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Séries:

Anne Salamon

Résumé

L’article s’attache à étudier le fonctionnement de la liste des Neuf Preux (Hector, Alexandre le Grand, Jules César, Josué, David, Judas Maccabée, Arthur, Charlemagne et Godefroy de Bouillon), qui émerge au XIVe siècle et constitue l’une des listes les plus célèbres de la fin du Moyen Age. Le succès immédiat et durable de la liste des Neuf Preux, dépassant largement le cadre de la littérature pour englober l’ensemble des arts figuratifs, est dû à sa structuration harmonieuse et symboliquement forte en trois triades de héros. Plutôt que de regarder la liste dans ses exemples les plus célèbres, la démarche se veut surplombante pour examiner les principes de constitution de la liste. En effet, la nature même de cette liste de noms propres implique certains mécanismes particuliers. Ensuite, il apparaît qu’elle est organisée selon deux critères : le premier est un critère de sélection, de nature sémantique, qui isole les personnages qui caractérisent le mieux la prouesse ; le second est distributionnel et organisationnel : il s’agit de la dimension numérique, inhérente au motif, le chiffre neuf venant clore la liste. Ces deux aspects seront étudiés successivement de manière à comprendre le fonctionnement et la structure de la liste des Neuf Preux pour parallèlement en éclairer les différentes incarnations littéraires. Constitué d’une liste close, qui comporte en elle-même sa propre ouverture, le motif des Neuf Preux génère un certain nombre de contraintes qu’il s’agira d’élucider pour faire apparaître sa richesse herméneutique.

Séries:

Madeleine Jeay

Résumé

Les listes d’auteurs associés aux genres lyriques que l’on rencontre à deux moments clé, du XIIe au début du XIVe siècle, à propos des troubadours, et à la période de la fin du XVe siècle et du début du XVIe siècle, des Rhétoriqueurs à la Pléiade, contribuent, dès le début de la poésie en langue vernaculaire, à la mise en place d’une histoire littéraire de la part des auteurs médiévaux eux-mêmes. Les listes de troubadours participent de la même approche de l’auteur que celle des vidas et razos des chansonniers des XIIIe et XIVe siècles, ces biographies et commentaires qui accompagnent les pièces lyriques et constituent un véritable discours sur la littérature. La liste d’auteurs est aussi abondamment exploitée au tournant des XVe-XVIe siècle, mais dans une optique différente : il s’agit maintenant de chercher à constituer un Parnasse français. Ces inventaires permettent de répertorier dès le milieu du XIIe siècle, des poètes qui vont servir de référence et constituer ainsi un canon d’auteurs faisant autorité, en parallèle avec des répertoires d’œuvres elles aussi canoniques. Enoncer le nom de ces figures prestigieuses suffit pour affirmer la puissance d’une poésie vernaculaire pleinement consciente de sa valeur.

Séries:

Paul J. Smith

Résumé

Le présent article se propose d’analyser L’Arche sur le Mont Ararat (1570), tableau de Simon De Myle. Pour sa peinture, De Myle utilise deux sources principales: les illustrations que Marcus Gheeraerts a faites pour le fablier flamand De warachtighe fabulen der dieren [Les véritables fables des animaux] (1567), écrit par Eduard De Dene et celles, d’un illustrateur anonyme, de deux volumes de la monumentale Historia animalium (1551 et 1555) de Conrad Gessner. Notre article cherche à identifier le grand nombre d’animaux représentés (plus de 50 espèces), leurs sources (les illustrations de Gheeraerts ou de Gessner), leur disposition sérielle dans le tableau, ainsi que le symbolisme que cette disposition leur confère.

Séries:

Konstantin Mierau

Résumé

L’article étudie la pensée sérielle dans une série de représentations textuelles de la ville de Madrid autour de 1600. A la base se trouve l’hypothèse que le développement effréné de la ville de Madrid vers la fin du XVIe siècle et l’essor contemporain d’une série de genres littéraires novateurs, tel le roman picaresque, ont engendré une réciprocité très fertile entre espace urbain et création littéraire. Une lecture contrastive des représentations littéraires dans Guzmán de Alfarache (1599), La desordenada codicia de los bienes ajenos (1619) et Buscón (1626) d’une part, et les décrets de la municipalité ainsi que les pétitions des agents de police de l’autre, éclaircit le déplacement de la pensée sérielle de l’espace urbain vers l’espace littéraire. Cette approche montre que l’organisation systématique de la ville et les listes de rues à patrouiller stratégiquement provoquent une antithèse littéraire qui se manifeste dans les descriptions des mouvements erratiques du pícaro. La lecture comparée de ces sources divergentes montre également que le topos littéraire des guildes de criminels, élaboré à l’aide de typologies et de séries de spécialismes criminels, joue également un rôle dans les perceptions des policiers et se révèle donc être une série opérative plus générale et non seulement, comme le veut entre autres Geremek, le produit d’une inversion littéraire spécifique.