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Intellectual Captivity

Literary Theory, World Literature, and the Ethics of Interpretation

Chen Bar-Itzhak

Abstract

This essay concerns the unequal distribution of epistemic capital in the academic field of World Literature and calls for an epistemic shift: a broadening of our theoretical canon and the epistemologies through which we read and interpret world literature. First, this epistemic inequality is discussed through a sociological examination of the “world republic of literary theory,” addressing the limits of circulation of literary epistemologies. The current situation, it is argued, creates an “intellectual captivity,” the ethical and political implications of which are demonstrated through a close reading of the acts of reading world literature performed by scholars at the center of the field. A few possible solutions are then suggested, drawing on recent developments in anthropology, allowing for a redistribution of epistemic capital within the discipline of World Literature: awareness of positionality, reflexivity as method, promotion of marginal scholarship, and a focus on “points of interaction.”

Sergio Carro Martín

Abstract

The particular style of the Granadan notaries (muwaṯṯiqūn) incorporates atypical letters, graphs and symbols that give their documents a formal and original character that is more befitting of the works of the secretaries (kuttāb). The presence of these features in documents within an official and administrative environment (dīwān al-inšāʾ) yields the question of whether the training of Granadan notaries, in their function as scribes, was the same as that of the kuttāb. The aim of this article is to analyze the graphical peculiarities of Granadan notarial documents and to see to what extent these features are present in the chancellery documents or works commonly attributed to the kuttāb. This includes a review of the paleographic features of the notarial documents in contrast to the Maghribi script standards.

Jaafar Benelhaj Soulami

Résumé

Écrire l’histoire d’une dynastie, d’une institution, d’un phénomène ou d’une personne exige en premier lieu une consultation minutieuse des archives et l’étude de l’histoire des institutions qui produisaient systématiquement ces archives. L’histoire des chancelleries musulmanes du Moyen Âge, et surtout celle de la chancellerie de l’empire almohade, reste encore à faire, à refaire ou à compléter, malgré les précieux travaux effectués par Évariste Lévi-Provençal, Pascal Buresi et d’autres chercheurs, vu les publications consécutives et récentes du patrimoine almohade. Ces études se donnent exclusivement comme but l’étude de cette chancellerie qui gérait l’empire des Almohades à partir de l’an 541/1146, c’est-à-dire à partir de l’installation de cette chancellerie à la capitale de l’empire. Or, la fondation de cette chancellerie est beaucoup plus ancienne que l’empire. En effet, elle date des premiers jours de la déclaration de l’imamat du Mahdī Ibn Tūmart et de l’éclat de la révolution almohade en l’an 515/1121. Notre propos est de tracer l’histoire de cette chancellerie durant l’époque de la révolution almohade, c’est-à-dire durant son étape embryonnaire, afin de permettre aux chercheurs de pouvoir refaire minutieusement l’histoire de cette institution impériale médiévale depuis ses premières origines.

Mehdi Ghouirgate

Résumé

Les lettres de chancellerie almohade qui nous ont été transmises l’ont été pour une partie à travers des chroniques rédigées entre la seconde moitié du VI e/XII e siècle et la fin du VIII e/XIV e siècle. Or la recherche contemporaine n’a probablement qu’insuffisamment mis l’accent sur le fait qu’il existait de grandes différences entre les lettres citées dans les chroniques rédigées par des obligés des Almohades et les chroniques d’époque mérinide. En effet, les premières sont le plus souvent complètes et servent à scander le récit en constituant des chapitres entiers quand les sources d’époque ultérieure les citent avec parcimonie, quand toutefois elles les citent. Leurs statuts respectifs diffèrent : pour les sources pro-almohades le but poursuivi était de donner l’image d’un pouvoir toujours vainqueur en faisant usage pour mieux marquer les esprits d’un lexique partisan qui employait notamment du saǧʿ ; à cette fin, le pouvoir almohade mettait à contribution les intellectuels organiques du système, les ṭalaba, afin de lire en chaire, voire de traduire pour rendre intelligible ces lettres au plus grand nombre. En revanche, elles ne jouent dans les chroniques d’époque mérinide et nasride qu’un rôle subsidiaire, celui de document d’un passé à jamais révolu qui vient en appoint de la narration. À ce titre, elles étaient le plus souvent tronquées et ne pouvaient constituer des chapitres entiers.

Bruna Soravia

Résumé

À travers l’analyse de l’Iqtiḍāb fī šarḥ adab al-kuttāb (L’abrégé : commentaire de L’éducation des secrétaires) d’Ibn al-Sīd al-Baṭalyawsī (m. 521/1127) et de l’Iḥkām ṣanʿat al-kalām (La maîtrise de l’art de la prose) d’Ibn ʿAbd al-Ġafūr al-Kalāʿī (m. après 542/1148), cet essai se propose de montrer que le discours andalou autour de l’adab al-kātib a cherché à rénover la tradition de ce genre, par la conscience des enjeux liés aux différentes usages de l’écrit dans le temps, ainsi que par la critique des conventions et des prescriptions héritées des auteurs orientaux transmis en al-Andalus aux V e/XI e-VI e/XII e siècles.