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Tout effacer

La Poésie du lieu

Segalen, Thoreau, Guillevic, Ponge

Steven Winspur

On considère d’habitude l’exotisme de Victor Segalen comme une des tentatives les plus poussées de fonder l’écriture sur la découverte d’un autre monde, de même qu’on loue Walden d’Henry David Thoreau pour son évocation d’une vie simple et idéale qui serait à la portée de tout un chacun, à condition d’échapper aux règles et contraintes de toute communauté. D’un autre côté les poèmes descriptifs d’un Guillevic ou d’un Ponge semblent être ancrés définitivement dans une zone circonscrite de la vie quotidienne. Néanmoins, en examinant de près les écrits de ces auteurs on trouvera que l’opposition évidente de l’ailleurs à l’ici doit être reformulée et que la quête apparente d’un ailleurs chez les deux premiers aussi bien que son contraire chez les seconds – l’éloge d’une réalité bien connue – ne sont que les deux faces d’un seul et même projet: la tentative de recréer par le truchement de la poésie une nouvelle appréciation des lieux de la terre. Un lieu fait irruption chaque fois qu’un corps humain rencontre des corps environnants et il suscite chez le témoin d’une telle rencontre un sentiment extraordinaire de l’espace. Lire les quatre auteurs c’est apprendre à reconnaître ce sentiment, tout en appréciant l’espacement de sons, de lettres et d’appels que leurs textes nous proposent.

Edited by Paul Pelckmans and Jan Herman

Prévost journaliste se souvenait volontiers qu’il était aussi romancier. Les récits brefs qu’il multiplie dans ses périodiques se limitent quelquefois à un copieux paragraphe et amorcent ailleurs, au long de quelque cinq ou six numéros, de petits feuilletons. Dispersés au hasard d’une copie abondante et souvent pressée, ils paraissaient, dès la seconde moitié du XVIIIe siècle, assez remarquables pour faire l’objet de plusieurs éditions séparées: les premiers lecteurs ont dû y reconnaître comme un condensé du génie de Prévost romancier.
La critique prévostienne, pourtant, n’avait jamais vraiment fait un sort à cet ensemble disparate, dont le présent recueil propose une première prospection systématique. Les récits brefs de Prévost, du coup, se profilent, aux lisières du romanesque et du journalistique, comme un véritable laboratoire poétologique aménagé par un virtuose de la réécriture; ils consonent aussi bien avec ses préoccupations éclairées qu’avec ses angoisses les plus profondes, où bon nombre des études ici rassemblées engagent à découvrir certain envers obscur des Lumières.

Pascal Antonietti

Bruno Thibault

Ce volume contient le première étude consacrée à l’oeuvre complète de Danièle Sallenave. Les trois premiers chapitres examinent ‘l’éthique du roman’ définie par Sallenave contre le formalisme des années 50-60. Ils soulignent les apories de la temporalité dans les premiers romans de l’auteur et mettent en relief les traits qui y opposent temps existentiel et temps historique, temps masculin et temps féminin, temps messianique et temps médiatique. Le chapitre 4, intitulé “Féminisme et postféminisme”, examine la représentation de la féminité dans le corpus sallenavien. Ce chapitre montre d’abord comment l’émancipation proposée par le féminisme universaliste et la transgression rêvée par le féminisme différentialiste s’opposent point par point chez plusieurs personnages. Ce chapitre étudie ensuite l’alliance nécessaire de la critique sociale à la théorie psychanalytique pour bien définir la condition féminine dans Vie fantôme.chapitre discute enfin la violente polémique qui a opposé. Danièle Sallenave à Julia Kristeva et à Sylviane Agacinski à propos du débat sur la ‘parité’ à la fin des années 90. Le chapitre 5 étudie les journaux de voyage de Sallenave dans les pays de l’Est, puis en Palestine et en Inde. Ce chapitre montre d’une part les difficultés rencontrées par l’auteur pour aboutir à une représentation authentique du tiers-monde. Ce chapitre discute d’autre part l’importance de définir un nouvel humanisme à l’heure de la globalisation: un humanisme universaliste et engagé, basé sur les droits de l’homme et de la femme, bien distinct de l’eurocentrisme d’antan. Le chapitre 6 étudie la métaphore de ‘l’accélération de l’histoire dans Trois Minutes du diable. L’analyse détaillée de ce ‘roman polyphonique’ permet de définir une écriture du temps vivant adaptée au siècle nouveau.

Genèses du roman

Balzac et Sand

Edited by Lucienne Frappier-Mazur

Le présent ouvrage reprend en termes contemporains le dialogue littéraire entamé de leur vivant par Balzac et Sand et revient sur les notions d’origine et de genèse telles qu’elles se déploient chez ces deux auteurs. La discussion engage les champs romanesque, individuel, social et politique, rapprochant et parfois opposant deux écrivains d’une fécondité exceptionnelle, l’un catalogué comme réaliste, l’autre comme idéaliste, mais tous deux inséparables de leurs origines romantiques et de la coupure révolutionnaire. C’est ainsi que leur œuvre comporte une profonde réflexion sur le rapport de l’artiste à la tradition et à la nouveauté – à la production et à la reproduction, qu’il s’agisse de création artistique, de rapports de filiation ou de mutations politiques. En oeuvrant sur l’idée de genèse, le roman investit le corps féminin, la différence des sexes, le désir et la Loi.

Duras et Musil

Drôle de couple? Drôle d’inceste?

Alexandra Saemmer

La lecture de L’Homme sans qualités de Robert Musil aurait laissé une plaie douloureuse dans sa vie et dans son œuvre, affirme Marguerite Duras. À partir de cet été 1980 si décisif où elle rencontre Yann Andréa et où elle recommence, après un long silence, à écrire sur l’inceste latéral, cette plaie se déplace dans ses textes sans jamais se refermer. Drôle d’inceste avec un ‘homme sans qualités’ qui paraît étranger au monde durassien... Ravissement par la lettre, inceste salvateur, utopie d’une coïncidence de l’écriture et de la lecture, de l’écriture, la lecture et la vie, de Frère, Père, Mère et Sœur dans la chaude lumière d’une enfance éternelle... Dans la pièce de théâtre Agatha, frère et sœur deviennent amants par le biais de leur lecture ‘ravissante’ de l’Homme sans qualités. Ulrich et Agathe, chez Musil, lisent les Confessions extatiques de Martin Buber jusqu’à s’identifier aux textes mystiques. Les arrêts sur image passent pourtant, vers une nouvelle remise en mouvement ‘autopoïétique’ des choses et des mots. Différence et répétition alternent dans une expérimentation jouissive de l’état ‘entre-deux’.

Edited by Nathalie Morello

Cet ouvrage représente la première collection d’articles critiques en langue française sur des œuvres publiées en France par de nouvelles écrivaines au cours des années 90. Le regroupement de ces auteures dans ce volume – Christine Angot, Geneviève Brisac, Marie Darrieussecq, Agnès Desarthe, Virginie Despentes, Régine Detambel, Anne Françoise Garréta, Louise Lambrichs, Linda Lê, Hélène de Monferrand, Lorette Nobécourt, Amélie Nothomb, Lydie Salvayre, Yasmina Reza et Pascale Roze – permet de présenter un riche éventail de la création littéraire féminine actuelle.
Peut-on véritablement parler d’une nouvelle génération d’écrivaines, comme ont pu le suggérer certain-e-s ? C’est la question soulevée dans l’introduction, qui analyse dans un premier temps la relative inégalité qui frappe encore les écrivaines dans le monde des lettres, avant d’évaluer comment leurs oeuvres s’inscrivent dans l’histoire littéraire contemporaine et comment elles se situent par rapport aux écrits des femmes de la génération précédente.
Ce livre s’adressera à tous ceux et toutes celles, élèves, étudiant-e-s, enseignant-e-s, qui s’intéressent d’une part aux développements du roman contemporain, et d’autre part à la contribution des femmes à la culture française. Il pourra aussi servir d’ouvrage de référence pour des recherches plus approfondies sur une ou plusieurs des auteures figurant dans ce volume, et sera un outil très utile dans l’exercice de littérature comparée.

Apuleius Madaurensis Metamorphoses, Livre II

Texte, Introduction et Commentaire

Danielle van Mal-Maeder

Changements politiques et status des langues

Histoire et épistémologie 1780-1945

Edited by Marie-Christine Kok Escalle and Francine Melka

Dans quelle mesure les changements politiques ont-ils des effets sur la place qu’occupe une langue étrangère dans les pratiques sociales, culturelles et éducatives ? Le contexte socio-culturel dans lequel s’inscrit une langue étrangère est déterminant, tant en ce qui concerne la société cible que la société source. L’étude de l’influence de ces contextes respectifs sur l’image et les pratiques de cette langue forme le cadre de la problématique de ce recueil : “Changements politiques et statut des langues”.
L’usage de la langue comme pratique culturelle, la pédagogie de l’apprentissage qui apparaît dans les manuels de langue étrangère et la réflexion savante sur la langue et la didactique sont trois paramètres qui se retrouvent au fil des contributions présentées lors du colloque de la S.I.H.F.L.E.S. (Société Internationale pour l’Histoire du Français Langue Étrangère ou Seconde) qui s’est tenu à l’Université d’Utrecht en décembre 1999. Les effets du politique et des idéologies politiques sur le statut d’une langue étrangère et sur la perception de sa fonction sont étudiés dans cet ouvrage sur une large période allant du XVIIIe au XXe siècles et dans divers pays du Bassin méditerranéen et de l’Europe du Nord, mais aussi dans le contexte de la Francophonie.

Edited by Pierre Goffic

Le « présent » , terme équivoque : temps vécu (étroit comme l'instant ou large comme l'actualité) et/ou paradigme linguistique (en français)... Pointer l'ambiguïté ne suffit pas à l'exorciser ! Et en quoi ou comment le second renvoie-t-il à la réalité du premier ? J.M. Fournier retrace les efforts des grammairiens du XVIIIème siècle: de la conception d'un présent linguistique lié à l'instant d'énonciation (chez Arnauld et Lancelot), à celle d'un présent marquant l'actualité étendue (chez Girard ou Harris), et à celle d'un présent indéfini et neutre, renvoyant par défaut à l'actualité, chez Beauzée. S. Mellet revendique l'héritage de Beauzée, en proposant une vision aspectuelle du présent construisant sa propre actualité par auto-repérage.
De même A. Jaubert, qui propose un présent éternellement perçu comme advenant et transportant avec lui son repère. Aux exemples littéraires de l'une et de l'autre répondent les extraits du Monde Diplomatique dans lesquels H. Chuquet relève la valeur à la fois aoristique et commentative des présents. P. Le Goffic et F. Lab tournent le présent vers l'avenir: le présent « pro futuro » de « Demain, je suis à Bruxelles » n'est temporel qu'à travers sa valeur modale de constat anticipé d'une réalité programmée. Enfin O. Soutet cherche, à la lumière des concepts guillaumiens, la place d'un présent subjonctif dans le système français. Impossible de lier ou de délier absolument présent linguistique et présent vécu ... Ce recueil se veut un jalon sur la route, encore longue sans doute, d'une élucidation de leurs rapports.