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Edited by Michel H Kowalewicz

Auch wenn die Namensgebung erst zu Beginn des 20. Jahrhunderts in den USA erfolgte, reichen in Europa die ersten Ansätze der Ideengeschichte viel tiefer in die Vergangenheit zurück. Im Laufe der letzten knapp einhundert Jahre erlebte die ideengeschichtliche Forschung dabei ihre Höhen und Tiefen, wurde als interdisziplinäre Praxis mal mit Begeisterung, mal mit Reserve aufgenommen, ihre Begriffe immer wieder aufs Neue definiert und in manchen Sprachkontexten sogar durch neue ersetzt. Heutzutage – und neuerlich mit besonderer Überzeugung – wird verstärkt versucht zu bestimmen, was sie „eigentlich“ sein soll. Bevor man aber zu einer Übereinkunft kommen kann, was die Ideengeschichte sei und was sie in der Zukunft nicht sein soll, ist es nötig, die Vielfalt der Traditionen dieser immer wieder umgedachten Begriff anhand ausgewählter Beispiele in einer Zwischenbilanz zu würdigen.

La sociabilité des cœurs

Pour une anthropologie du roman sentimental

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Paul Pelckmans

Les Lumières amorcent brillamment la plupart de nos idéologies modernes. Elles se délectent en même temps d’une production romanesque devenue largement illisible puisque desservie par un pathétique aussi outrancier que stéréotypé. Ce pathétique envahit aussi le théâtre et imprègne d’abondantes correspondances. La verve critique des Philosophes fait ainsi bon ménage avec un esprit de sérieux sentimental, auquel même Voltaire, si doué pour saisir au premier coup d’œil le ridicule de tous engouements, sacrifie au long d’une vingtaine de tragédies. Réputées aujourd’hui injouables, elles auront été au cœur de sa popularité d’époque.
Il y a là une manière de scandale, ou du moins de paradoxe irritant. L’accès de mauvais goût le plus impardonnable de toute la littérature française (ce qui n’est pas peu dire) se trouve être le fait de ceux qui auront fondé aussi– par ailleurs ou du même mouvement, c’est selon – notre monde moderne. Il s’impose donc de chercher à comprendre, à défaut de pouvoir encore les partager, les délices de la sensibilité. Le présent recueil y tâche pour sa part en relisant ce corpus devenu indigeste devant l‘horizon des ‘mentalités’.

Nathalie Roelens

Tout le monde en conviendra : lire n'est pas une activité de tout repos. La vue y est certes sollicitée, et même d'emblée, mais c'est pour aussitôt s'éclipser. S'il était purement vu, le texte (dans son sens étendu d'objet de l'interprétation) ne serait pas encore lu. La lecture proprement dite aura lieu dès l'instant où je cesse de voir ce qui m'est donné à voir pour me faufiler au-delà. J'embrasse à présent une réalité tri-dimensionnelle, je deviens le texte et le texte m'épouse, je flaire et je ressens, j'hallucine et je jubile, bref : je lis. La lecture sera synesthésique ou ne sera pas. Mon voyeurisme n'est plus trivial mais absolu. Or ce don de voyance que je m'accorde pour pallier mon aveuglement du départ n'est pas sans risques : je ne suis à l'abri ni de la méprise ni de la foi aveugle. Et c'est là le côté ironique de toute lecture. On a beau s'investir dans l'oeuvre, tôt ou tard l'enchantement sera rompu. Je me vois en train de lire, donc je ne lis plus. Le texte me renvoie soudain à mes propres limites. Il n'empêche que cet ébranlement du sujet soit souvent déclencheur d'une expérience esthétique, expérience qui porte également un enseignement : la lecture aujourd'hui engage quiconque s'y adonne à être prêt à abdiquer à chaque instant ou, du moins, à respecter l'illisible et l'inappropriable.
L'aboutissement de ce travail ce confond avec son présupposé majeur : inutile de vouloir maintenir le clivage entre lecture textuelle et lecture tout court (d'une image, du monde, d'un corps désiré, etc.), ce sont leurs empiètements qui restituent à ce geste ancestral et sans doute universel son souffle et son ampleur. Des scènes de perception entravée, lacunaire ou défectueuse, glanées dans le patrimoine littéraire et plastique contemporain (Proust, Cocteau, Michaux, Calvino, Manganelli, De Chirico, Alechinsky, Fuentes, Biély, Nabokov, Gombrowicz et tant d'autres) et appréhendées comme autant de simulacres de l'expérience de lecture, nous ont permis de cerner l'activité lectorielle au plus proche des textes.