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Albert Rijksbaron

Edited by Rutger J. Allan, Evert van Emde Boas and Luuk Huitink

Résumé

On étudie ici les emplois des propositions conditionnelles du type ἐάν + subjonctif, ainsi que ceux des propositions temporelles avec ἐπεάν + subj. On essaie de démontrer qu’ il y a une différence fondamentale, pour les subordonnées introduites par ἐάν, entre celles qui ont valeur de futur et celles qui ont valeur ‘générique’. Dans les propositions qui réfèrent au futur, ἐάν + subjonctif exprime qu’ il est fort possible que l’ état de choses en question se réalise. (Tandis que εἰ + indicatif futur ne présente aucune indication quant au degré de probabilité, et que εἰ + optatif indique que la réalisation de la condition est considérée comme simplement possible). Les propositions avec ἐπεάν + subj., par contre, s’ ils réfèrent au futur, expriment que la réalisation de l’ état de choses est pratiquement certaine.

Ces deux types se trouvent également dans des phrases génériques, c’ est-à-dire des phrases qui font partie des descriptions d’ habitudes. Comme il s’ agit dans ce cas-là de faits (présentés comme) réels, il est impossible de dire que ἐάν + subjonctif exprime que la réalisation de l’ état de choses est ‘fort possible’, ἐάν + subjonctif exprime plutôt que l’ état de choses n’ est pas réalisé en toute occasion possible, et donc seulement de temps à autre dans la situation en question, ἐπεάν + subj., par contre, présuppose la réalisation de l’ état de choses, ce qui veut dire que l’ état de choses est toujours réalisé dans la situation en question.

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Albert Rijksbaron

Edited by Rutger J. Allan, Evert van Emde Boas and Luuk Huitink

Résumé

Une analyse de λέγε et εἰπέ dans le Gorgias, le Philèbe et le Ménexène, trois textes de nature assez différente, mène à la conclusion suivante.

Dans le Gorgias et le Philèbe, λέγε s’ emploie de deux façons différentes, qui sont liées au caractère du texte où λέγε se trouve et au rôle joué par celui qui parle ; εἰπέ par contre s’ emploie de la même façon dans les deux dialogues.

Dans le Gorgias, un dialogue élenctique, λέγε est surtout dit par Socrate, qui l’ emploie pour obtenir de son interlocuteur ou bien une réponse à une seule question spécifique, avec une valeur ‘immédiative’ (‘tu n’ as qu’ à le dire’, ‘vas-y’), ou bien des réponses à une série de questions, avec une valeur itérative-protocolaire. Εἰπέ invite toujours l’ interlocuteur à établir un point spécifique ; il marque donc une démarche importante dans l’ interrogation (valeur d’ accomplissement).

Dans le Philèbe, en revanche, un dialogue qui pour la plus grande part est un raisonnement plutôt qu’ une réfutation, λέγε (27 exemples) est surtout employé par les interlocuteurs de Socrate, afin de lui permettre de poursuivre son raisonnement, ou bien avec une valeur ‘immédiative’ (‘tu n’ as qu’ à parler’) ou bien avec une valeur continuative, ou encore avec une combinaison de ces valeurs (‘tu n’ as qu’ à continuer’). Il n’ y a qu’ un seul cas de εἰπέ, qui est employé de la même façon que εἰπέ dans le Gorgias.

Dans le Ménexène, un texte qui n’ est pas un dialogue, l’ emploi de εἰπέ diffère nettement de son emploi dans un texte dialogué : εἰπέ a le sens idiomatique de ‘prononce une oraison funèbre’. Bien que λέγε y manque, il y a bien une opposition entre εἰπέ et les formes de λεγ- : εἰπέ dénote une oraison quelconque in abstracto, λεγ- dénote l’ exécution, la réalisation d’ une oraison concrète.

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Albert Rijksbaron

Edited by Rutger J. Allan, Evert van Emde Boas and Luuk Huitink

Résumé

Chez Hérodote, le pronom οὗτος, dans son emploi de déterminant dans un groupe nominal défini, se rencontre essentiellement dans les trois types de syntagme suivants :

  1. οὗτος ὁ Κροῖσος βαρβάρων πρῶτος τῶν ἡμεῖς ἴδμεν τοὺς μὲν κατεστρέψατο Ἑλλήνων… (1.6.2)

  2. οὗτος δὲ ὁ Γύγης πρῶτος βαρβάρων τῶν ἡμεῖς ἴδμεν ἐς Δελφοὺς ἀνέθηκε ἀναθήματα μετὰ Μἱδην τὸν Γορδἱεω… (1.14.2)

  3. οἱ δὲ Ἀλευάδαι οὗτοι ἦσαν Θεσσαλἱης βασιλέες. (7.62)

Dans cet article l’ auteur se propose de démontrer que cette variation n’ est pas arbitraire, mais qu’ elle exprime des différences sémantico-pragmatiques spécifiques. Ces différences portent sur la ‘saillance’ du (référent du) nom aussi bien que des informations données sur ce nom. Dans les trois types de syntagme, on a affaire à un Topique Repris. Dans le type (1), il s’ agit d’ un groupe nominal avec οὗτος prépositif, qui se trouve dans une phrase qui n’ est pas liée formellement au contexte (phrase asyndétique). Dans de tels cas, tant le Topique que le contenu de la phrase sont marqués comme saillants. Ces groupes nominaux avec οὗτος prépositif peuvent être considérés comme des expressions d’ ‘anaphore forte’. Souvent, le Topique et ses actions ont une importance primordiale pour l’ histoire. Dans le type (2) en revanche, qui contient un GN avec οὗτος prépositif (‘anaphore forte’) et δέ connectif, la situation est différente. Tandis que le Topique est marqué comme saillant, la particule δέ indique que les informations données sur ce Topique sont des informations additionnelles, et donc non saillantes. Dans (3) enfin, on trouve οὗτος postpositif (‘anaphore faible’) et δέ connectif. Dans ces cas, tant le Topique que le contenu de la phrase sont marqués comme non saillants.

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Albert Rijksbaron

Edited by Rutger J. Allan, Evert van Emde Boas and Luuk Huitink

Abstract

This chapter presents a full-scale inquiry of the fine-grained semantic differences between Homeric expressions for ‘sorrow’ and related concepts, viz. ἄλγος, ἄχος, κακόν, κῆδος, ὀϊζύς, πένθος, πῆμα and πόνος. It closely considers the syntactic behaviour of these words (especially the kinds of verbs with which they occur as subject or object), as well as their occurrence in the singular and/or plural. The conclusions are presented in the form of a small Homeric ‘lexicon of sorrow’.

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Albert Rijksbaron

Edited by Rutger J. Allan, Evert van Emde Boas and Luuk Huitink

Abstract

This chapter presents a survey of the treatment of the Greek middle voice by both Greek and Latin grammarians. It shows that they on the whole treated the middle voice as a ‘rest’ category into which all forms that in one way or another do not conform to the patterns of active forms could be put. The mechanical approach of the grammarians is contrasted with philosophical discussions of the related notions of ‘agency’ and ‘patiency’ in Aristotle, Simplicius and Plotinus, which make a number of valuable observations.

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Albert Rijksbaron

Edited by Rutger J. Allan, Evert van Emde Boas and Luuk Huitink

Abstract

This chapter offers an overview of school commentaries on Xenophon’s Anabasis published in Germany, Great Britain, the United States and elsewhere, starting from Krüger’s 1830 edition (the first to present notes in the vernacular and not in Latin). It considers what can be learnt from them about the place of the Anabasis in school education in these various countries, and offers a number of reflections on what could/should be expected of school editions. After noting that there are very considerable differences between the commentaries under review in terms of, among other things, the density of coverage and the treatment of grammatical phenomena, it then looks in detail at how they interpret two problematic items in the first sentence of the Anabasis, viz. the genitives Δαρείου καὶ Παρυσάτιδος and present-tense γίγνονται. It concludes that there is a bewildering number of views on offer, and that much of the information and analysis provided is repetitive and unreliable.

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Albert Rijksbaron

Edited by Rutger J. Allan, Evert van Emde Boas and Luuk Huitink

Abstract

This chapter, which was originally published as Appendix III to Rijksbaron’s commentary on Plato’s Ion (2007), poses the question whether, at Ion 530d9, σχολὴν ἀκροάσασθαι (the reading of S and F, with aorist infinitive) or σχολὴν ἀκροᾶσθαι (the reading of T, with present infinitive) is the better reading. After a number of general observations on the dynamic infinitive and the manuscripts of Plato, an overview of all occurrences of ἀκροᾶσθαι and ἀκροάσασθαι in the Platonic corpus is given, from which it appears that the former, presenting the ‘listening’ as open-ended, often has an iterative meaning or denotes a general line of conduct (‘lend one’s ear’), whereas the latter presents the ‘listening’ as an action in its entirety, from beginning to end. It is next shown that σχολή, both in Plato and elsewhere, is more often followed by a present infinitive than by an aorist one, and that in the latter case it is always negated. It is concluded that, although most editors prefer the aorist, the present infinitive is the better reading in the Ion passage.