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Edited by Carole Edwards

Les littératures francophones postcoloniales portent l’empreinte de la douleur, du compromis ou encore de l’oubli, notions qui transparaissent dans celle du sacrifice. Dans ce collectif, les auteurs se penchent sur différentes représentations et fonctions du sacrifice dans le roman, le théâtre, la nouvelle, et le film antillais, haïtien, africain et québécois. L’étude déploie la diversité, tant dans le ton que la forme, du sacrifice dans des régions géographiques diverses et selon des esthétiques variées. Qu’il s’agisse du sacrifice au sens propre ou de l’artifice, la notion demeure riche en interprétations et traduit le caractère unique des littératures francophones. Don de soi ou don de l’autre, l’étude du sacrifice nous permet de comprendre l’Histoire d’hommes et de femmes pris dans le tourbillon de leur culture respective face au « destin ».

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Colette Leinman

Cet ouvrage apporte un éclairage nouveau à l’histoire littéraire et artistique du surréalisme par un biais inédit : l’étude du catalogue d’expositions surréalistes (CES). Se penchant sur un genre interdisciplinaire jusque-là peu étudié, le catalogue d’exposition, il en retrace les fonctions définies par l’institution Royale du XVIIe siècle et son développement pour montrer comment les surréalistes subvertissent les formes traditionnelles liées à la description, l’explication et l’évaluation des œuvres exposées.
Après avoir recensé les catalogues surréalistes et décrit leur facture, le livre entreprend une analyse du discours singulier qui s’y déploie. Au-delà des différences individuelles, apparaît une logique scripturale commune. Les CES contribuent à l’élaboration de l’identité et de l’image collective du groupe d’avant-garde. Caractérisé par des discours de violence dont la dimension manifestaire produit un double mouvement de polarisation et d’exclusion, le CES gère l’hétérogénéité de l’ensemble de ses membres et disqualifie ses détracteurs.
Contre toute attente, les textes, au premier abord opaques et purement ludiques, s’emploient à présenter un métadiscours sur l’art dont le dispositif critique présente une rhétorique d’invention, de créativité qui n’englobe pas la dipositio rhétorique d’un raisonnement. S’attaquant tout particulièrement à la doxa, le CES, microcosme des écrits sur l’art, véhicule différentes stratégies discursives qui ciblent un public diversifié.
« S’emparant d’un objet et d’un questionnement qui retiennent de plus en plus les historiens de l’art et les spécialistes des écrits sur l’art, Colette Leinman nous livre la première synthèse sur le catalogue d’exposition surréaliste. » - Bernard Vouilloux

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Edited by Clotilde Thouret and Lise Wajeman

L’interprétation n’aurait-elle pas besoin des émotions ? Ce livre répond à cette question par une série d’études sur l’articulation entre l’expérience esthétique et l’activité herméneutique dans des œuvres des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Si le corps et l’interprétation ont longtemps été placés dans un rapport d’exclusion, une partie de la pensée philosophique et critique a récemment proposé de repenser une continuité entre la réception sensible et l’élaboration du sens. La période qui s’étend de la Renaissance aux Lumières nous aide à le faire, parce qu’avant l’autonomisation de la sphère esthétique, une œuvre ou une pratique esthétique ne sont jamais pensées hors de leurs effets sur leurs destinataires. Les études réunies dans ce volume invitent à repenser en profondeur l’expérience esthétique, qui se reformule plus exactement en relation esthétique : l’objet à interpréter n’est pas tant l’œuvre que la réaction, l’affection, du corps face à l’œuvre, ou la relation que le lecteur/spectateur établit avec l’œuvre. C’est en fonction de cette interprétation seconde que l’on pourra décider du sens – ou de l’un des sens possibles – de l’œuvre. On voit ainsi apparaître des manières différentes d’engager l’expérience sensible dans l’interprétation, ce qui nous importe à la fois comme pédagogues, dans nos pratiques de transmissions, comme chercheurs, pour comprendre comment opère l’élaboration du sens, mais aussi comme spectateurs, dans l’appréhension des œuvres d’art qui nous entourent.

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Edited by Jan Herman, Kris Peeters and Paul Pelckmans

‘D’autres rapporteront de Rome des tableaux, des marbres, des médailles, des productions d’histoire naturelle ; moi, j’en rapporterai des sentiments, des sensations et des idées’. Le Voyage d’Italie du Président Dupaty, qui parut à l’automne 1788, fut le dernier best-seller de l’Ancien Régime. Son succès se trouva inévitablement éclipsé assez vite par une actualité politique devenue très envahissante.
L’histoire littéraire a du coup quelque peu oublié que ce texte renouvelait, à la fin d’un siècle qui en avait publié beaucoup, la tradition des Voyage en Italie. Le Président De Brosses et ses émules s’étaient intéressés surtout à la collecte des antiques et à la critique d’art ; Dupaty s’inscrit à l’orée d’une génération dont le Grand Tour s’attarde inévitablement aux mêmes étapes mais se recentre désormais autour des émois des voyageurs eux-mêmes et de la résonance bien souvent pathétique des souvenirs historiques et des œuvres d’art rencontrés. L’Italie, qui se sera prêtée à toutes les projections, devient ainsi, dans quelques textes qui s’échelonnent autour du millésime 1800, une terre rêvée des âmes sensibles.

Les Mythologies individuelles

Récit de soi et photographie au 20e siècle

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Magali Nachtergael

La mythologie individuelle surgit au 20e siècle en même temps que le culte du moi. En hybridant récit de soi et photographie, l’individu moderne met en scène l’histoire de son identité. Le terme apparaît d’abord dans le monde de l’art lorsque Harald Szeemann désigne sous ce nom les œuvres de Christian Boltanski et Jean Le Gac. Mais les photo-récits autobio¬gra¬phiques ont marqué tout l’imaginaire du 20e siècle, de Nadja d’André Breton aux aventures de Sophie Calle, en passant par le consacré album de famille. Caractérisé par l’écriture fragmentaire, l’archive et sa dimension intime, ce dispositif narratif en images conduit à reconsidérer le rôle de Mythologies de Roland Barthes dans ce processus de construction de soi par l’image. Cet essai retrace la généalogie, l’invention et la diffusion d’une nouvelle façon de se raconter qui interroge directement la représentation de l’identité depuis l’apparition de la photographie.

Rétif de la Bretonne spectateur nocturne

Une esthétique de la pauvreté

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Philippe Barr

À la lumière d’une réflexion sur les motifs politiques à l’origine du sort réservé à l’œuvre de Rétif de la Bretonne par ses contemporains, cet essai propose de replacer l’écriture rétivienne au sein des stratégies de pouvoir qui, de Fontenelle à Marmontel, sont à l’œuvre dans le champ symbolique et culturel des Lumières. À partir d’une étude détaillée de la mise en scène de l’écriture qui ouvre Les Nuits de Paris, l’auteur démontre que Rétif convie son lecteur à une exploration esthétique de la pauvreté en s’inscrivant dans une tradition littéraire qui s’ouvre avec le Spectator d’Addison et Le Spectateur français de Marivaux. En dégageant l’horizon littéraire d’une œuvre qui s’écrit et qui relate avec minutie les étapes de sa genèse et en étudiant le positionnement dans le champ littéraire de son narrateur fictif, le Spectateur nocturne, l’essai dégage ainsi une véritable « posture littéraire » qui amorce la transition entre la figure emblématique du philosophe des Lumières et une conception déjà « moderne » de l’écrivain.

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Murielle Lucie Clément

L’œuvre d’Andreï Makine, depuis Au temps du fleuve Amour, Le Testament français et Le Crime d’Olga Arbélina jusqu’à Requiem pour l’Est, La Musique d’une vie et La Vie d’un homme inconnu, ne cesse de déployer une sensibilité historique et une fine connaissance des comportements humains, ceci souvent dans le contexte d’une thématique de l’exil et de la migrance. Ceci dit, et comme le démontre avec pertinence l’étude de Murielle Lucie Clément, la force de l’œuvre réside plus fondamentalement, comme celle de tout grand écrivain, dans la souplesse de l’expression et la valeur multifonctionnelle des tactiques scripturales. Cette étude examine ainsi de façon insistante et avec pénétration un des éléments d’une telle souplesse makinienne, les ekphraseis qui exploitent les riches ressources de la photo, de la musique et du film avec leurs différentes fonctions, souvent fusionnées, où c’est tantôt la dimension psychologique, tantôt celle de l’ontologie, que régissent et complexifient les fonctionalités plus strictement rhétoriques et structurales. On lira ainsi avec profit et plaisir le texte de Murielle Lucie Clément, texte qui, pour la première fois, permet d’aller beaucoup plus loin que les plutôt ordinaires équations autobiographiques ou culturelles.

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Edited by Sjef Houppermans, Manet van Montfrans and Annelies Schulte Nordholt

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Edited by Stéphane Spoiden

Ce volume réunit un ensemble d’études sur et autour de la médiologie de Régis Debray. Il présente l’avantage de comporter des essais explicatifs clairs et précis sur la théorie et la pratique médiologiques par des médiologues eux-mêmes (Régis Debray, Daniel Bougnoux et Louise Merzeau). L’ouvrage comprend également des analyses sur la réception de la médiologie, notamment aux Etats-Unis, ainsi qu’une série d’articles qui situent la médiologie dans le contexte plus large des disciplines dites connexes, notamment la sémiologie, l’anthropologie, les media studies et cultural studies d’inspiration anglo-américaine, la culture internet et le post-média. Cet ensemble d’études « médio-média » fait le point aussi bien sur le personnage de Régis Debray que sur le chantier médiologique qu’il a initié. Un ouvrage utile pour toute personne qui s’interesse à la question essentielle de la transmission culturelle.

Art et littérature

Le voyage entre texte et image

Edited by Jean-Loup Korzilius

Les voyages relatés dans le présent volume sont en effet fortement associés aux dimensions visuelle et scripturale en ce qu’ils se fondent sur, engendrent ou passent par l’écriture et/ou la figuration, que ce soit simultanément ou consécutivement : le voyage vers des contrées mystérieuses et déroutantes de Marco Polo, dans l’hypermonde, une campagne militaire…, le voyage formateur…, celui entrepris pour raisons pratiques ou intellectuelles…, pour s’adonner à une nostalgie improbable …, au rêve d’ une communauté idéale…, ou pour se confronter à l’étrangeté du lieu visité.
En considérant les échanges variés et serrés entre les deux modes d’expression, le rapport texte/image apparaît dans la perspective du voyage comme la métaphore de l’expérience même du voyage au sens profond du terme.
Cet aspect (trans)formateur du voyage est donc au cœur du présent recueil (…) Comme dans la vie de ces voyageurs, un réseau nouveau, invisible se crée sous l’effet du déplacement entre la lettre et la forme, entre ce qui était au départ inaccessible, ignoré ou impensable et le connu ou convenu…
Il ne reste plus qu’ à souhaiter qu’en voyageant d’un texte à l’autre, d’une illustration à l’autre, d’une ambiance historique et imaginaire à l’autre, le lecteur saisisse, lui aussi, l’occasion de circuler entre les diverses configurations du dialogue visuel/scriptural… (et) entre l’histoire, l’histoire de la littérature, de l’art, la littérature comparée et l’esthétique graphique.