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Léna Gannagé

Also available as an e-book

Cet ouvrage est consacré à l’étude des relations qui se nouent entre les systèmes européens et les systèmes de tradition musulmane dans le domaine sensible du droit de la famille. Ces relations mettent à l’épreuve la théorie générale du droit international privé qui, construite en contemplation d’ordres juridiques unis par une communauté de droit, se révèle inadaptée au traitement des différences culturelles. Au moins dans le domaine du statut personnel, cette théorie n’est pas reçue dans les systèmes de tradition musulmane et, au sein même des systèmes européens, elle peine à atteindre ses objectifs dans les relations avec les ordres juridiques relevant de cultures différentes. Prenant acte des transformations récentes qui affectent la discipline, tant sur le terrain des méthodes que sur celui des valeurs, l’étude invite à dépasser l’impasse actuelle par la promotion d’un pluralisme des méthodes de réglementation adapté aux conflits de cultures.

Alfred Jarry

L’Expérimentation du singulier

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Karl Pollin

D’Alfred Jarry, on ne retient souvent de nos jours que le scandaleux Ubu Roi. Cela revient cependant à passer sous silence la singulière expérimentation, placée sous le signe de l’enfance, dans laquelle l’existence de l’écrivain s’est peu à peu abimée. Au creux de sa voix lézardée se devine un désir éperdu de mettre en mots les forces de déflagration propres à la vie, qui corrompent inéluctablement notre conscience individuée et que nos nobles philosophies s’efforcent en vain de compenser.
Si l’œuvre de Jarry est réputée ardue, c’est peut-être parce qu’elle tente, livre après livre, de verbaliser un phénomène de dépossession de soi sous l’emprise duquel la langue est contrainte de se désarticuler. Cette altération originelle de la psyché, difficilement communicable sur le marché des idées, résiste en effet à nos traditionnelles catégories de pensée. Expérimenter le singulier, pour le poète, équivaut dès lors à braver doublement le bon sens et le poids accablant des événements, quitte à abolir les distinctions courantes entre la science et la fiction, la littérature et la vie, ou encore le fantasme et la réalité.

André du Bouchet

Poésie, langue, événement

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Victor Martinez

L’œuvre du poète français André du Bouchet (Paris, 1924 – Truinas, 2001) constitue un apport inédit pour les recherches en linguistique et poétique contemporaine. L’attention au « dehors » qui caractérise une telle poésie ne débouche pas sur une poésie descriptive, objective ou référentielle, mais sur l’idée que le rapport à la réalité est invisible et global. Les herméneutiques phénoménologiques, rationnelles ou critiques (de Ricœur à Meschonnic ou Bollack) ne sont pas parvenues à décrire une œuvre qui placerait le sens non dans la langue, mais à côté d’elle. L’œuvre d’André du Bouchet, fondée non sur une poétique de la présence, mais de sa rupture, non sur une poétique du lieu, mais de son emportement, non sur une poétique du sens, mais de sa dissolution, parviendrait au résultat paradoxal de replacer la réalité au cœur du langage, y compris dans ses manifestations les plus violentes. Eminemment historique, cette poésie fonderait le langage comme événement, mais cet événement ne serait pas assignable en tant que fait positif: il serait un phénomène global à la fois sans signe, paradoxalement observable et ouvertement efficient.
L’œuvre d’André du Bouchet resitue des questions initialement poétiques au centre de ce qui constitue le projet global des sciences humaines: décrire, fonder, interpréter.

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Edited by Franc Schuerewegen

Chateaubriand aime les choses : leur aspect, présence, allure, texture. Sans doute pourrait-on parler d’un « parti pris des choses », à la Francis Ponge, poète qui, de ce point de vue, lui ressemble un peu. La critique chateaubrianesque, on le sait, a tendance à privilégier les « grands sujets » : la politique, l’Histoire. Elle a donc laissé dans l’ombre les galets de la plage de Dieppe, les arbres et les fleurs, les chemises du chevalier, les babouches de Constantinople, les lits, portes et serrures de la chambre de Waldmünchen, les brins d’herbe qui attirent l’attention du voyageur et du mémorialiste et qui sont aussi, pour l’écrivain, une véritable matière première. Car si la littérature a pour vocation de dire le réel avec les mots, il importe de choisir les mots justes. Trop de mots tuent le réel ; quand il n’y en a pas assez, l’écrivain est condamné au silence. De là vient une tension récurrente dans l’analyse, et aussi sans doute dans les textes : l’objet anodin, la « petite chose » peut très facilement se muer en son contraire ; elle devient alors allégorie ou symbole, elle exprime le Sens. S’intéresser à Chateaubriand « chosiste », c’est donc à la fois laisser aux choses leur insignifiance, et les faire signifier, mission délicate dont s’acquittent avec brio les contributeurs au présent volume.

Series:

Tomasz Swoboda

L’objectivation de l’organe de la vue est, peut-être, le trait dominant de ces histoires et, dans le même temps, une des idées les plus intéressantes de la modernité. Mais l’œil est ici non seulement vu et regardé : il est aussi voyant et regardant. Paradoxalement – et à la fois très logiquement – l’enfermement de l’œil dans l’objectif du discours signifie son ouverture sans précédent dans l’histoire de l’Occident. Ouverture comprise de deux manières : premièrement, chirurgicalement, avec un rasoir, par exemple ; deuxièmement, en perspective, en tant que con-templation obstinée de choses sur lesquelles l’œil ne s’arrêtait pas suffisamment pour qu’elles puissent prendre de l’impor¬tance.
Dans ce livre – à l’instar du récit fondateur de Georges Bataille, héros principal de ce livre – l’œil est observé, ouvert, réprimé, pressé, écrasé, révulsé, extirpé, introduit dans des lieux plus ou moins adaptés à ce but, enfin attribué à des objets et des êtres chez lesquels on ne l’attendrait jamais. Et tout cela pour le forcer à voir.

Series:

Edited by Sjef Houppermans, Nell de Hullu-van Doeselaar, Manet van Montfrans, Annelies Schulte Nordholt and Sabine van Wesemael

La sociabilité des cœurs

Pour une anthropologie du roman sentimental

Series:

Paul Pelckmans

Les Lumières amorcent brillamment la plupart de nos idéologies modernes. Elles se délectent en même temps d’une production romanesque devenue largement illisible puisque desservie par un pathétique aussi outrancier que stéréotypé. Ce pathétique envahit aussi le théâtre et imprègne d’abondantes correspondances. La verve critique des Philosophes fait ainsi bon ménage avec un esprit de sérieux sentimental, auquel même Voltaire, si doué pour saisir au premier coup d’œil le ridicule de tous engouements, sacrifie au long d’une vingtaine de tragédies. Réputées aujourd’hui injouables, elles auront été au cœur de sa popularité d’époque.
Il y a là une manière de scandale, ou du moins de paradoxe irritant. L’accès de mauvais goût le plus impardonnable de toute la littérature française (ce qui n’est pas peu dire) se trouve être le fait de ceux qui auront fondé aussi– par ailleurs ou du même mouvement, c’est selon – notre monde moderne. Il s’impose donc de chercher à comprendre, à défaut de pouvoir encore les partager, les délices de la sensibilité. Le présent recueil y tâche pour sa part en relisant ce corpus devenu indigeste devant l‘horizon des ‘mentalités’.

Series:

Edited by Efstratia Oktapoda

Mythes et érotismes propose une réflexion neuve sur l’Érotisme en rapprochant l’érotique et le mythe dans la production littéraire et culturelle de l’extrême contemporain. Par la diversité des thèmes et des écrivains analysés, la multitude des approches et des points de vue théoriques, méthodologiques et textuels proposés, l’ouvrage se veut une exploration profonde de la littérature érotique, une cartographie moderne des nouvelles tendances d’écriture, masculine et féminine, et des mariages des genres de l’extrême contemporain. Le mythe de l’érotisme constitue un outil de l’idéologie, des croyances de la société, un discours et un métadiscours. Par sa double approche épistémologique, du Mythe et de l’Érotisme, cette étude vise à renouveler les études féminines et les études de genre dans les littératures et les cultures françaises et francophones.

Paroles d’auteurs jeunesse

Autour du multiculturalisme et des minorités visibles en France

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Edited by Michèle Bacholle-Bošković

Paroles d’auteurs jeunesse – autour du multiculturalisme et des minorités visibles en France
donne la parole à treize auteurs et à un illustrateur de littérature jeunesse contemporaine. Nadira Aouadi, Louis Atangana, Hubert Ben Kemoun, Dounia Bouzar, Marc Cantin, Marie-Félicité Ebokéa, Gudule, Catherine Kalengula, Gisèle Pineau, Karim Ressouni-Demigneux, Leïla Sebbar, Tran Quoc Trung et Marcelino Truong se sont gracieusement prêtés à une réflexion autour du multiculturalisme, du multiethnique, de l’interculturalité.
Cet ouvrage part d’un simple constat : le manque de représentation des minorités visibles en littérature jeunesse dans les années 1970. Cette littérature s’inscrit dans un contexte historique et socio-politique ; or, un des traits caractéristiques de la France actuelle est sa multiculturalité, maintenant visible dans sa production pour la jeunesse. Chacun de ces auteurs, aux origines et parcours différents, aux voix et styles très divers, s’est penché sur la question d’appartenir à une « minorité visible » et sur sa propre contribution.
L’ouvrage de Michèle Bacholle-Bošković s’adresse aux professionnels du livre jeunesse, aux chercheurs en littérature jeunesse, en études francophones, études postcoloniales et études culturelles, mais aussi à un large public. Il offre une voie d’accès essentielle à des auteurs d’un genre en expansion, toujours renouvelé.

Paroles de salauds

Max Aue et cie

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Edited by Luc Rasson

La publication des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) a projeté sur l’avant-plan la figure inquiétante du « salaud » (ou du « monstre », ou du « bourreau ») prenant la parole. Cette figure n’est pas inédite. Au début des années cinquante, Robert Merle avait déjà octroyé le monopole narratif au monstre par excellence que fut Rudolf Höss, le commandant d’Auschwitz. Même un Jean-Paul Sartre, dans une nouvelle célèbre parue en 1939, avait fait parler l’infâme. D’autres écrivains, à diverses époques et issus d’aires linguistiques différentes, n’ont pas hésité à mettre en place des dispositifs énonciatifs comparables, tels Jorge-Luis Borges, Alberto Moravia, Edgar Hilsenrath, Harry Mulisch ou Roberto Bolaño, parmi d’autres. Le présent volume s’interroge sur les stratégies d’interprétation que le lecteur peut mettre en œuvre face à ces prises de paroles dérangeantes. Qu’est-ce que l’abjection et comment lutter contre elle?