Dans Témoignage et littérature d’après Auschwitz, Fransiska Louwagie réunit des études critiques provenant de deux centres de gravité de la littérature de la Shoah et des camps nazis : les œuvres des témoins-survivants et celles des générations suivantes. Le livre explore les œuvres d’écrivains majeurs et parfois moins connus, comme celles de Robert Antelme, André Schwarz-Bart, Piotr Rawicz, Jorge Semprun et Imre Kertész d’une part, et celles de Georges Perec, Raymond Federman, Gérard Wajcman, Henri Raczymow et Michel Kichka, de l’autre. En consacrant à chaque auteur une étude critique approfondie, Fransiska Louwagie fait pleinement droit à l’individualité des œuvres, tout en dégageant des perspectives transversales sur les questions éthiques et esthétiques qui sous-tendent le témoignage et la littérature d’après Auschwitz.

In Témoignage et littérature d’après Auschwitz, Fransiska Louwagie brings together two key areas of Holocaust literature, offering a rich panorama of both testimony and second generation writing. The book explores the works of major and sometimes lesser known Jewish and non-Jewish writers such as Robert Antelme, André Schwarz-Bart, Piotr Rawicz, Jorge Semprun, Imre Kertész, Georges Perec, Raymond Federman, Gérard Wajcman, Henri Raczymow and Michel Kichka. The book devotes an in-depth critical study to each of these writers with a view to drawing out the individual specificity of their works, whilst also developing transversal insights into the ethical and aesthetic questions that underlie acts of witnessing and writing ‘after Auschwitz’.
La littérature francophone contemporaine porte un vif intérêt au déchiffrement de la guerre sous la paix, à l’histoire des conflits sanglants du XXe siècle et de leurs séquelles pour la vie civile. Elle dépasse la vue partielle de l’histoire nationale et rétablit le lien rompu avec celle de la période coloniale. Les protagonistes des textes de Maurice Attia, de Mathias Énard, de Jérôme Ferrari, de Laurent Gaudé, d’Alexis Jenni, de Laurent Mauvignier et de Wajdi Mouawad sont bien souvent des vétérans, des revenants qui tardent à vraiment ‘revenir’ de la guerre. La monographie cherche à explorer les modalités narratives qui permettent aux auteurs d’adresser les traumatismes et d’entamer le travail de mémoire.

Contemporary Francophone literature is acutely interested in peacetime attempts to make sense of war, in the history of the bloody conflicts of the twentieth century and their repercussions on civilian life. It goes beyond the partial view of national history and restores the broken link to the history of the colonial era. Many of the characters of Maurice Attia, Mathias Énard, Jérôme Ferrari, Laurent Gaudé, Alexis Jenni, Laurent Mauvignier and Wajdi Mouawad are veterans, returnees who have trouble really ‘returning’ from war. This monograph aims to explore the narrative methods that allow the authors to address traumas and begin the work of memory.
An Ethnography of the Past
In Histories of Independence in Côte d’Ivoire: an Ethnography of the Past, Konstanze N’Guessan deals with memory work in Côte d’Ivoire and bridges an ethnographic approach with the insights of newer theoretical approaches in historiography. Adopting a long-term perspective from the late 1950s to the present, she attempts to disentangle the condensation of meanings of the lieu de mémoire “Ivorian independence” and explores how different practices of recalling the past complement and/or contradict each other. Histories of independence in Côte d’Ivoire looks at national-day celebrations, academic historiography, oral tradition and memory politics in order to understand how (political) actors mobilize the past in order to produce pleasant presents and futures.
Literary Constructions of Inclusion, Exclusion, and Self-Definition (1756–1871)
Though the German Nation State was only founded in 1871, the German nation had been imagined long before it ever took political shape. Covering the period from the Seven Years’ War to the foundation of the German nation, Nationalism before the Nation State: Literary Constructions of Inclusion, Exclusion, and Self-Definition (1756–1871) explores how the nation was imagined by different groups, at different times, and in connection with other ideologies. Between them the eight chapters in this volume explore the connections between religion, nationalism and patriotism, and individual chapters show how marginalised voices such as women and Jews contributed to discourses on national identity. Finally, the chapters also consider the role of memory in constructing ideas of nationhood.

Contributors are: Johannes Birgfeld, Anita Bunyan, Dirk Göttsche, Caroline Mannweiler, Alex Marshall, Dagmar Paulus, Ellen Pilsworth, and Ernest Schonfield.
Okinawa, the only Japanese prefecture invaded by US forces in 1945, was forced to accommodate 146 “military comfort stations” from 1941–45. How did Okinawans view these intrusive spaces and their impact on regional society? Interviews, survivor testimonies, and archival documents show that the Japanese army manipulated comfort stations to isolate local communities, facilitate “spy hunts,” and foster a fear of rape by Americans that induced many Okinawans to choose death over survival. The politics of sex pursued by the US occupation (1945–72) perpetuated that fear of rape into the postwar era. This study of war, sexual violence, and postcolonial memory sees the comfort stations as discursive spaces of remembrance where differing war experiences can be articulated, exchanged, and mutually reassessed.

Winner of the 2017 Best Publication Award of the Year by the Okinawa Times.
Depuis plus de dix ans, les romans de Mathias Énard connaissent un succès qui ne se dément pas. La Perfection du tir en 2003, mais aussi Zone en 2008, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants en 2010 et Rue des voleurs en 2012 ont remporté des prix littéraires de grand renom. Enfin, le jury du prix Goncourt a opté en 2015 avec Boussole pour un roman dans lequel « l’imagination » romanesque a pour support une époustouflante érudition portant sur l’Orient. Ce volume cherche à éclairer les modalités narratives qui permettent à l’auteur de transformer l’érudition en roman, mais aussi à situer son œuvre dans le contexte littéraire actuel.

Over the past ten years the novels of Mathias Énard have enjoyed both widespread critical acclaim and commercial success. In 2015 Énard was awarded the Prix Goncourt, France’s most prestigious literary prize, for Compass, a work which explores the fraught and often fruitful relationship between Europe and the Orient through the musings of an Austrian musicologist. Yet in spite of these successes, and Mathias Énard’s penchant for filling his novels with historical fact, little has been written about his work in academic circles. This volume seeks to fill that gap and shed light on the narrative modalities that allow the author to transform erudition into narration. It also seeks to situate his work in the current literary context, which is being shaped ever more by historical narratives.
Narrative Cultures and the Aesthetics of Religion presents the aesthetics of narrativity in religious contexts by approaching narrative acts as situated modes of engaging with reality, equally shaped by the immersive character of the stories told and the sensory qualities of their performances. Introducing narrative cultures as an integrative framework of analysis, the volume builds a bridge between classical content-based approaches to narrative sources and the aesthetic study of religions as constituted by sensory and mediated practices. Studying stories in conjunction with the role that performative acts of storytelling play in the cultivation of the senses, the contributors explore the efficacy of storytelling formats in narrative cultures from ancient times until today, in regions and cultures across the globe.

Résumé

L’article définit la nouvelle graphique Tout sera oublié Tout sera oublié de Mathias Énard et Pierre MarquèsMarquès, Pierre comme fiction métahistoriographique. Le livre représente une réflexion profonde sur le problème de la mémoire et de l’oubli d’évènements historiques violents. L’article analyse les différentes techniques de commémoration auxquels le livre fait appel : le monument classique, le mémorial, la mémoire individuelle, le témoignage oral, le texte littéraire et l’image. C’est aussi à travers le rapport souvent embrouillé entre texte et image que le problème de la représentation et de l’irreprésentable est abordé dans Tout sera oublié Tout sera oublié. Le livre peut être lu comme un commentaire métapoétique sur le rôle que peuvent jouer l’art et la littérature dans la création d’une mémoire collective.

In: Mathias Énard et l’érudition du roman

Résumé

L’article analyse la relation au romantisme établie par Mathias Énard dans Boussole Boussole (2015). Mettant en parallèle l’orientalisme des Romantiques avec l’expérience de deux jeunes orientalistes de notre présent, Sarah et Franz, le roman organise un jeu avec différentes couches de savoir. L’orientalisme romantique aurait cherché, par ses quêtes poétiques et philologiques, à se perdre dans les cultures orientales, dans « l’Autre », afin de rendre possible une transcendance immanente après le désenchantement du monde. Pris dans une mélancolie profonde face à un « monde oriental » qui s’effondre sous nos yeux, les protagonistes revivent l’expérience historique. Dans l’entre-les-temps s’établit ainsi une dynamique qui tourne la nostalgie en l’espoir de pouvoir réparer le lien européen au monde. L’article tente de montrer comment la politique du roman fait naître une nouvelle éthique de la relation.

In: Mathias Énard et l’érudition du roman
In: Mathias Énard et l’érudition du roman