Un cas de dérivation « pivot » en arabe

In: Arabica
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  • 1 Université d’Aix-Marseille et IREMAM (Aix-en-Provence)

Résumé

Maʿīn, transcrit en caractères latins Maïn, est une marque d’eau minérale de Tunisie. C’est peut-être un jeu de mots avec l’arabe dialectal mā ʿīn « eau de source » (cl. māʾ ʿayn). Mais c’est aussi une réminiscence coranique. Le mot maʿīn apparaît quatre fois dans le Coran, qualifiant deux fois l’eau, une fois implicitement et une fois explicitement, et deux fois, métaphoriquement, la boisson des élus au Paradis. Les sources arabes anciennes se demandent si maʿīn doit être lu comme un maf ʿūl, lié à la famille lexicale de ʿayn (« source », cf. le verbe ʿāna-yaʿīnu « arriver à une source ») ou un faʿīl, lié à la famille lexicale de maʿn (« couler », en parlant de l’eau). Cette discussion montre que maʿīn est le mot qui a permis le passage d’une famille lexicale à une autre. Il illustre les conditions formelles et sémantiques de ce type de dérivation, qu’on appellera « dérivation pivot ».

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    Arthur Jeffery, The Foreign Vocabulary of the Qurʾān, Baroda, Oriental Institute, 1938, p. 256. Jeffery voit également (p. 267) dans maʿīn un emprunt à l’hébreu maʿyān ou au syriaque meʿayno, ce qui paraît bien inutile. Merci à Philippe Cassuto pour ses lumières sur l’hébreu et l’araméen.

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