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Tout effacer

« La chose de Waterloo »

Une bataille en littérature

Series:

Edited by Damien Zanone

« La Chose de Waterloo » : l’expression inventée par Victor Hugo dit bien la difficulté qu’il y a à qualifier la bataille du 18 juin 1815. Qu’est-elle devenue au fur et à mesure de ses incessantes évocations depuis deux cents ans dans les textes les plus divers (livres d’histoire, Mémoires, roman, poésie, théâtre) ? L’ouvrage veut comprendre les ressorts de cette incantation prolongée qui, à force de narrer toujours les mêmes événements, en précise et en brouille tout à la fois le souvenir. La question est approchée à travers l’étude des représentations littéraires les plus célèbres de la bataille (Stendhal, Hugo), mais aussi de textes beaucoup plus rares.

Victor Hugo's expression « La Chose de Waterloo » emphasizes the two hundred year quandary of adequately describing the battle, held on June 18th 1815. What are the various ways in which a variety of texts (history books, memoirs, novels, poetry, plays) have tried to evoke this event? This book tries to understand the mechanisms of this phenomenon which, by telling the same events over and over, makes them more precise and less clear at the same time. The question is approached through the study of some of the most famous literary representations of the battle (Stendhal, Hugo), but also through less well-known texts.

Avec des contributions de/contributors:
Andrea Del Lungo, Philippe Dufour, Jean-Marc Hovasse, Jean-Marc Largeaud, Boris Lyon-Caen, Catherine Mariette, Claude Millet, Jacques Neefs, Michael Rosenfeld, Tiphaine Samoyault, Nathalie Saudo-Welby, Nicole Savy, Pierre Schoentjes, Catriona Seth, Alain Vaillant, Damien Zanone.

Evénement et roman

Une relation critique

Series:

Marc Courtieu

Le récit est généralement défini comme transformation d’un état en un autre, transformation dont l’élément déclenchant est un événement. Or les études narratologiques ont, avec constance, fait comme si cet « atome » narratif était inanalysable. L’objet de ce livre est d’interroger cet impensé, à travers l’exemple du roman.
Marc Courtieu s’attache d’abord à spécifier la place centrale de l’événement dans le grand roman du XIXe siècle, puis montre que la révolution opérée notamment par Flaubert et Melville se joue, aussi, sur la contestation d’une telle évidence. A travers différentes études, d’ordre général (sur le naturalisme, le roman d’aventures, le roman américain) ou plus monographique (Joyce, V. Woolf, H. Broch, Musil, N. Sarraute, jusqu’au cas si singulier des « fictions » de Beckett), l’auteur détaille alors la façon dont, autour de cette figure de l’ événement, les codes de l’écriture romanesque ont bougé au cours du XXe siècle, ouvrant la voie à de nouvelles recherches, qui conduisent à concevoir l’événement d’une façon radicalement différente : peut-être n’existe-t-il que du fait même d’être raconté. Plus précisément : ne serait-ce pas dans la relation dialectique qu’ils entretiennent l’un avec l’autre que le récit et l’événement se créent l’un l’autre, l’un par l’autre?

Samuel Beckett : trivial et spirituel

Le langage dans les pièces théâtrales, radiophoniques et télévisuelles

Series:

Arnaud Beaujeu

Quoi dire, mal dire, ouïr, mal entendre, en-deçà du langage, à l’écoute d’un manque, mèr(e) morte ou « souffle-esprit » ? Dans et hors de la langue, triviale ou spirituelle, aimée ou haïe, anglaise ou française, exil ou patrie... Le travail de Beckett, dans ses pièces théâtrales, télévisuelles et radiophoniques, est le travail d’un poète sur la matière des mots, dénudés de leurs sens par trop utilisés, travail musical et rythmique, d’une exigence qui dépasse la frontière des langues dans leur labilité. Le théâtre beckettien donne à écouter une présence (peut-être celle du « mot perdu »), la présence d’une absence qui n’en finirait plus…
Ainsi le néologisme de « spirivial » – qui provient (tout comme son dérivé, la « spirivialité ») de la jonction (ou bien encore du va-et-vient) entre le mot « trivial » et le mot « spirituel » – permet-il de désigner le passage ou bien encore l’anamorphose au cœur du processus de destruction-reconstruction, propre au langage beckettien. Il peut s’agir, par extension, du « lieu-non-lieu » de la Question ou du mystère qui palpite au centre d’un mouvement paradoxal-spiroïdal, involutif-évolutif, à la fois creuset et matrice de la « matière-idée ».

La Littérature face à elle-même

L’Écriture spéculaire de Samuel Beckett

Series:

Éric Wessler

Quelles fonctions l’homme occidental assigne-t-il à la littérature ? Quelle légitimité pour la littérature et la fiction dans notre monde ? Pour le découvrir, il fallait la radicalité de Samuel Beckett, dont l’œuvre constitue une mise à nu patiente et progressive des fondements de la littérature.
À travers l’étude de l’autoréférence, de l’autoréflexivité, et de tout ce qui fait de l’écriture de Beckett une écriture au miroir, La Littérature face à elle-même montre que l’auteur de Fin de partie remet à l’ordre du jour une question que déjà posaient Dante, Cervantès et les romantiques allemands, entre autres. La littérature n’a cessé de se mirer, de s’admirer, de se critiquer depuis qu’elle s’est constituée en système. Mais l’autonomie du champ littéraire est un leurre, et l’examen de l’œuvre beckettienne, pourtant si centrée sur elle-même, permet de définir ce qui est exprimé, ce qui est montré dans l’écriture spéculaire : si ce n’est pas le monde, c’est toutefois quelque chose de bien réel…

Series:

Carla Taban

Molloy est sans doute l’une des œuvres beckettiennes qui a suscité le plus d’interprétations variées et parfois même contradictoires. Modalités po(ï)étiques de configuration textuelle : le cas de « Molloy » de Samuel Beckett prend comme point de départ cet état de fait, l’interroge et propose que la texture du roman en est largement responsable. En tant qu’artefact langagier, Molloy exploite exemplairement les possibilités contextuelles de signification de la langue française, aussi bien linguistiquement que littérairement.
L’ouvrage procède à une série de micro-lectures qui réévaluent à fond la fonction textuelle de ce qu’on convient d’appeler les « jeux de mots » de Molloy. Il montre que les manières dont ces « jeux » sont inscrits dans leurs environnements restreints et étendus favorisent l’actualisation des significations multiples. Ces possibilités plurielles de signification sont poursuivies conséquemment non seulement à travers le Molloy français, mais aussi à travers les rapports que celui-ci entretient avec le Molloy anglais, d’une part, et avec des textes beckettiens et non-beckettiens pré- Molloy, d’autre part. Les « jeux de mots » du roman se découvrent ainsi être les pierres angulaires d’une complexe configuration architexturale.
L’étude de cas de Molloy que présente Modalités po(ï)étiques de configuration textuelle est potentiellement pertinente pour l’ensemble du corpus beckettien dans la mesure où la méthode intégrative d’analyse utilisée est susceptible de révéler de nouvelles données concernant la particularité de texturation de ce corpus, de même que des œuvres individuelles qui le composent.
L’ouvrage s’adresse aux lecteurs de Beckett, mais aussi à ceux qui s’intéressent à des questions touchant à la traduction, voire l’auto-traduction littéraire, à l’intertextualité et aux approches linguistiques de la littérature qui reposent sur la sémantique cognitive et interprétative.

« La bataille du soliloque »

Genèse de la poétique bilingue de Samuel Beckett (1929-1946)

Series:

Chiara Montini

Diane Lüscher-Morata

Après la guerre, une réorientation radicale intervient dans la prose de Samuel Beckett : ce changement a trait avant tout à la souffrance. Celle-ci va contaminer tous les aspects de l’expérience humaine. Beckett semble privilégier de plus en plus une histoire débordant les seuls cataclysmes du XXe siècle : l’histoire anonyme et silencieuse d’une humanité torturée depuis des temps immémoriaux et vouée à un sort incompréhensible. Cette lecture de l’œuvre beckettienne s’imprègne des études de Paul Ricœur sur l’identité et le souvenir et aborde la prose de Beckett comme une écriture de la mémoire. Ainsi Watt, dont la genèse est retracée au travers d’un examen des manuscrits, est considéré ici comme un paradigme dans l’écriture de la mémoire et de la souffrance. D’autre part, les ‘German Diaries’, écrits en 1936-7, témoignent de l’intérêt profond de Beckett pour la peinture. Cette étude se penche sur ses réflexions sur l’art et ses réactions face aux icônes religieuses dans le contexte de la souffrance. Les écrits de Ricœur permettent de mieux examiner la manière dont l’œuvre beckettienne se trouve de plus en plus au carrefour d’identités privées et plurielles. Au travers de ces études, la question de la disparition de l’individu, remplacée graduellement par une histoire de la souffrance collective, peut être réévaluée.

Sjef Houppermans

Samuel Beckett & Compagnie est l’histoire d’une quête infinie à la recherche de l’autre.
L’autre tel qu’il échoit dans les textes, surgit dans les figures théâtrales, se faufile parmi les ombres. Cette Compagnie sera mal vue et mal dite avant de s’évader « Cap au Pire ».
La Compagnie, c’est aussi Marcel Proust, Claude Simon, Robert Pinget, Christian Oster, Gilles Deleuze.

Edited by Matthijs Engelberts, Sjef Houppermans, Yann Mével and Michèle Touret

Postcolonialisme & autobiographie

Albert Memmi, Assia Djebar, Daniel Maximin

Edited by Alfred Hornung and Ernstpeter Ruhe

Les deux volumes de Postcolonialisme & Autobiographie sont consacrés à l'affinité qui unit la littérature postcoloniale et le genre de l'autobiographie. Les contributions de spécialistes originaires d'Afrique du Nord, d'Europe et des Etats-Unis se concentrent sur deux régions dans lesquelles l'interrelation entre le postcolonialisme et l'autobiographie est particulièrement marquante et fertile: le Maghreb et les Caraïbes anglophones et francophones. L'arrière-fond colonial stimule les auteurs et les amène à élaborer un programme d'émancipation en vue de constituer un sujet décolonisé grâce à l'écriture autobiographique. Tandis que le volume anglais traite des problèmes du genre autobiographique dans les Caraïbes anglophones, le volume français analyse les écrits autobiographiques du Maghreb, en particulier ceux d'Assia Djebar et d'Albert Memmi et ceux des Antilles francophones, surtout l'oeuvre de Daniel Maximin. Des critiques comme Mireille Calle-Gruber, Françoise Lionnet, Mireille Rosello, Ronnie Scharfman et d'autres révèlent les multiples couches des différentes cultures africaines et indiennes sur lesquelles les pouvoirs coloniaux européens et américains sont venus se greffer. Nomadisme, exil et hybridité déterminent l'existence des écrivains et des critiques. Les textes d'auteurs inédits permettent de se faire une idée de la grande variété et de la grande richesse de l'écriture autobiographique postcoloniale.