Browse results

Series:

Volume-editor Sjef Houppermans, Manet van Montfrans, Annelies Schulte Nordholt, Sabine van Wesemael and Nell de Hullu-van Doeselaar

Series:

Volume-editor Sjef Houppermans, Manet van Montfrans, Annelies Schulte Nordholt, Sabine van Wesemael and Nell de Hullu-van Doeselaar

Series:

Clément Paradis

Il y a chez Proust, comme dans l’espace social du xixe siècle, un théâtre du capital. Dans la Recherche, la mise en scène de la survivance de l’ancien régime prend place dans un riche réseau d’analogies théâtrales, au sein duquel les hôtels tiennent une place particulière. Des cérémonies silencieuses du Grand Hôtel aux révélations de la maison de passe de Jupien, le pouvoir mondain est célébré. En descendant dans les hôtels, le héros nous fait en réalité descendre au cœur même de la modernité économique : les prostitués y sont la « marchandise clé », ces sujets réifiés à l’origine de l’engendrement réciproque du marché et du désir. De manière inattendue, Proust décrit ainsi, dans l’envers de son roman de la psyché, un système économique complexe qui montre comment la mondanité assure sa domination par la promotion réciproque du pouvoir de l’argent, du sexe, de la jeunesse et de la beauté, dans un véritable marché du désir, dont notre article se propose d’exposer le fonctionnement 1.

Series:

Cristian Micu

Contrairement à ce que son titre pourrait laisser croire, l’article que voici, plutôt que de relever d’une attaque frontale, se déploie telle une manœuvre d’encerclement entreprise à grands renforts intertextuels, allant de Verlaine à la Bible, et visant la prodigalité que la critique n’a point manqué de juger centrale à la question du capital proustien. Ladite manœuvre d’encerclement débouche, après une incursion – d’autant plus risquée qu’elle est brève – du côté du hau maori, sur une confrontation, à la lumière de l’archétype incarné par le comte de Crécy, des regards portés sur la question de la dépense pour autrui par Bourdieu et Bataille, respectivement.

Series:

Volume-editor Sjef Houppermans, Manet van Montfrans, Annelies Schulte Nordholt, Sabine van Wesemael and Nell de Hullu-van Doeselaar

Series:

Thomas Carrier-Lafleur and Guillaume Lavoie

À travers le parallélisme encore largement inexploré qui unit Citizen Kane (1941) d’Orson Welles et Ludwig (1972) de Luchino Visconti, le présent article vise à évaluer ce que certains films « proustiens » peuvent apporter à la compréhension du thème du capital dans l’œuvre du romancier, chez qui l’argent est d’abord représenté en tant que vecteur temporel où coexistent le transitoire et l’éternel. Dispositif qui enregistre mécaniquement le passé pour le redonner comme vivant lors du temps de la projection, forme d’art ayant toujours visé l’absolu à même l’instantanéité, le cinéma est un media particulièrement approprié pour mener cette réflexion où seront exposées les deux faces – éminemment complémentaires – de l’imaginaire proustien de l’argent.

Series:

Yvonne Goga

La place qu’occupe l’argent dans le premier chapitre de la Recherche met en évidence la différence qui existe entre les deux Combray. Dans le Combray d’avant la madeleine, le monde est le reflet de la réalité régie par le capital financier, dans celui d’après la madeleine, ce même monde est métaphorisé, transformé par l’imaginaire, pour accéder à l’essence même du moi. L’argent, expression de la vie matérielle, révèle, par opposition, les vertus de l’art, seul domaine qui absorbe et exprime tous les aspects de la vie d’une manière plus véridique que le réel même.

Series:

Luc Fraisse

La salade aux ananas et aux truffes, servie par la famille du héros au marquis de Norpois dans les Jeunes filles, pose au lecteur une énigme : parce que l’ambassadeur lui réserve un accueil indéchiffrable ; et parce que l’on ne sait si ce dessert luxueux doit être considéré comme prestigieux ou simplement ahurissant. Une enquête sociologique révèle que ce mets, très coûteux, existe. L’examen des brouillons montre que le romancier l’a composé petit à petit. Soumise à Norpois, la salade entre dans l’histoire de la vocation, car elle est un équivalent du morceau sur les clochers de Martinville.