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Edited by Sjef Houppermans, Manet van Montfrans, Annelies Schulte Nordholt, Sabine van Wesemael and Nell de Hullu-van Doeselaar

Ce volume comporte un dossier sur la thématique de l’argent dans A la recherche du temps perdu. Chez Proust, l’argent est beaucoup plus que l’argent, il devient véhicule de passion, de pulsion, d’excès. Loin de se limiter à la dimension sociologique du roman, il joue un rôle à d’autres niveaux : esthétique, imaginaire mais surtout affectif, dans le motif récurrent du don. Dans une série de huit études, le dossier éclaire les diverses facettes de cet imaginaire de l’argent, qui s’infiltre dans les relations humaines ainsi que dans l’art.
Dans la section mélanges, on trouvera des études sur le Paris proustien, sur les objets et les arts décoratifs dans la Recherche et sur l’amitié de Proust avec Robert de Flers.

The greater part of this issue is devoted to the topic of money in the Recherche. In Proust’s work, money is so much more, it is the vehicle of passions, impulses and excess. Apart from its sociological references, money plays a role at other levels of the novel: the aesthetic, the imaginary and above all the affective dimension, with the recurrent motive of gift. With a series of eight studies, the present issue throws a light on this imaginary of money, which infuses human relations and art.
The Miscellanea section includes studies about Proust’s Paris, about art objects and decorative arts in the Recherche and on Proust’s friendship with Robert de Flers.

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Volume-editor Sjef Houppermans, Manet van Montfrans, Annelies Schulte Nordholt, Sabine van Wesemael and Nell de Hullu-van Doeselaar

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Volume-editor Sjef Houppermans, Manet van Montfrans, Annelies Schulte Nordholt, Sabine van Wesemael and Nell de Hullu-van Doeselaar

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Clément Paradis

Il y a chez Proust, comme dans l’espace social du xixe siècle, un théâtre du capital. Dans la Recherche, la mise en scène de la survivance de l’ancien régime prend place dans un riche réseau d’analogies théâtrales, au sein duquel les hôtels tiennent une place particulière. Des cérémonies silencieuses du Grand Hôtel aux révélations de la maison de passe de Jupien, le pouvoir mondain est célébré. En descendant dans les hôtels, le héros nous fait en réalité descendre au cœur même de la modernité économique : les prostitués y sont la « marchandise clé », ces sujets réifiés à l’origine de l’engendrement réciproque du marché et du désir. De manière inattendue, Proust décrit ainsi, dans l’envers de son roman de la psyché, un système économique complexe qui montre comment la mondanité assure sa domination par la promotion réciproque du pouvoir de l’argent, du sexe, de la jeunesse et de la beauté, dans un véritable marché du désir, dont notre article se propose d’exposer le fonctionnement 1.

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Cristian Micu

Contrairement à ce que son titre pourrait laisser croire, l’article que voici, plutôt que de relever d’une attaque frontale, se déploie telle une manœuvre d’encerclement entreprise à grands renforts intertextuels, allant de Verlaine à la Bible, et visant la prodigalité que la critique n’a point manqué de juger centrale à la question du capital proustien. Ladite manœuvre d’encerclement débouche, après une incursion – d’autant plus risquée qu’elle est brève – du côté du hau maori, sur une confrontation, à la lumière de l’archétype incarné par le comte de Crécy, des regards portés sur la question de la dépense pour autrui par Bourdieu et Bataille, respectivement.

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Volume-editor Sjef Houppermans, Manet van Montfrans, Annelies Schulte Nordholt, Sabine van Wesemael and Nell de Hullu-van Doeselaar

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Thomas Carrier-Lafleur and Guillaume Lavoie

À travers le parallélisme encore largement inexploré qui unit Citizen Kane (1941) d’Orson Welles et Ludwig (1972) de Luchino Visconti, le présent article vise à évaluer ce que certains films « proustiens » peuvent apporter à la compréhension du thème du capital dans l’œuvre du romancier, chez qui l’argent est d’abord représenté en tant que vecteur temporel où coexistent le transitoire et l’éternel. Dispositif qui enregistre mécaniquement le passé pour le redonner comme vivant lors du temps de la projection, forme d’art ayant toujours visé l’absolu à même l’instantanéité, le cinéma est un media particulièrement approprié pour mener cette réflexion où seront exposées les deux faces – éminemment complémentaires – de l’imaginaire proustien de l’argent.

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Yvonne Goga

La place qu’occupe l’argent dans le premier chapitre de la Recherche met en évidence la différence qui existe entre les deux Combray. Dans le Combray d’avant la madeleine, le monde est le reflet de la réalité régie par le capital financier, dans celui d’après la madeleine, ce même monde est métaphorisé, transformé par l’imaginaire, pour accéder à l’essence même du moi. L’argent, expression de la vie matérielle, révèle, par opposition, les vertus de l’art, seul domaine qui absorbe et exprime tous les aspects de la vie d’une manière plus véridique que le réel même.