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Claire-Lise Tondeur

L'oeuvre d'Annie Ernaux, des Armoires Vides au Journal du dehors, constitue un réseau à la fois psychologiquement, sociologiquement vaste et matériellement compact des rapports humains et des expériences féminines, et ceci sans aucune prétention généralisante, sans aucune vision platement esthétisante. Cette poétique de la relation, tiraillée entre des sentiments d'exil, de maladresse, de culpabilité même et le besoin de témoigner, d'agir, de (se) reposséder, s'insère d'ailleurs, et très consciemment, très lucidement, à l'intérieur d'une problématique de l'écriture: comment témoigner, comment dire, parler sans tomber dans le narcissique ou l'inauthentique ou, pire, le romanesque. L'étude de Claire-Lise Tondeur, aussi exemplaire dans son honnêteté et dans la scrupuleuse clarté de ses analyses que les textes d'Annie Ernaux elle-même, nous permet de voir à quel point le projet socio-éthique de celle-ci reste ainsi non seulement une mise en question du réel mais aussi une interrogation du rôle complexe de l'expression, écrite et orale, dans toute aspiration à cette plénitude, cette simplicité unificatrice, qui nous hante au coeur de nos sentiments d'absence, d'aliénation, de différence.

Le roman-photo

Actes du colloque de Calaceite (Fondation NOESIS). 21-28 août 1993

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Edited by Jan Baetens and Ana Gonzalez

Rassemblant les actes du colloque international sur le roman-photo qui s'est déroulé à la Fondation NOESIS en août 1993, le présent volume aborde pour la toute première fois les diverses facettes du genre longtemps négligé qu'est la narration photographique.
Les grands spécialistes européens et américains du roman-photo présentent ici une synthèse des connaissances actuelles tout en formulant de multiples pistes de recherche pour les années à venir. Leurs interventions s'organisent autour de cinq axes-clé: l'histoire du genre, le problème de son lectorat, ses rapports avec des pratiques analogues tels le reportage ou le livre illustré, les questions relatives à la spécificité controversée du roman-photo et, enfin, l'analyse détaillée de ses plus belles réussites, anciennes ou contemporaines. Une bibliographie très fouillée couronne l'ensemble.
Faisant alterner les voix des théoriciens et des critiques, des lecteurs et des praticiens, les actes de ce colloque constituent à la fois une somme et un laboratoire, un ouvrage de référence et un instrument de recherche.

Une genèse au ''féminin''

Étude de la pomme dans le noir de Clarice Lispector

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Mara Negrón-Marrero

La pomme dans le noir raconte l'histoire d'un homme auquel fut donné «le premier dimanche d'un homme». Cependant, le dernier dimanche de cette genèse n'est pas sans femme://; ce mot ne désigne pas exclusivement, ainsi que nous le montrerons tout au long de notre étude, une différence d'ordre physiologique, mais une façon de connaître et d'entrer en rapport avec le monde dénuée de tout savoir codé et soutenue par le corps. Clarice Lispector écrit une genèse du sentir [...] dans Crime et châtiment, l'action se concrétise et le lecteur sera témoin de l'assassinat de la vieille femme par Raskolnikov; le châtiment deviendra alors le moteur de l'écriture dans toutes les variations et nuances de Dostoïevski. Tandis que, dans La pomme dans le noir, nous n'assisterons pas au crime, et son contenu ne sera pas dévoilé avant que ne soit accomplie une genèse au féminin. Ce qui, au-delà de l'espace textuel, pose d'ailleurs la question du crime et de la tentative d'assassinat de la femme. Tout crime supposerait-il obscurément l'assassinat de la femme en nous? Cependant, que veut dire femme? que dit-on quand on dit femme? dit-on toujours ce que l'on veut dire par là? – Préface par Hélène Cixous, Point de vue de Zéro

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Lia van de Biezenbos

Omniprésente dans son oeuvre mais loin d'être glorieuse, la maternité se trouve au centre de l'univers littéraire de Marguerite Duras. Le désir de retourner dans le sein maternel et l'impossibilité d'y parvenir se confondent dans le jeu de l'écriture pour composer le refrain sans fin qu'est ce désir d'osmose.
Dans cette étude, l'auteur se propose d'aller au-delà du lien entre l'omniprésence du personnage maternel et la réalité biographique de Duras en soulignant le caractère fictionnel de l'oeuvre. Des analyses textuelles rhétoriques et narratologiques lui permettent de souligner les représentations de la maternité et de la féminité dans les textes de Duras et dans la théorie psychanalytique freudienne. La confrontation de ces deux discours résulte en un dialogue entre Duras et Freud où les deux locuteurs fictifs sont respectés, mais soumis à une analyse critique. La question qui s'impose est de savoir si l'oeuvre de Duras contribue à confirmer la différence sexuelle définie dans le contexte social et ancrée dans la relation avec la mère, comme le prétend la psychanalyse freudienne, ou si elle contribue justement à la remise en question de cette différence sociale.
L'écriture de Duras manie les clichés culturels et les mythes qui entourent la mère et la maternité. Ceci se manifeste sous des aspects d'une grande variété. Cette thèse montre le jeu des variations sur les fantasmes soi-disant universels, variations qui se dessinent dans les répétitions apparentes qui prennent à chaque fois une forme nouvelle. L'originalité de Duras est de prendre les mythes et les fantasmes à la lettre, et ce procédé les rend parfois grotesques. La forme littéraire paradoxale donnée à ces fantasmes renverse le rapport entre le littéral et le figuré. Sans être moralisateurs, ils mettent ainsi en lumière le caractère fantasmatique de l'idéologie qui ancre la féminité dans la maternité.
Même maintenant, dix ans après le décès de Marguerite Duras, son œuvre inspire toujours de nombreux lecteurs. L'année du dixième anniversaire de sa mort célèbre cette oeuvre qui continue à nous fasciner. Le présent livre vous offre le plaisir d'une lecture enrichissante des fantasmes entourant le personnage de la mère. A travers une lecture qui adopte la littéralité et qui s'ajuste aux méandres du texte durassien, l'auteur de ce livre veut contribuer à mieux comprendre les conflits et les désirs, les fantasmes et les images, qui entourent le rôle féminin par excellence qu'est la maternité.

George Sand lue à l'étranger

Récherches nouvelles 3. Actes du Colloque. George Sand hors de France. Amsterdam, juin 1994

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Edited by Suzan van Dijk

`George Sand hors de France': ainsi s'intitula le colloque que l'an dernier nous avions organisé en l'honneur de Françoise van Rossum-Guyon, fondatrice et présidente du Groupe de Recherches sur George Sand. Elle quittait alors l'Université d'Amsterdam pour retourner à Paris. Ce fut un moment tout indiqué pour réfléchir sur l'influence qu'a exercée aux Pays-Bas l'oeuvre de George Sand - romancière qui avait été si souvent sujet des cours et des publications de Françoise van Rossum-Guyon, et dont elle a certainement contribué - directement et indirectement - à augmenter le public actuel.
En présentant les actes de ce Colloque d'Amsterdam, nous les relions explicitement aux deux précédents recueils, rédigés par Françoise van Rossum-Guyon: Recherches nouvelles et Recherches nouvelles 2. Le second volume portait comme titre: George Sand: une oeuvre multiforme. Cette `multiformité', mise en évidence par les analyses des textes sandiens, sera suggérée d'une autre façon dans le présent recueil. En effet, par le biais de l'empirie l'histoire de la réception permet elle aussi d'éclairer la richesse de cette oeuvre. Dans la diversité de réactions que suscitaient hors de France les écrits de George Sand, nous nous attachons bien sûr particulièrement à celles provenant de ses contemporains néerlandais: à les inventorier et surtout à les faire comprendre. Ce faisant nous présentons les premiers résultats d'une recherche à laquelle se sont attelées plusieurs membres de notre Groupe.

Isabelle de Charrière (Belle de Zuylen)

De la correspondance au roman épistolaire

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Edited by Yvette Went-Daoust

L'oeuvre de Belle de Zuylen/Isabelle de Charrière fait une place importante à l'épistolaire: de la lettre authentique à la lettre de fiction.
Les collaborateurs à ce numéro du CRIN explorent ces deux champs privilégiés de la création d'une écrivaine, trop longtemps négligée de la critique littéraire. La première partie du recueil, la plus considérable, est largement consacrée à la correspondance privée, tandis que la deuxième s'oriente vers le roman. Les articles proposés font, entre autres, apparaître la permanence des idées, des sentiments, des goûts, du ton de l'auteur. Ainsi Mme de Charrière n'a perdu ni la curiosité intellectuelle, ni l'indépendance de l'esprit et du comportement qui caractérisaient Belle de Zuylen.

Isabelle de Charrière

Une correspondance au seuil du monde moderne

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Paul Pelckmans

Ceci ne sont ni des querelles maritales ni des querelles d'amants. Comment font-elles pour être se vives? J'ai en ceci un air très ridicule, mais tout en le sentant très bien je vais mon chemin et dis ce que je pense... (8 novembre 1794)
Il y a dans mon détachement de vous de quoi faire un des plus beaux attachements qu'on voie... (19 mars 1796)
Souffrir fait trop de mal. Je semble dire une sotisse, mais non, car le mal que fait la souffrance ne finit pas avec elle. Elle laisse un ébranlement, une irritabilité générale et un certain chagrin sur les dures conditions sous lesquelles nous sommes admis à vivre... (21 mai 1797)
Je n'ai jamais été de l'avis de M de Chaillet relativement aux animaux. Leur bonheur vaut bien la peine qu'on le désire et il est plus facile de l'obtenier que celui de l'homme, être si bizarre et si compliqué que souvent on lui fait beaucoup de mal en voulant lui faire du bien... (21 février 1799)
Lire et écrire change réellement l'existence de l'homme. A ne considéder même que les lettres et billets tels qu'une personne comme moi sans vocation publique les peut écrire et recevoir, quelle différence de ne communiquer que de vive voix avec les présents ou aussi par écrit avec les absents! Je laisse encore en doute si cette différence est plus en bien qu'en mal, mais toujours est-elle grande. Je suis quelquefois comme un port, un marché, où il arrive et d'où il part des idées... (26 avril 1800)
Soignez votre petit garçon, ma chère Isabelle, mais ne soyez pas si en peine de lui. La vie est-elle une si belle chose qu'il faille déplorer le sort de ceux qui en sortiraient lorsqu'à peine ils y sont entrés? ... (10 juillet 1804)

Itinéraires de l'écriture au féminin

Voyageuses du 19e siècle

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Bénédicte Monicat

Les écrits des voyageuses françaises et francophones du 19e siècle sont la matière d'un ouvrage qui offre le premier panorama géographique et bibliographique des récits de voyages de femmes du siècle dernier. A partir de cette riche tradition, Itinéraires de l'écriture au féminin élabore une réflexion théorique soulignant la complexité de textes qui posent de manière inévitable la question de la nature et du statut des écrits de femmes. Les récits de neuf voyageuses aux parcours divers permettent de comprendre plus précisément les caractères rhétoriques et substantiels de ces distinctions. Les questions que se posent les voyageuses sont à lire en relation au paradigme de la féminité omniprésent dans ces ouvrages. Pourquoi partir puisqu'on est femme? Comment partir quand on est femme? Pourquoi écrire? Comment écrire en femme le récit d'expériences hors normes, en particulier la découverte d'autres cultures et d'autres femmes? Comment se dire alors? Des itinéraires les plus conventionnels aux destinées les plus extraordinaires, les explorations textuelles des voyageuses montrent combien l'idéologie des différences sexuelles influe sur les récit d'expériences féminines, leur bien-fondé. Cette étude montre aussi combien ces femmes pensèrent leur condition, furent conscientes de frontières idéologiques qu'elles traversèrent dans l'acte d'écrire le voyage. Itinéraires de l'écriture au féminin: Voyageuses du 19e siècle intéressera les critiques et historiens de la littérature féminine, les spécialistes du 19e siècle, de même que les théoriciens des discours coloniaux et de la rhétorique des différences sexuelles.

Series:

Colette Trout Hall

Née en 1929 en Algérie, repatriée en France pendant la guerre d'indépendance, Marie Cardinal fait partie de la génération de femmes écrivains qui prennent le devant de la scène littéraire française dans les années soixante-dix.
L'oeuvre de Cardinal est une oeuvre personnelle mais aussi profondément politique. Elle dénonce les mécanismes qui oppriment les femmes et d'autres groupes. L'Algérie, la psychanalyse, les événements de mai 68 sont les trois expériences fondamentales sur lesquelles s'appuie son oeuvre.
C'est presque toujours la même histoire qui se répète, comme chez Marguerite Duras. L'écriture obsessionnelle fait naître peu à peu le sujet féminin dans une langue riche, débarrassée des scories du sexisme. De livre en livre, à travers les différentes narratrices, l'épopée féminine se constitue. Cette étude nous convie à l'exploration de ce continent féminin et universel.

La Parole aux Africaines

Ou l’Idée de pouvoir chez les romancières d’expression française de l’Afrique sub-saharienne

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Jean-Marie Volet

L'arrivée des romancières africaines sur la scène littéraire est récente mais importante dans la mesure où leurs œuvres proposent une vision du monde différente de celle suggérée par les auteurs masculins qui ont dominé l'univers romanesque africain jusqu'à ce jour. L'idée de pouvoir qui se dégage de la lecture des textes écrits par les romancières d'expression française de l'Afrique sub-saharienne est particulièrement intéressante à cet égard. Elle témoigne d'un élargissement du champ littéraire qui dépasse de beaucoup un simple renouvellement des thèmes abordés par les romanciers. Une analyse détaillée des romans publiés par Régina Yaou, Aminata Sow Fall, Marie NDiaye, Angèle Rawiri, Mariama Bâ, Delphine Zanga Tsogo, Werewere Liking, Ken Bugul, Calixthe Beyala et d'autres, montre que les romancières africaines n'accordent que peu d'intérêt à l'idée de pouvoir «Souverain-Loi» qui domine l'écriture de leurs confrères masculins. Au contraire, les auteurs femmes ont tendance à concentrer leur attention sur une vision du pouvoir issue des rapports de forces multiples qui se jouent entre les individus à tous les niveaux. Dès lors, l'idée d'un Pouvoir tout puissant est remplacée par un concept plus souple, plus fragmentaire et plus conforme à la place qu'occupe la femme africaine d'aujourd'hui, non seulement dans les affaires de la famille, mais aussi dans celles de la Nation.