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In: Bernard Vargaftig
Author: Enrico Nuzzo

Résumé

Cet article voudrait contribuer à une clarification conceptuelle, ainsi qu’à une mise en perspective historiographique, de la pensée sérielle, ceci afin d’étudier la sérialité historique et naturelle au XVIIIe siècle. Dans la première partie on avance la thèse que l’on peut repérer dans la culture occidentale deux formes de pensée sérielle essentielles et opposées: celle de la « sérialité forte » et celle de la « sérialité faible ». Il s’agit dans le premier cas d’un concept de série pour lequel le fondement métaphysique de la disposition ordonnée est essentiel, selon la logique d’une pensée véritative et normative. Une telle notion de série peut être repérée dans certaines expressions du néoplatonisme et du néopythagorisme de l’Antiquité tardive. Il s’agit pour le deuxième cas d’un concept de série pour lequel la succession ordonnée fait référence à un critère ordonnateur « faible », dans la mesure où il est basé sur des instances systématiques mais de type pragmatique, instrumental, ou fonctionnel, selon la logique descriptive d’une pensée « neutralisante ». Le paradigme d’une telle notion de série peut être rattaché aux caractéristiques essentielles de la pensée de la science moderne, intrinsèquement pensée « sérialisante », « homologuante », ou, dans une autre modalité, savoir paratactique de l’archive, du code. Si on analyse l’époque de la modernité dans la perspective de la pensée sérielle, on observe le passage d’une « pensée sérielle forte » à une puissante « pensée sérielle faible », bien que des traces significatives de la première perdurent dans la seconde.

In: La pensée sérielle, du Moyen Age aux Lumières
In: Bernard Vargaftig

Résumé

Nous nous proposons dans cette étude d’envisager le rapport entre pensée sérielle et pensée encyclopédique. Les éditeurs de l’Encyclopédie, Diderot et d’Alembert, considèrent que la pensée est nécessairement sérielle et se développe suivant un ordre naturel. Ils reformulent ainsi l’hypothèse empiriste d’un ordre naturel des idées qu’ils comparent à la méthode analytique dont procède l’invention et qu’ils distinguent de l’ordre généalogique de la connaissance, c’est-à-dire de l’ordre factuel suivi par les inventeurs dans leurs découvertes. Ainsi, l’ordre naturel des idées fera l’objet d’une véritable reconstitution dans l’Encyclopédie. Une telle reconstitution reposera sur l’hypothèse d’un accord entre l’ordre naturel et l’ordre généalogique des connaissances. La pensée sérielle sera finalement envisagée par les encyclopédistes dans une perspective généalogique et empiriste remettant en question l’ordre d’institution ainsi que l’ordre scientifique pré-encyclopédique. L’Encyclopédie rétablit un ordre naturel souvent occulté ou perdu et lui rend sa valeur épistémologique. La pensée encyclopédique se distinguera alors comme une pensée sérielle démultipliée : l’ordre naturel pourra s’y décliner dans une multitude de séries suivant un principe combinatoire et toute série y sera l’expression d’un point de vue.

In: La pensée sérielle, du Moyen Age aux Lumières
In: Bernard Vargaftig

Résumé

De vitiis quae opposita sunt virtutibus d’Evagre le Pontique († 399) se trouve au tout début d’une tradition de composition de séries parallèles d’entités morales positives et négatives précisément cataloguées. Ce phénomène n’est pas limité au Moyen Age : une analyse de certaines feuilles volantes de la Renaissance en Angleterre pourrait montrer que la période de la première modernité s’est inspirée des séries parallèles de la tradition morale médiévale. Le De vitiis présente une liste pratique de mauvaises pensées et de « vertus contraires » qui fonctionne comme une référence en nommant et en fournissant des données présentes dans le monde réel et en les cataloguant selon un principe qui leur est imposé de l’extérieur comme une série finie. Les séries de vertus contraires sont dépendantes de la série des péchés et chaque couple de vice et de vertu contraire peut être utilisé comme un guide pour comprendre la qualité précisément visée dans l’ensemble des significations possibles de ce à quoi elle s’oppose. Le recours aux sept péchés capitaux et aux vertus contraires se poursuit dans le catholicisme du début de l’époque moderne, et a aussi une place, modeste, dans plusieurs types de protestantisme, en aidant à définir une éthique sociale. Dans le dialogue ultérieur entre le bien et le mal que ces séries rendent possible dans l’éthique sociale du christianisme, il faut voir un héritage de la série parallèle lancée par Evagre.

In: La pensée sérielle, du Moyen Age aux Lumières
In: Bernard Vargaftig

Résumé

Si, au cours de la dernière décennie, la série des cinq sens d’une part, et celle des vices de l’autre, connaissent un intérêt nouveau et toujours croissant, les liens entre les deux, que la pensée médiévale n’a pas manqué d’établir, ont encore été peu examinés. Une iconographie surprenante des Cinq Sens dans les Stultiferae Naves, œuvre composée dans la filière du Narrenschiff et publiée à Paris en 1501 par l’humaniste flamand Jodocus Badius Ascensius, nous incite à nous interroger sur les correspondances entre les deux séries et leurs représentations respectives au seuil de la Renaissance.

In: La pensée sérielle, du Moyen Age aux Lumières
In: Bernard Vargaftig
Author: Didier Souiller

Résumé

Le « schéma de la somme », série démonstrative accompagnée d’une conclusion récapitulative, déjà relevée par Curtius, se rencontre dans tous les genres dramatiques illustrés par Calderón, dramaturge majeur du Siècle d’Or. Puisqu’il est toujours suivi d’une récapitulation conclusive, il s’agit donc de convaincre, soit pour refuser sa situation (la révolte du protagoniste est un élément essentiel de la dramaturgie caldéronienne), soit pour exalter le choix d’une foi irréductible, soit, dans le registre galant, pour justifier et affirmer son amour grâce à une série totalisante qui se veut d’autant plus impressionnante. L’accumulation est, évidemment, le procédé rhétorique le plus simple de constitution d’une liste susceptible d’emporter l’adhésion intellectuelle ou de susciter l’émotion. Le procédé a été utilisé par Calderón parce qu’il correspondait à une vision authentique et personnelle d’ordre philosophico-religieux, selon un certain nombre de principes : conformément à la pensée théologico-politique des sociétés d’Ancien Régime, le principe de hiérarchie, puis celui de l’analogie, fonctionnant dans un monde clos et fini, grâce à l’adoption poétique des équivalences du schéma macrocosme / microcosme.

In: La pensée sérielle, du Moyen Age aux Lumières