimitur obiectum intelligendum, in secundo secundum duplicem expositionem subiectum contuendum et etiam exercendum et erigendum, in tertio medium conspectum discernendum et discutiendum.

Saint Paul es désigné comme summus divinalis sapientiae theologus (Expositio, Prologus n. 1, p. 5).

Cf. Sannino 2000.

Expositio I, Prologus 3, p. 7 : Circa primum sciendum, quod li INVISIBILIADEI potest accipi dupliciter, vel intransitive vel transitive. Cette double signification est expliquée p. 7–14.

Elementatio I, Prologus n. 8 : Macrocosmus scilicet maior mundus, sic describitur per Trismegistum ad Asclepium collegam suum : ‘Mundus est opus Dei immutabile, gloriosa constructio, bonum multiformi imaginum varietate compositum, machina voluntatis Dei suo operi absque invidia suffragantis’. = Asclepius 25 (éd. Thomas 1908, p. 62, l. 17–20). Berthold commente les diverses parties de la citation dans Prologus n. 9–13, p. 14–22.

Expositio I, Prologus n. 14–19, p. 23–32.

Expositio I, Prologus n. 14, p. 23. Berthold cite Albert le Grand, Metaphysica, I, 1, 1 (éd. Geyer, p. 2, l. 5–15), qui suit Asclepius 6–10 (éd. Thomas, p. 40–46).

Expositio I, Prologus, n. 21, p. 35.

Expositio I, Praeambulum, p. 53.

Expositio I, Praeambulum, p. 53.

Expositio I, Praeambulum, p. 53.

Expositio I, Praeambulum, p. 53.

Expositio I, Praeambulum B, p. 56 : Verum quoad proprietates et proprios modos et rationes ipsorum principiorum scientiarum principia inveniuntur in triplici differentia. Sunt enim quaedam communissima, quaedam minus communia et quaedam singulis scientiis secundum se propria.

Expositio I, Praeambulum B, p. 56.

Expositio I, Praeambulum B, p. 59.

Expositio I, Praeambulum C, p. 62. Il n’ est pas négligeable de noter ici en passant que Nicolas de Cues connaissait le Commentaire de Berthold. Ce détail est significatif en ce qui concerne la notion de conjecture. Sur la relation Berthold et Nicolas de Cues cf. Flasch 1984, p. XXXVXXXVIII.

Expositio I, Praeambulum C, p. 63 : Consimiliter eodem modo accipitur hic principium multitudinem esse et similia, immo supra modum communem sibi et aliis scientiis aliquid amplius habet in ratione et causa certitudinis et indeclinabilis assensus in ipsa talia principia.

Pour une interprétation classique de la raison particulière (cogitativa) cf. Thomas d’ Aquin, Summa theologiae I, q. 78, art. 4.

Expositio I, Praeambulum C, p. 63, lin. 378–64, lin. 388.

Expositio I, Praeambulum C, p. 64.

Expositio I, Praeambulum C, p. 64, lin. 395–414.

Expositio I, Praeambulum C, p. 64–65 : Ecce, quam eleganter exprimit (scil. Proclus) principium cognitivum et eius ad omne aliud in nobis principium supereminentiam, scilicet unitionem vel unitatem, quo ‘circa divina versari oportet’. De isto principio, quod etiam vocat ‘unum animae’, et eius eminentia ad omnia alia cognitiva in nobis, loquitur auctor ibi supra, et quomodo divina tractantes efficiuntur di et cognoscunt divina. Unde quaest. 10 De providentia dicit ipsum tale unum esse divinius intellectu. Pour la référence à Proclus cf. la note 63, p. 65.

L’ expression est empruntée à Boèce, De Trinitate, c. 2, p. 8.

Expositio I, Praeambulum C, p. 65.

Expositio I, Praeambulum C, p. 65 : Hoc ipsum etiam patet secundo ex consideratione habitus divinalis seu supersaptientialis, per quem ista theologia accipit sua principa et ipsius talis habitus ad omnes alios habitus sive scientificos sive etiam sapientiales eminentia.

Expositio I, Praeambulum C, p. 65.

Expositio I, Praeambulum C, p. 66 : Si igitur, ut dicit prima propositio, sapientia est certissima scientia, quia accipit principia scientiarum cum eorum certitudine, quid dicemus de nostra supersapientia, quae est acceptio cum certitudine non solum principiorum entium, quae secundum Aristotelem etiam sunt entia, sed etiam principiorum, quae sunt super entia, et signanter primi boni, quod est principium et causa non solum omnium entium, sed etiam principiorum divinalium, quae sunt, licet sub simpliciter primo principio ; primordialia omnium entium principia, nisi quod ipsa est certissima et altissima cognitio hominis deificati.

Expositio I, Praeambulum C, p. 67 : Verum, cum cognitivum nostrae supersapientialis et divinalis sapientiae sit non solum omnem scientiam, quae est entium, sed etiam ipsum intellectum transcurrens, ut supra ostensum est, habitus etiam ipsius non erit compositum proprie loquenduo ex intellectu et scientia, sed simplex inspectio formae simpliciter omnia formantis iuxta illud Boethii De trinitate, quod ‘circa divina intellectualiter versari oportet neque deduci ad imaginationem sed ipsam formam’.

Expositio I, Praeambulum C, p. 69.

Cf. Flasch 1984, p. XXIVXXV.

Flasch, dans son introduction (Flasch 1984, p. XIII et surtout p. XVOXVII), a souligné ce point : « Die Einheit als Seinskriterium und Seinsprinzip spielt also eine systemtragende, aber eine dem Guten untergeordnete Rolle » (p. XVI). À juste titre, il insiste sur les passages où Berthold expose et interprète le contenu des Éléments en précisant que le souverain bien est le sujet : … necesse est omnia convenir, de quibus hic tradatur, in una ratione subiecti, propter quam etiam ista philosophia est una scientia : Quod subiectum vocetur, sicut et vere est, bonum divinum, quod simpliciter et absolute causaliter seu principaliformiter convenit omnium primo principio. (Expositio tituli, p. 46). Voir également p. 45, où il est question de la cause matérielle des Éléments : Materialis quidem subiectiva, quia in ipso tractatur per elemetorum coordinationem de bono divino secundum ordinem providentiae naturalis. Et aussi Expositio tituli, p. 51 : Quis autem est finis boni nisi summum bonum, quod bonum est ‘omnis boni bonum’ ? Ad cuius notitiam totus liber iste ordinatur, quatenus nos per bona divino bono paticipantia ascendere faciat ad cognoscendum divina bona per essentiam, ut per hoc ad contemplandum summum bonum, quod est bonum principaliformiter, transferamur ipsius adiutorio, qui est mediator Dei et hominum Iesus Christus, qui cum Patre et Spiritu sancto vivit et regnat Deus in saecula saeculorum.

Cf. Thomas d’ Aquin, Summa theologiae I, q. 1, art. 6.

Kobusch 2006.

Boulnois 2013, p. 416 : « J’ ai montré, qu’ il existait au sein des courants dominants de l’ histoire de la métaphysique, une évolution historique, allant du premier au deuxième, puis au troisième modèle ».

Cf. à ce sujet Kühn 2017. Cet auteur termine son ouvrage, en citant Husserl (1962, p. 510) : « Also es ist kein Zweifel, wir müssen uns in historische Betrachtungen vertiefen, wenn wir uns als Philosophen und das, was in uns als Philosophie werden soll, verstehen können ».

Bibliographie

Sources primaires

  • Albert le Grand MetaphysicaLibri quique prioresOpera omnia éd. B. Geyer Münster Aschendorff 1960.

  • Apulée Opera quae supersunt vol. 3 P. Thomas (éd.) Leipzig Teubner 1908.

  • Augustin De Genesi ad litteramVIII 9 J. Zycha (éd.) Wien Tempsky 1894.

  • Berthold de Moosburg Expositio super Elementationem theologicam Procli. Propositiones 1–13 L. Sturlese M.-R. Pagnoni-Sturlese (eds) Hamburg Felix Meiner 1984.

  • Berthold de Moosburg Expositio super Elementationem theologicam Procli. Propositiones 14–34 L. Sturlese M.-R. Pagnoni-Sturlese B. Mojsisch (eds) Hamburg Felix Meiner 1986.

  • Berthold de Moosburg Expositio super Elementationem theologicam Procli. Propositiones 35–65 A. Sannino (éd.) Hamburg Felix Meiner 2001

  • Berthold de Moosburg Expositio super Elementationem theologicam Procli. Propositiones 66–107 I. Zavattero (éd.) Hamburg Felix Meiner 2003

  • Berthold de Moosburg Expositio super Elementationem theologicam Procli. Propositiones 108–135 F. Retucci (éd.) Hamburg Felix Meiner 2011.

  • Berthold de Moosburg Expositio super Elementationem theologicam Procli. Propositiones 136–159 F. Retucci (éd.) Hamburg Felix Meiner 2007

  • Berthold de Moosburg Expositio super Elementationem theologicam Procli. Propositiones 160–183 U.R. Jeck I. Tautz (eds) Hamburg Felix Meiner 2003

  • Berthold de Moosburg Expositio super Elementationem theologicam Procli. Propositiones 184–211 L. Sturlese A. Punzi (eds) Hamburg Felix Meiner 2014.

  • Berthold de Moosburg Tabula contentorum in Expositione super elementationem theologicam Procli A. Beccarisi (éd.) Pisa Scuola Normale Superiore 2000.

  • Berthold de Moosburg Expositio super Elementationem theologicam Procli 184–211 De animabus L. Sturlese (éd.) presentazione di E. Massa Roma Edizioni di Storia e Letteratura 1974.

  • Boèce De Trinitate in Theological Tractates H.-F. Stewart E.K. Rand S.J. Tester (eds) London / Cambridge MA. Harvard University Press 1968.

  • Dietrich de Freiberg De subiecto theologiae in Opera omnia III L. Sturlese (éd.) Hamburg Felix Meiner 1983.

Sources secondaires

  • Boulnois O. (2013) Métaphysiques rebelles : Genèse et structures d’ une science au Moyen Âge Paris PUF.

  • Courtine J.-F. (1999) « Métaphysique et ontothéologie » dans J.-L. Narbonne L. Langlois (eds) La métaphysique son histoire sa critique ses enjeux Paris / Laval Vrin / Presse de l’ Université de Laval 1999 p. 137–157.

  • Courtine J.-F. (2005) Inventio analogiae Métaphysique et ontothéologie Paris Vrin.

  • De Mottoni B.F. (1971) « Il commento di Bertoldo di Moosburg all’ Elementatio theologica di Proclo : Edizione delle propositioni riguardanti il tempo e l’eternità » dans Studi medievali 12 p. 417–461.

  • Eckert W.P. (1957) « Berthold von Moosburg O.P. Ein Vertreter der Einheitsmetaphysik im Spätmittelalter » dans Philosophisches Jahrbuch 65 p. 120–133.

  • Flasch K. (1983) « Zur Idee eines Corpus Philosophorum Teutonicorum Medii Aevi » dans Ceterum censeo. Bemerkungen zu Aufgabe und Tätigkeit eines philosophischen Verlegers. Richard Meiner zum 8. April 1983 Herausgegeben von Manfred Meiner Hamburg Meiner p. 38–42.

  • Flasch K. (1984) Einleitung in Berthold von Moosburg Expositio I p. XIXXXVIII.

  • Führer M.L. (2014) « Dietrich of Freiberg and Berthold de Moosburg » dans Gersh 2014 p. 299–317.

  • Gersh S. (2001) « Berthold von Moosburg and the content and method of Platonic philosophy » dans J.A. Aertsen Andreas Speer (eds) Nach der Verurteilung von 1277. Philosophie und Theologie an der Universität Paris im letzten Viertel des 13. Jahrhunderts : Studien und Texte Berlin W. de Gruyter 2001 p. 493–503.

  • Gersh S. (éd.) (2014) Interpreting Proclus : From Antiquity to the Renaissance Cambridge Cambridge University Press 2014.

  • Grabmann M. (1910) « Der Neuplatonismus in der deutschen Hochscholastik » dans Philosophisches Jahrbuch 23 p. 53–54.

  • Husserl E. (1962) Die Krisis der europäischen Wissenschaften Den Haag Nijhoff.

  • Imbach R. (1978) « Le (néo-)platonisme medieval Proclus latin et l’ école dominicaine allemande » dans Revue de Théologie et de Philosophie 110 p. 427–448.

  • Imbach R. Méléard M.-H. (eds) (1986) Philosophes médiévaux Paris Union générale d’ éditions.

  • Klibansky R. (1929) « Ein Proklosfund und seine Bedeutung » in Sitzungsberichte der Heidelberger Akademie des Wissenschaften 5. Abhandlung Heidelberg C. Winters.

  • Klibansky R. (1939) The Continuity of the Platonic Tradition during the Middle Ages. Outlines of a Corpus Platonicum Medii Aevi London The Warburg Institute.

  • Kobusch Th. (2006) Christliche Philosophie. Die Entdeckung der Subjektivität Darmstadt Wissenschaftliche Buchgesellschaft.

  • Kühn W. 2017 Einführung in die Metaphysik : Platon und Aristoteles Hamburg Felix Meiner.

  • Libera A. de (1984) Introduction à mystique rhénane d’ Albert le Grand à maître Eckhart Paris O.E.I.L.

  • Massa E. (1983) « La deificazione nel Commento di Proclo di Bertoldo di Moosburg Elementatio theologica 129 » dans R. Lievens e.a. Pascua medieaevaliaStudies voor Prof. Dr. J.M. De Smet Leuven Leuven University Press 1983 p. 545–604.

  • Paschetto E. (1976) « L’ Elementatio theologica di Proclo e il commento di Bertoldo di Moosburgo » dans Filosofia p. 353–378.

  • Potestà G.L. (1984) « Per laboriosam investigationem ascendendo. L’edizione di Bertoldo di Moosburg » dans Rivista di Filosofia neoscolastica 76 p. 637–643.

  • Sannino A. (2000) « Berthold de Moosburg’s Hermetic sources » dans Journal of the Warburg and Courtauld Insitutes 63 p. 243–258.

  • Sturlese L. (1974) – see Bertoldo di Moosburg.

  • Sturlese L. (1984) « Idea di un Corpus Philosophorum Teutonicorum Medii Aevi » dans Studi medievali 25 (1984) p. 459–465.

  • Sturlese L. (2007) Homo divinus : Philosophische Projekte in Deutschland zwischen Meister Eckhart und Heinrich Seuse Stuttgart Kohlhammer.

  • Vignaux P. (2004) Philosophie au Moyen Âge R. Imbach (éd.) Paris Vrin.

If the inline PDF is not rendering correctly, you can download the PDF file here.

Table of Contents

Index Card

Metrics

Metrics

All Time Past Year Past 30 Days
Abstract Views 0 0 0
Full Text Views 21 21 6
PDF Downloads 15 15 6
EPUB Downloads 0 0 0

Related Content