Entre mémoire lettrée et vécu institutionnel : La compilation de nawāzil dans le grand Touat (Algérie) aux XVIIIe et XIXe siècles

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Résumé

Zone de frontière et de passage entre le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest, l’archipel oasien du grand Touat dans l’extrême sud de l’Algérie se développe à l’époque moderne comme un des grands pôles de l’érudition musulmane dans l’espace sahélo-saharien. Son essor est lié aux activités savantes d’un collectif de lettrés autochtones, issus d’un réseau de zaouïas dont les contours s’esquissent aux XVIe et XVIIe siècles. Notre principale source pour sonder ces milieux d’ulémas ksouriens est une série de recueils de jurisprudence (nawāzil ; ajwiba) qui ont été colligés grosso modo entre 1750 et 1850. L’article se propose de restituer le processus de la genèse de ces corpus selon une double optique. D’un côté, la compilation jurisprudentielle contribue à forger une mémoire lettrée dont la transcription moyennant le recours à un genre littéraire canonique assure précisément aux maîtres oasiens une inscription dans le champ intellectuel plus vaste de la Tradition malikite. De l’autre, elle participe à la formation d’une mémoire institutionnelle de la justice islamique dans les oasis. C’est dire que la collecte des traces de l’agir juridico-normatif des ulémas locaux ainsi que la constitution consécutive de cet amas de traditions en un certain nombre d’ouvrages de référence relèvent autant de la fabrication d’une archive sous forme littéraire, que de l’élaboration de cadres analytiques indispensables à la mobilisation de cette documentation empirique dans les conjonctures litigieuses du présent.

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References

27

Cf. HUNWICK, John, Sharīʿa in Songhay the replies of al-Maghīlī to the questions of Askia al-Ḥājj Muhammad, Oxford, Oxford University Press, 1985.

52

LYDON, op. cit., p. 276 et p. 303.

53

Cf. OSSWALD, Schichtengesellschaft und islamisches Recht, op. cit., pp. 22-24.

72

Voir SĪDĪ ʿUMAR, op. cit., pp. 126-127 et DABBĀGH et alii, op. cit., pp. 7-8. Il va presque sans dire que la mise en place de ce conseil évoque un modèle citadin à consonance andalouse. Voir MARIN, Manuela, « Šūrà et al-Šūrà dans al-Andalus » in Studia Islamica, Paris, Maisonneuve et Larose, 1985, n° 62.

73

Cf. DABBĀGH et alii, op. cit., pp. 7-8.

74

SĪDĪ ʿUMAR, op. cit., p. 126.

89

BERQUE, L’intérieur du Maghreb, op. cit., p. 110.

91

Cf. REDFIELD, Robert, Peasant society and culture : an anthropological approach to civilization, Chicago, Chicago University Press, 1956, pp. 68-104.

102

Cf. BERQUE, Ulémas, fondateurs, insurgés du Maghreb, op. cit., p. 203, TOUATI, Entre Dieu et les hommes, op. cit., p. 68.

109

HALLAQ, art. cit., p. 32. David Powers a montré à propos du Miʿyār d’al-Wansharīsī tout l’intérêt de ce type de transcriptions pour des périodes pour lesquelles nous ne disposons plus d’archives. Voir POWERS, David, Law, society and culture in the Maghrib : 1300-1500, op. cit., pp. 23-52.

115

Cf. UDOVITCH, Abraham L., Partnership and profit in Medieval Islam, Princeton, Princeton University Press, 1970.

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