Les juristes malikites en Occident musulman entre soumission et révolte (IIe-IXe/VIIIe-XVe siècle)


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Dans cette étude, nous montrons que l’attitude des juristes malikites vis-à-vis du prince n’était pas unifiée, ce qui nous permet de classer ces juristes en trois catégories : les révoltés, les soumis et les réservés. Si les révoltés participèrent à des révoltes et se permirent même dans certains cas de tirer l’épée contre le prince, les soumis, que les sources qualifient de ʿulamā’ al-salāṭīn, cherchèrent à rendre divers services au prince et mirent l’accent sur l’obligation des sujets de lui être soumis. La troisième catégorie de juristes porta son attention sur les devoirs du prince et tenta de se faire les porte – parole du petit peuple et de la religion. Nous rattachons cette diversité d’attitudes à plusieurs données historiques, dont la position ambiguë de Mālik b. Anas vis-à-vis du prince.


In this study, I show that the attitudes of Mālikī jurists towards the ruler fall into three categories: rebellious, submissive, and reserved: Rebelious jurists participated in revolts and, in some cases, drew their swords against the ruler; submissive jurists – identified in the sources as ʿulamāʾ al-salāṭīn – performed favors for the ruler and emphasized the obligation of his subjects to submit to him; reserved jurists focused on the duties of the ruler and attempted to give voice to the common people and religion. I link these three positions to historical data, including the ambiguous position of Mālik b. Anas vis-à-vis the ruler. 


Les juristes malikites en Occident musulman entre soumission et révolte (IIe-IXe/VIIIe-XVe siècle)


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References

5

E. Lévi-ProvençalHistoire1: 165.

6

Hussein Mones“Le rôle des hommes de religion dans l’histoire de l’Espagne musulmane jusqu’à la fin du Califat”Studia IslamicaXX (1964) 47–88 56–60; H. R. Idris « Réflexions sur le malikisme sous les Umayyades d’Espagne » Atti del terzo Congresso di studi arabi e islamici Naples 1967 397–414 at 404 note 7a.

9

Cadi ʿIyāḍTartīb4:808; Amor b. Hamadi Al-fuqahā’ fī ʿaṣr al-Murābiṭīn Certificat d’ap­profondissement de la recherche Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis 1987 (texte dactylographié) 86 588–589 ; Halima Farhat « Le pouvoir » 57 ; Maribel Fierro « The qāḍī as ruler » dans Saber op. cit. 71–116 at 105.

14

Al-MālikīRiyāḍ2: 297. Ce ḥadīth n’est cité ni dans les Ṣaḥīḥ ni dans le Muwaṭṭaʾ de Mālik.

17

Cadi ʿIyāḍTartīb2: 493.

22

Bernard LewisLe langage156. Jean-Claude Garcin rattache cette évolution au Moyen – Orient islamique au déclin de l’influence du calife et au contrôle du pouvoir par les militaires (Espaces pouvoirs et idéologies de l’Egypte médiévale Variorum Reprints London 1987262–3).

26

Al-BurzulīJāmiʿ4: 21; al-Wansharīsī Miʿyār 10: 7.

28

Al-WansharīsīMiʿyār5: 35.

29

Al-WansharīsīMiʿyār2: 419–20.

30

Al-WansharīsīMiʿyār5: 254–5.

34

Al-BurzulīJāmiʿ4: 19; al-Wansharīsī Miʿyār 10: 5.

36

Al-WansharīsīMiʿyār7: 185–6. Ce genre d’emprunt concerne même les ḥubus de la mosquée al-Qarawīyīn à Fès (Mohamed Kably Société pouvoir et religion au Maroc à la fin du “Moyen- Age” (XIVe-XVe siècle) Paris Maisonneuve et Larose 1986 265).

37

Al-WansharīsīMiʿyār7: 305.

39

Al-WansharīsīMiʿyār6: 97–8. Voir un autre exemple de ce genre mentionné par Alexandre Poliak « Les révoltes populaires en Egypte mamelouke et leurs causes économiques » Revue des Etudes Islamiques (1934) VIII : 251–73 at 268.

40

Al-WansharīsīMiʿyār9: 83.

41

Al-WansharīsīMiʿyār6: 97–8. Voir aussi Mohamed Kably Société 266.

43

Al-BurzulīJāmiʿ1: 566–7; al-Wansharīsī Miʿyār 11: 132.

44

Al-BurzulīJāmiʿ1: 567; al-Wansha­­­rīsī Miʿyār 11: 132.

46

Al-DardīrSharḥ2: 1499.

50

Al-WansharīsīMiʿyār10: 408. Saḥnūn b. Saʿīd (m. 240/854) n’approuve pas cette opinion (ibid.).

60

Al-BurzulīJāmiʿ1: 130.

62

Al-WansharīsīMiʿyār2: 480. Une autre critique à l’encontre des juristes fut énoncée par ʿAbd al-ʿAzīz al-Tūnisī (m. à Aghmāt 486/1093). Il s’abstint d’enseigner le droit musulman quand il constata que son métier était devenu un moyen pour obtenir des biens temporels et accéder à des charges. Il dit à propos de ses disciples: «En les instruisant nous devenons comme celui qui vend des armes aux voleurs» (Al-Tādulī al-Tashawwuf ilā rijāl al-taṣawwuf éd. Ahmad al-Tawfiq Rabat 1404/1984 92). Voir aussi al-Burzulī (Jāmiʿ 1: 75) où Ibn ʿAbd al-Barr (m. 463/1071) rapporte d’après Rabīʿa b. ʿAbd al-Raḥmān ce qui suit: «Quelques-uns de ceux qui émettent des fatwā-s en ce temps méritent d’aller en prison plus que ne le mérite un voleur.»

63

Al-Mālikī Riyāḍ1: 489.

66

Ibn al-Athīral-Kāmil6: 329.

69

Cadi ʿIyāḍTartīb4: 663; Ibn Nājī Maʿālim al-īmān fī maʿrifat ahl al-Qayrawān éd. Ibrahim Chabbouh Tunis al-Maktaba al-ʿatīqa 1413/1993 1: 196. Voir ci-dessous note 93.

82

Al-WansharīsīMiʿyār5: 33.

83

Al-WansharīsīMiʿyār11: 132.

84

Al-WansharīsīMiʿyār11: 134.

86

Al-WansharīsīMiʿyār11: 133–4. Abū ʿAbd Allāh Muḥammad al-Saraqusṭī (m. 865/1461) refuse aussi ce genre de justification quand il a été interrogé sur la possibilité de changer l’objet des ḥubus. Au lieu de dépenser leurs revenus en faveur des pauvres et des lecteurs du Coran sur les tombes ils sont dépensés en faveur du fort de Sāliḥa (Zalia à Malaga en al-Andalus) (al-Wansharīsī Miʿyār 7: 139; Ana Maria Carballeira “Pauvreté et fondations pieuses dans la Grenade Nasride: aspects sociaux et juridiques” Arabica 2005 T. LII 3 391–416 at 406).

87

Al-BurzulīJāmiʿ4: 21–2. Cf. Muḥammad Ḥasan (al-Madīna 2: 724). En cas de révolte d’un prince contre un autre Mālik dit: “On n’intervient pas dans leur affaire on les laisse s’entretuer jusqu’à ce que Dieu se venge de l’oppresseur et de l’opprimé (le jour du jugement)”. Voir à ce propos d’autres détails ajoutés par al-Burzulī (Jāmiʿ 4: 19).

90

Mohamed KablySociété290 340; Mohamed Fatha al-Nawāzil al-fiqhiyya wa-l-mujtamaʿ: Abhāth fī tārīkh al-Gharb al-islāmī mina-l-qarn 6 ilā 9 H./ 12–15 mīlādī Rabat 1999 137–8.

92

M. H. Chérif“Hommes de religion et pouvoir dans la Tunisie de l’époque moderne”Annales Economies Sociétés Civilisations (Aout 1980) no. 3–4 580–597 at 582.

101

Al-WansharīsīMiʿyār2: 480–1. Pour sa part al-Ghazālī parle de deux étapes.

105

Al-WansharīsīMiʿyār11: 135.

106

Ibn KhaldūnMuqaddima336–7. En parlant des juristes de son époque cet auteur refuse de leur reconnaitre toute compétence spécifique des ahl al-ḥall wa-l-ʿaqd (ceux qui délient et lient) (op. cit. 139 149 ; voir aussi Ahmad ʿAbdessalem Dirāsāt fī muṣṭalaḥ al-siyāsa ʿinda-l-ʿArab Tunis 1985 2e éd. 131–5).

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