Browse results

You are looking at 111 - 120 of 372 items for :

  • Status (Books): Published x
  • Primary Language: French x
Clear All

Series:

Edited by Alain-Philippe Durand

Encore plus peut-être qu’un Michel Houellebecq (que l’on voit rarement à la télévision), Frédéric Beigbeder est le symbole d’une nouvelle génération de romanciers qui agace l’intelligentsia. Ainsi, la constatation initiale qui se trouve à l’origine de ce volume est qu’à cause de sa personnalité et de ses activités multiples, Beigbeder existe uniquement pour ses innombrables fidèles à travers le monde qui se satisfont de la lecture de ses romans. Pour les autres dans leur grande majorité - les critiques, les universitaires, les intellectuels – il ne mérite aucune attention sérieuse, ses œuvres n’existent pas. Or, en ce qui nous concerne, l’équation n’est pas si simple. D’où les pages qui suivent. Ce premier volume entièrement consacré à Beigebder réunit donc des romanciers, des journalistes et des universitaires des deux côtés de l’Atlantique. Il contient également un entretien et une correspondance inédits de Beigbeder.

L’écriture hospitalière

L’espace de la croyance dans les Trois Contes de Flaubert

Series:

Cécile Matthey

L’Ecriture hospitalière porte sur la pratique intertextuelle des Trois Contes de Flaubert. C’est en particulier La Légende de saint Julien l’Hospitalier qui autorise cette investigation : plus qu’aucune autre œuvre de Flaubert en effet, ce conte obéit à une logique citationnelle. Le conte sacrifie l’originalité diégétique au profit de la transmission d’un récit traditionnel, imitant ainsi la posture du croyant vis-à-vis du message hagiographique qu’il contribue à mettre en circulation. Incorporer le texte référentiel (ou une parole sacrée), c’est s’abandonner à l’envahissement d’une puissance dévastatrice qui modifie profondément les contours de l’espace hospitalier. Le travail intertextuel s’inspire ici largement de l’accueil que réserve Julien au Christ à la fin du conte : l’invité est perçu comme un hôte monstrueux, étranger et terrifiant, qui force l’hospitalité plus qu’il ne la sollicite. Les Trois Contes sont donc porteurs de ce dieu mais accusent par là-même l’impuissance divine à se déployer sui generis. Les trois clausules des contes rappellent à leur manière la légende de saint Christophe qui, chez Flaubert, devient hôte, dans le sens le plus ambigu du terme : en acceptant la charge de l’enfant, Christophe fait naître un dieu qui lui réserve à son tour un espace céleste.

Series:

Paul Claes

Cette étude propose une interprétation inédite ainsi qu’un commentaire détaillé des Illuminations, texte qui défie depuis plus d’un siècle l’ingéniosité des spécialistes de Rimbaud. À l’encontre du parti pris des exégètes actuels qui préconisent une approche fragmentaire ou polyphonique, cette nouvelle lecture soutient que l’hermétisme rimbaldien se prête à une lecture systématique et univoque.
L’obscurité du recueil résulte d’un codage à la fois textuel et intertextuel. Les transformations textuelles se modèlent sur les tropes de la rhétorique classique (métaphores, métonymies, périphrases). Le décryptage des énigmes réservera bien des surprises aux lecteurs, en révélant, par exemple, que les « chalets de cristal et de bois qui se meuvent sur des rails et des poulies invisibles » ne sont autres que des nuages bicolores mus par le vent.
Loin d’être un jeu d’association surréaliste, l’hermétisme des Illuminations ne dérive pas du rejet mais du recyclage de la tradition littéraire. Aussi le commentaire signale-t-il toutes les formes d’intertextualité exploitées par le poète : lieux communs, citations, allusions et pastiches.
Cette étude qui n’esquive aucune difficulté du texte ne s’adresse pas seulement aux connaisseurs, mais saura captiver aussi les nombreux admirateurs d’une œuvre dont le poète n’est désormais plus le seul à avoir la clef.

Series:

Maarten van Buuren

A la recherche du temps perdu repose sur une théorie de l’imaginaire qui se rapproche de celle des phénoménologues: Husserl, Fink, Sartre. Mais tandis que ceux-ci partent à la recherche de l’essence des choses ( eidos) et restent dupes d’une vision essentialiste, Proust développe une théorie anti-essentialiste. Pour lui, l’imaginaire n’est pas l’instrument qui révèle l’essence inaltérable des choses ( Wesensschau), mais sert de médiation entre le monde extérieur et le monde intérieur. Proust ne cesse d’affirmer que l’imaginaire est un interface où prennent consistance les être aimés, les souvenirs lointains et l’oeuvre artistique dans une continuelle métamorphose qui plie le monde extérieur au jeu de nos désirs. Relisons donc A la recherche du temps perdu à la lumière de ce concept qui est indispensable pour comprendre Proust et comprendre nous-mêmes.

Olivier Rolin

Littérature, histoire, voyage

Series:

Edited by Luc Rasson and Bruno Tritsmans

L’œuvre d’Olivier Rolin n’a pas encore eu droit à l’attention critique qu’elle mérite, sans doute parce qu’elle occupe une place à part dans le paysage littéraire contemporain. Né en 1947, ancien maoïste, ancien journaliste, auteur depuis 1983 d’une œuvre exigeante composée de romans et de récits de voyage, Olivier Rolin a obtenu en 1994 le prix Fémina pour Port-Soudan, roman qui lui a valu la reconnaissance du grand public. Le succès récent de Tigre en papier (2002, prix France Culture) n’a fait que confirmer le talent du romancier.
Au sein d’une production romanesque marquée par le minimalisme et par l’écriture post-naturaliste, les textes de Rolin frappent par leur écriture riche, foisonnante, baroque, à la syntaxe tourmentée. Ces romans renâclent, en plus, à prendre acte d’un monde aseptisé, purgé de tout sens tragique, refoulant le rapport à l’Histoire : les textes roliniens sont un exercice d’anamnèse. C’est dans cette mesure-là qu’ils se proposent comme une réflexion sur l’Histoire et qu’ils exercent une fonction critique, car le présent y est toujours perçu de façon mélancolique comme le très pâle reflet d’un passé prestigieux.
Ce recueil réunit les contributions de quelques lecteurs qui partagent un même intérêt pour cette œuvre singulière dont ils essaient de cerner la spécificité. Dans un entretien inédit, Olivier Rolin retrace lui-même son parcours qui peut se lire comme un acte de foi dans le pouvoir de l’écrivain à retenir quelque chose du temps qui passe.

Perec, Modiano, Raczymow

La génération d’après et la Mémoire de la shoah

Series:

Annelies Schulte Nordholt

A partir des années ’70, on voit en France une résurgence de la mémoire juive de l’Occupation et de la Shoah, qui va de pair avec une extraordinaire floraison de romans et de récits. Une nouvelle génération d’écrivains prend la parole : c’est la « génération d’après », celle des enfants de survivants et des survivants-enfants. Jusqu’à ce jour, peu de critiques ont été sensibles à la puissante unité qui relie ces œuvres, malgré la diversité des styles employés. Le présent ouvrage se veut une étude d’ensemble de la « littérature de la génération d’après », en passant par une analyse comparative de trois œuvres : celles de Georges Perec, de Patrick Modiano et de Henri Raczymow. Comment parler ? Comment dire une expérience – celle de la Shoah - qu’on n’a pas, ou très peu vécue, et qui n’a été transmise que fort difficilement, comme absence ou comme disparition ? C’est pourtant cette « mémoire absente » qui est au cœur même de ces trois œuvres. Elle s’exprime à travers une poétique proche des recherches formelles d’Oulipo et du Nouveau Roman. Quelles sont les pratiques d’écriture adoptées par chacun des trois auteurs ? Et comment les transforment-ils dans le cours de leur œuvre ?

Plagiat et créativité

Treize enquêtes sur l’auteur et son autre

Series:

Jean-Louis Cornille

Qu’Arthur Rimbaud ait prélevé dans les Poésies d’Isidore Ducasse l’essentiel de sa fameuse lettre du Voyant, est-ce concevable ? Pourquoi Flaubert, dans l’un de ses Trois Contes, chercha-t-il à se mesurer au Julien de Stendhal ? Comment Céline peut-il successivement s’inscrire dans la filiation de Zola et du polar américain ? Enfin, imagine-t-on qu’un écrivain aussi contesté que Michel Houellebecq ait commencé par refaire scolairement du Camus ? Jusqu’à quelles profondeurs du texte nous faut-il descendre avant de voir se déployer les menus effets d’une intertextualité pourtant débordante ? Il n’est, pour s’en apercevoir, nul besoin de plonger dans les abysses de l’œuvre, tout se jouant à la surface, entre les lignes du texte. Une généalogie entière se reconstitue au moindre trait de plume. Que ce soit en hommage ou par rivalité, la littérature se reproduit par mimétisme et l’on trouve, logé au cœur de la création, des petits mécanismes de copiage infiniment efficaces qui assurent sa transmission. D’où la nécessité du plagiat, considéré ici non pas comme une action illicite, mais comme opération de transformation créatrice : l’impureté étant à la base des procédés de fabrication littéraire, tout écrivain, lorsqu’il capte un bout de code d’un autre, y ajoute aussitôt une plus-value qui n’appartient qu’à lui. Et si les auteurs ont systématiquement recours à des textes existants, qu’ils reprennent tout en les défaisant, c’est qu’il n’est pas d’autre voie pour entrer en littérature. Derrière chacun des auteurs que nous allons aborder ici, un autre se tient caché, prêt à se manifester cependant, pour autant que le lecteur veuille bien lui faire signe.

Prophètes, sorciers, rumeurs

La violence dans trois romans de Jules Barbey d’Aurevilly (1808-1889)

Series:

Hélène Celdran Johannessen

Prophètes, sorciers, rumeurs: La violence dans trois romans de Jules Barbey d’Aurevilly (1808 – 1889) étudie la représentation de la violence dans trois romans de Barbey d’Aurevilly. On a souvent dit de l’univers de Barbey qu’il est saturé de violence. Jusqu’ici, cependant, on n’avait jamais mis cette violence en rapport avec les discours comme la prophétie, la sorcellerie ou les rumeurs. On ne l’avait jamais lue non plus sous l’angle de la violence collective. C’est maintenant chose faite, dans une étude qui se consacre plus précisément aux rapports que ces discours violents entretiennent avec le phénomène du bouc émissaire.
Cette étude fait largement appel aux sciences humaines : à l’ethnographie des sorts de Jeanne Favret-Saada, mais aussi à la sociologie des rumeurs – et tout particulièrement aux travaux de Françoise Reumaux – et, bien sûr, aux travaux de René Girard sur la théorie mimétique.
Cette approche pluridisciplinaire ne prend cependant pas le pas sur la dimension littéraire des textes, qui est mise en valeur par de nombreuses analyses d’extraits et de personnages que la critique aurevillienne a peu commentés jusqu’ici.
Cette étude n’intéressera pas seulement les lecteurs de Barbey d’Aurevilly, mais aussi tous ceux qu’intéressent les sciences humaines et plus particulièrement leur application aux textes littéraires.

Series:

Edited by Sjef Houppermans, Nell de Hullu-van Doeselaar, Manet van Montfrans, Annelies Schulte Nordholt and Sabine van Wesemael

Proust tel qu’il a été relu et retravaillé par un certain nombre d’auteurs contemporains représentatifs de la littérature actuelle: Julien Gracq; Claude Simon; Nathalie Sarraute; Renaud Camus; Gérard Wacjman; Marguerite Yourcenar; Jacques Roubaud; Roland Barthes; Anne-Marie Garat; Jean Rouaud.

Series:

Edited by Annelies Schulte Nordholt

Raczymow, Wajsbrot, Lecadet, Wajcman, Orner, Aaron, Cormann, Modiano… Oler, Cohen, Perec, Federman, Kofman, Burko-Falcman, Meschonnic, Vargaftig, Goscinny… Qu’ont en commun ces deux ensembles d’auteurs juifs-français, qui diffèrent tant par le genre et le style de leurs œuvres ? Les premiers, nés après la Libération, enfants ou petits-enfants des survivants de la Shoah, n’étaient pas là, c’est pourquoi ils ne peuvent témoigner de ce qui pourtant a déterminé tout leur être. Les seconds, nés peu avant ou pendant l’Occupation, appartiennent à la minorité d’enfants qui survécurent miraculeusement aux persécutions, cachés dans des institutions ou chez des familles. Etaient-ils là, eux qui étaient généralement trop jeunes pour vivre consciemment ce qui leur arrivait ? Enfants de survivants ou survivants-enfants, leur expérience commune serait alors d’appartenir à l’après, de témoigner de l’après-Auschwitz, de la difficile transmission et élaboration de la Shoah, dans l’univers d’aujourd’hui. « Témoins absents » ou par procuration, ces auteurs sont à la fois le témoin de leurs aînés et, de plus en plus, témoins d’eux-mêmes, de leur propre expérience de l’après. Par des textes inédits des auteurs en question, des essais théoriques et des études critiques, le présent recueil espère mieux faire connaître la vaste et riche panoplie de leurs œuvres.