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Jean-Jacques Rousseau écrivain polémique

Querelles, disputes et controverses au siècle des Lumières

Series:

Ourida Mostefai

Simultanément sujet et objet de multiples débats et controverses, Jean-Jacques Rousseau n’a jamais cessé de produire et de susciter des différends, qu’ils soient personnels ou philosophiques. Auteur proprement en conflit avec son siècle, le Citoyen de Genève intervient dans l’arène publique en prenant partie dans d’importants débats idéologiques: ces querelles qui ont structuré le champ littéraire et politique sont l’objet de ce livre. On y analyse le rôle et la force de la polémique dans les œuvres de Rousseau. Prenant Les Confessions à rebours, cette étude met au jour un autre Rousseau : non la victime passive et innocente d’une réception hostile, mais un acteur majeur de ces conflits, c’est-à-dire un écrivain polémique.

Jean-Jacques Rousseau écrivain polémique focuses on the ways in which Rousseau’s career was constructed in a constant engagement with the practice of polemics and refutation in the fields of politics, religion, and philosophy. Known throughout Europe for his highly controversial writings and for the intense polemics to which they gave rise in the realm of public opinion, Jean-Jacques Rousseau became in his lifetime the object of unprecedented public interest and scrutiny. The very public quarrels and controversies that accompanied the publication and reception of his works were instrumental in establishing a new role for the writer, making Rousseau an ideal case study for this major shift in the relationship between writers and a rapidly changing and newly dynamic public sphere.

Balzac et consorts

Scénographies familiales des conflits historiques dans le roman du XIXe siècle

Series:

Edited by Pascale Auraix-Jonchière

Balzac et consorts. Scénographies familiales des conflits historiques dans le roman du XIXe siècle présente un ensemble d’études qui mettent en évidence la façon dont le microcosme de la famille tel que le roman du XIXe siècle le met en scène reflète les principaux conflits historiques de l’époque.
Sous l’égide de Balzac, chez qui le roman fictionnalise exemplairement le rapport à l’Histoire, ces romans ne sont pas abordés comme une source documentaire mais bien comme le lieu d’une Histoire en actes dont les ondes de choc se propagent jusqu’au coeur de l’intime. Dans ce contexte, la notion de « scénographie » est centrale : elle désigne à la fois un dispositif narratif et une théâtralisation de ces conflits.

Contributions de : Fabienne Bercegol, Claudie Bernard, Céline Bricault, Suzel Esquier, Isabelle Hervouet-Farrar, François Kerlouégan, Mireille Labouret, Alex Lascar, Roland Le Huenen, Jean-Philippe Luis, Maria Makropoulou, Marion Mas, Thierry Poyet, Éléonore Reverzy, Anne Rouhette, Claude Schopp, Jean-Christophe Valtat.

Balzac et consorts. Scénographies familiales des conflits historiques dans le roman du XIXe siècle highlights the way in which family networks as depicted in the novels throughout the 19th century mirror the main historical conflicts of that period.
As in Balzac’s novels, whose fiction exemplarily translates the effects of historical events on the individuals, these narratives are not considered as a collection of documents but rather as a special way of staging History and its main consequences onto the very heart of intimate relationships. In this context, the notion of “scenography” is essential: it points both to a narrative device and to a dramatization of these conflicts.

Series:

Edited by Marc Hersant and Catherine Ramond

La représentation de la vie psychique dans les récits factuels et fictionnels de l’époque classique rassemble des études de spécialistes de l’histoire (au sens large, incluant les Mémoires ou l’autobiographie) et de la fiction narrative des XVIIe et XVIIIe siècles. Cet ouvrage traite une question théorique rarement appliquée à la première modernité : l’entrée dans l’intériorité des personnages, ce que Dorrit Cohn a appelé la « transparence intérieure », est-elle réservée à la seule fiction ? Permet-elle d’établir une ligne de partage claire entre récit factuel et récit de fiction à une époque où se multiplient des catégories mouvantes et hybrides telles les pseudo-mémoires, les romans-mémoires ou les nouvelles historiques ?

La sociabilité des cœurs

Pour une anthropologie du roman sentimental

Series:

Paul Pelckmans

Les Lumières amorcent brillamment la plupart de nos idéologies modernes. Elles se délectent en même temps d’une production romanesque devenue largement illisible puisque desservie par un pathétique aussi outrancier que stéréotypé. Ce pathétique envahit aussi le théâtre et imprègne d’abondantes correspondances. La verve critique des Philosophes fait ainsi bon ménage avec un esprit de sérieux sentimental, auquel même Voltaire, si doué pour saisir au premier coup d’œil le ridicule de tous engouements, sacrifie au long d’une vingtaine de tragédies. Réputées aujourd’hui injouables, elles auront été au cœur de sa popularité d’époque.
Il y a là une manière de scandale, ou du moins de paradoxe irritant. L’accès de mauvais goût le plus impardonnable de toute la littérature française (ce qui n’est pas peu dire) se trouve être le fait de ceux qui auront fondé aussi– par ailleurs ou du même mouvement, c’est selon – notre monde moderne. Il s’impose donc de chercher à comprendre, à défaut de pouvoir encore les partager, les délices de la sensibilité. Le présent recueil y tâche pour sa part en relisant ce corpus devenu indigeste devant l‘horizon des ‘mentalités’.

Series:

Edited by Frédérique Chevillot and Colette Trout Hall

Les femmes rebelles et/ou criminelles seraient-elles plus monstrueuses que leurs homologues masculins parce qu’elles transgressent la construction socio-sexuée d’une élusive « nature féminine »? La représentation de la rébellion et de la criminalité des femmes par les écrivaines d’expression française soulève la question de la représentation de la violence tout autant que celle de la violence de cette représentation, à travers le temps mais aussi à travers l’espace. Ce n’est que très récemment qu’écrire a commencé de ne plus être vécu par les femmes dans la violence de la transgression; qu’en devient-il dès lors que celles-ci écrivent pour revendiquer leur propre violence? N’y a-t-il pas là une rébellion scripturale et sociétale doublement subversive? « Une violence à soi » tel pourrait être le sous-titre de cet ouvrage qui, dans une perspective résolument féministe, s’adresse à un lectorat pluridisciplinaire. Son originalité tient en ce qu’il offre, par le biais de disciplines telles que l’histoire, la psychanalyse ou la linguistique, ainsi que sous l’angle de théories récentes sur la narratologie, le postcolonialisme, le traumatisme ou la glottophagie, une diversité d’approches sur un sujet d’actualité trop longtemps resté tabou.

Plagiat et créativité II

Douze enquêtes sur l’auteur et son double

Series:

Jean-Louis Cornille

Aujourd’hui plus que jamais en crise, la littérature en français ne semble disposer pour se perpétuer que d’un jeu subtil d’imitations, enfoui sous l’apparente diversité des textes. Chaque œuvre littéraire s’inscrit dans une chaîne, en reprenant certaines des œuvres qui la précèdent, tout en rêvant d’être un jour transmise à son tour aux générations futures. Ce faisant, elle réactualise des fragments de code déjà actualisés par d’autres textes qu’elle copie en partie tout en y laissant proliférer ses mutations, petites ou grandes : selon le taux d’importance de ces variations, on parlera de plagiat pur ou de vague influence. C’est ce qu’on pourrait appeler le principe de vie ou de survie d’une œuvre : il ne suffit pas à celle-ci d’être lue, il lui faut encore être récrite. Sans doute le taux d’intertextualité est plus fortement présent dans les œuvres du début, l’auteur s’efforçant ensuite de faire disparaître ces traces qui sentent la classe préparatoire, dans le but de se réapproprier son propre texte. Il en va de même pour le lecteur, qu’on invite ici à s’approprier les œuvres qu’il lit et à entrer ainsi à son tour dans le dialogue que mènent ces maîtres discrets qui ne se font entendre que lorsqu’on les appelle. C’est à cette fin que sont regroupés ici par paires des auteurs tant français que francophones : on suivra les démêlées scolaires d’un Rouaud, d’un Mabanckou ou d’un Chamoiseau avec Flaubert, Diderot ou Tournier, ou la fascination qu’éprouvaient à leurs débuts Le Clézio, Sartre ou Bataille pour Baudelaire (ou Rimbaud ou Proust ou Roussel), en espérant que de cette confrontation entre deux œuvres un troisième sens finisse par se dégager, aussi surprenant que s’il nous attendait au tournant.

Series:

Raymond Mahieu

De tous les espaces de la demeure que la fiction dite réaliste représente, l’escalier est sans doute le moins investi par l’écriture : sa présence dans le texte, qui donne parfois lieu à une description élaborée, se limite le plus souvent à une mention très discrète. Or, il se trouve que les degrés, conduisant d’un étage à un autre, peuvent mener conjointement d’un état à un autre, et, davantage, à la perception d’une mutation. Encouragée en cela par la solitude qui règne fréquemment dans ce lieu, ou, différemment, par les particularités, physiques ou psychologiques, des rencontres qui à l’occasion s’y produisent, la conscience est susceptible d’accéder ici à un mode original de cognition, qu’elle n’aurait pu élaborer ailleurs : acquisition peut-être imprévue d’un savoir nouveau, dans laquelle l’orientation du mouvement – vers le haut, vers le bas – intervient de façon prépondérante.
Relu dans cette perspective, le roman français du XIXe siècle, dont un important échantillonnage constitue le corpus de cet essai, en acquiert comme un surcroît d’intelligibilité. Les aventures de l’esprit dans l’escalier ne bouleversent pas notre appréhension de cette littérature du sujet triomphant, mais elles l’affinent sans doute. Elles permettent, aussi, de retrouver, dans les évolutions de cette thématique, le mouvement d’une histoire de la fiction romanesque, voire de l’Histoire elle-même.

Éloge de l’idiotie

Pour une nouvelle rhétorique chez Breton, Faulkner, Beckett et Cortázar

Series:

Marie Berne

Le terme idiotie est créé au début du 19e siècle pour remplacer celui d’ idiotisme qui désignait à la fois l’absence de culture et la stupidité au sens médical. Pourtant l’origine grecque introduit une nuance : idios signifie ce qui est spécial, propre ou original. De là, dire que l’idiot, de Dostoïevski notamment, appartient à la catégorie des mélancoliques, êtres exceptionnels et artistes selon Aristote dans le Problème XXX, encourage une nouvelle définition du terme.
Cet Éloge de l’idiotie observe pour la première fois de près le phénomène de l’idiotie romanesque en Occident à travers le 20e siècle. À la différence du 19e, le personnage idiot ne transmet pas seulement un thème mais bien une nouvelle façon de s’exprimer et d’écrire. Mettant en dialogue les termes idiotie et rhétorique, cette étude offre un examen méticuleux de quatre textes choisis et réunis de façon inédite: Nadja de Breton, Le Bruit et la Fureur de Faulkner, L’Innommable de Beckett et Marelle de Cortázar.
Nadja, Benjy, l’Innommable et la Maga manifestent une ignorance et une singularité qui font d’eux ces idiots persécutés du fait de leur perception « anormale » de la réalité. Tout s’inverse lorsque leurs propos étranges se mêlent à la langue originale de chacun des livres. Proche de l’écrivain, l’idiot est à son tour métaphore de la rhétorique à l’œuvre, la figure idéale pour remettre en question toute prétendue intelligence ou raison au profit de l’éloge d’une forme de naïveté, une bienheureuse éthique de l’idiotie.

Series:

Bruno Thibault

J.M.G. Le Clézio et la métaphore exotique propose une analyse détaillée et approfondie de l’œuvre de J.M.G. Le Clézio, prix Nobel de littérature 2008. La question de la « métaphore exotique » sert ici de fil conducteur et permet d’éclairer le corpus leclézien d’un triple point de vue textuel, anthropologique et psychanalytique. L’inscription problématique de l’espace et du voyage domine en effet toute la production littéraire de Le Clézio ; et cette inscription s’accompagne d’une certaine ambiguïté générique. D’une part l’analyse montre que l’écriture du voyage fonctionne chez Le Clézio, comme chez Segalen, comme une « écriture des limites », c’est-à-dire comme un déplacement du sujet et du sens. Mais d’autre part l’analyse montre que l’écriture du voyage dessine chez Le Clézio un rapport singulier et ambivalent à l’espace postmoderne, au désenchantement du monde et à la disparition des grands mythes fondateurs, interrogeant l’acte même de la création littéraire. A la fois humaniste et antidogmatique, l’œuvre de J.M.G. Le Clézio se situe ainsi de façon originale dans les marges des grands mouvements littéraires du XXe et du XXIe siècle, du Nouveau Roman des années 60 à la « littérature-monde » d’aujourd’hui.

L’écriture hospitalière

L’espace de la croyance dans les Trois Contes de Flaubert

Series:

Cécile Matthey

L’Ecriture hospitalière porte sur la pratique intertextuelle des Trois Contes de Flaubert. C’est en particulier La Légende de saint Julien l’Hospitalier qui autorise cette investigation : plus qu’aucune autre œuvre de Flaubert en effet, ce conte obéit à une logique citationnelle. Le conte sacrifie l’originalité diégétique au profit de la transmission d’un récit traditionnel, imitant ainsi la posture du croyant vis-à-vis du message hagiographique qu’il contribue à mettre en circulation. Incorporer le texte référentiel (ou une parole sacrée), c’est s’abandonner à l’envahissement d’une puissance dévastatrice qui modifie profondément les contours de l’espace hospitalier. Le travail intertextuel s’inspire ici largement de l’accueil que réserve Julien au Christ à la fin du conte : l’invité est perçu comme un hôte monstrueux, étranger et terrifiant, qui force l’hospitalité plus qu’il ne la sollicite. Les Trois Contes sont donc porteurs de ce dieu mais accusent par là-même l’impuissance divine à se déployer sui generis. Les trois clausules des contes rappellent à leur manière la légende de saint Christophe qui, chez Flaubert, devient hôte, dans le sens le plus ambigu du terme : en acceptant la charge de l’enfant, Christophe fait naître un dieu qui lui réserve à son tour un espace céleste.