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Tout effacer

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Catherine Volpilhac-Auger

De Madame Dacier au père Brumoy, l’histoire des traductions en français d’Aristophane s’écrit en pointillés. Des traductions incomplètes, parfois même remplacées par des résumés, un sentiment d’étrangeté voire d’irréductibilité, renforcé par l’influence supposée du dramaturge sur les affaires du temps (la condamnation de Socrate), palliée ou désignée mais non compensée par un appareil de notes : tout concourt à faire d’Aristophane un auteur que l’on peine à assimiler, et peut-être pour cela porteur d’un « génie » grec que l’on refuse de considérer comme un modèle ; la « grossièreté » d’Aristophane est un lieu commun qui aboutit au jugement définitif de Voltaire : « Aristophane, poète comique qui n’est ni poète ni comique » (Dictionnaire philosophique, 1764). Au XVIIIe siècle, comment rendre représentable ce qui est si constamment désigné comme étranger et obscène ? Telle est la contradiction interne de ces traductions.

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Ariane Ferry

La première traduction française des comédies de Plaute par l’abbé Michel de Marolles paraît en 1658 et elle constitue un moment intéressant dans l’histoire de la réception du comique latin en France. Certaines de ses pièces avaient certes été adaptées à la scène française auparavant, mais cette édition bilingue a la prétention de transmettre un savoir érudit sur ce corpus, grâce à un apparat critique développé, tout en touchant le lectorat mondain : pour ce faire, Marolles donne un air « galant » à la traduction et au commentaire critique. La conséquence la plus frappante, en termes d’herméneutique des textes, de cette nouvelle posture du traducteur et de l’éditeur « scientifique », est l’inscription des réflexions de Marolles, souvent intéressantes, sur la dramaturgie latine (usage de l’aparté, métathéâtralité…) dans les débats contemporains sur le théâtre, grâce au dialogue qu’il mène, dans les notes et remarques, avec La Mesnardiere ou d’Aubignac.

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Laurence Marie

L’article analyse la place prise par le spectacle au sein des traductions françaises, anglaises et allemandes de Plaute et de Térence parues au XVIIIe siècle. Après les traductions de la Française Mme Dacier (1688) et du Britannique Laurence Echard (1694), les deux dramaturges latins font l’objet d’un regain d’intérêt dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, au moment même où la comédie est prise comme modèle par les théoriciens favorables à un théâtre plus visuel. Au commentaire philologique centré sur la langue se substitue peu à peu un commentaire dramaturgique adoptant le point de vue de la réception. En creux, se dessine une réforme du théâtre qui revalorise la part accordée à la représentation et privilégie l’effet produit par rapport au respect des règles. La traduction n’apparaît pas seulement comme la caisse de résonance des débats théoriques en cours, mais aussi comme le lieu d’une expérimentation sur la théâtralité.

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Marie Saint Martin

La réception des textes antiques est largement conditionnée par l’usage de traductions qui en permettent l’accès à un public non spécialiste. La mise en relation de ces traductions avec les adaptations assumées – et alors même que la frontière entre ces deux modes d’inspiration est peu claire avant le XIXe siècle – souligne des points de résistance parfois inattendus à l’égard des textes originaux. Dans le cas de l’Électre de Sophocle, la comparaison entre quatre traductions, échelonnées sur une période de deux cents ans, met en évidence, à partir de la deuxième moitié du XVIIe siècle et jusqu’à la deuxième moitié du XVIIIe siècle, en France, une opposition grandissante au matricide, élément pourtant fondamental de l’intrigue grecque. Cela n’empêche pas les traducteurs et les dramaturges, après Dacier, de faire de cette pièce l’un des modèles de l’aristotélisme, et l’une des sources importantes pour la scène moderne.

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Edited by Véronique Lochert and Zoé Schweitzer

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Véronique Lochert and Zoé Schweitzer

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Pierre Letessier

Alors que les études les plus récentes indiquent que les comédies de Plaute sont structurées par le mètre, les éditions contemporaines de ce théâtre continuent à faire apparaître un découpage en actes et en scènes. Après avoir montré que ce découpage des comédies romaines constitue, depuis Donat, une impasse théorique et méthodologique, et que celle-ci prend une manifestation particulière dans l’édition des comédies de Plaute par Madame Dacier, on réfléchit au geste herméneutique que constitue cette mise en forme du texte dramatique. Car, quand elle applique et justifie cette division en actes et en scènes, Madame Dacier ne se contente pas de découper les pièces antiques, elle développe une argumentation cohérente qui vise à défendre le théâtre de Plaute en lui prêtant une forme et un fonctionnement dramaturgique classiques ; ce qui invite alors le lecteur, moderne et contemporain, à interpréter ce théâtre antique de façon classique.

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Florence de Caigny

En proposant une traduction de Térence assortie d’un riche apparat critique, l’abbé de Marolles offre à un vaste lectorat des espaces herméneutiques variés au service d’une double entreprise. Pédagogue, il contribue, par ses remarques et son exigence de fidélité au texte latin – fidélité non exempte de distorsions –, à éclairer son lecteur ainsi qu’à rendre ces pièces d’un autre temps compréhensibles et recevables pour un homme du XVIIe siècle. Mais ses commentaires dépassent ce premier objectif : en érudit, théoricien, critique ou homme d’Église, Marolles transforme ses notes en lieu de débat et de dialogue avec les lettrés de son temps. Révélant la spécificité et la richesse de l’œuvre latine tant du point de vue théâtral que stylistique, il réalise son ambition première : justifier la pleine et entière place de ces comédies profanes au sein de la République des Lettres.

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Florence d’Artois

González de Salas accompagne son commentaire de la Poétique d’Aristote (Nueva idea de la tragedia antigua, 1633) d’une traduction des Troyennes de Sénèque qu’il présente comme une tragédie modèle (« tragedia práctica ») destinée aux dramaturges contemporains. Au-delà des déclarations d’intention de l’auteur, l’introduction – qui rappelle la tradition des Praenotamenta – tout comme le système de scholies dont il dote le texte apparentent ses Troyanas à la tradition du commentaire humaniste. Après avoir resitué ce texte dans l’histoire des très rares traductions du théâtre antique au Siècle d’or, cet article s’interroge sur l’ambiguïté du projet de González de Salas qui met en relief la théâtralité du texte, mais s’inscrit dans une tradition herméneutique étrangère à la pratique théâtrale de ses contemporains.