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Silence, Implicite et Non-Dit chez Rousseau/Silence, the Implicit, and the Unspoken in Rousseau prend acte d’un grand nombre de publications ayant trait à l’analyse par Rousseau des langues et du langage, de la parole par rapport à l’écriture, de la voix (y compris la voix de la nature). Mais ce volume se consacre tout particulièrement au fonctionnement et aux effets du silence, de l’implicite et du non-dit dans la pensée de Rousseau. Son approche est à la fois polyvalente et cohérente, et ses réflexions sur le silence sont associées à d’autres préoccupations esthétiques, politiques, et morales de son œuvre.

Silence, Implicite et Non-Dit chez Rousseau/Silence, the Implicit, and the Unspoken in Rousseau capitalizes on a great number of publications dealing with Rousseau’s analysis of languages and language, speech versus writing, of voice (including the voice of nature). But this volume is particularly dedicated to the study of the functioning and the effects of silence, the implicit and the unspoken in Rousseau’s thought. His approach is both polyvalent and consistent, and his reflections on silence are associated with other aesthetic, political, and moral concerns in his work.

Abstract

The chapter discusses Rousseau’s effective use of silence and implicitness. Where in Rousseau’s work, not as a subject but as a resource, are silence, the unsaid, the implicit? A part of the argument is that Rousseau has, in writing, an excellent command of the resources of rhetoric, including those of all three terms in our title. When, in the Dictionnaire de musique, Rousseau writes, « On sait que le bruit peut produire l’effet du silence, et le silence l’effet du bruit », he gives the measure of a subtle understanding that could be equally pertinent for speech and writing.

In: Silence, Implicite et Non-Dit chez Rousseau / Silence, the Implicit and the Unspoken in Rousseau

Résumé

Renvoyant dos-à-dos un silence religieux absorbé par le mystère de la transcendance et un silence bienséant animé par le désir de plaire, l’éducation rousseauiste ne se complait cependant pas dans de doctes discours inadaptés à l’enfant, mais fait du silence un usage stratégique. Cette contribution montre que l’économie du discours du gouverneur dans l’enfance rendra Émile capable d’entendre ce qui est devenu à beaucoup d’autres inaudible, « la voix des infortunés ». La moralité d’Émile suppose paradoxalement que le gouverneur ait d’abord maintenu l’enfant dans un double silence, celui des passions et celui de Dieu. Émile enfant passe du silence plat du monde des choses à un silence critique mettant à distance l’ordre social injuste. Par son art de manier les silences, le gouverneur rend alors possible la formation réflexive du jugement de son élève. Ce chapitre apporte ainsi un éclairage différent à la question controversée de l’autonomie de l’élève rousseauiste, en faisant valoir la pertinence des stratégies discursives du gouverneur.

In: Silence, Implicite et Non-Dit chez Rousseau / Silence, the Implicit and the Unspoken in Rousseau

Abstract

This chapter aligns silence in a range of Rousseau’s works with the symbol of the corps morcelé. The image of the fragmented body of his Lévite d’Ephraïm depicts torment at its most gruesome level, yet simultaneously serves as the paragon of expressivity, embodying l’éloquence muette for Rousseau. This symbol is likewise born of Rousseau’s own alienation and suffering, both in the persecution that he faces for his writing, and in his subjective experience as corps morcelé facing the limitations of language. The anxiety and alienation that Jacques Lacan identifies within his conception of the corps morcelé is evident in Rousseau’s struggles with language and society. Like silence for Lacan, Rousseau’s mute eloquence of the corps morcelé is symptomatic, as it reveals disparities in the political body and an underlying lack in language, but it is also restorative in its potential to vindicate, as well as to incarnate Rousseau’s own corps morcelé.

In: Silence, Implicite et Non-Dit chez Rousseau / Silence, the Implicit and the Unspoken in Rousseau

Résumé

Ce chapitre examine la place et la signification d’un commentaire sur le silence dans l’Emile afin d’en dégager les enjeux pédagogiques, politiques, et religieux. Afin d’illustrer sa conception de l’éducation négative Rousseau propose dans le second livre d’Emile une anecdote sur l’interprétation à donner au célèbre geste d’Alexandre buvant le breuvage de son médecin. Alors qu’il s’apprête à entrer dans la dispute Rousseau est rappelé à l’ordre: « Tais-toi, Jean-Jacques, ils ne t’entendront pas. » Grâce à cette intervention – de la part d’une femme qui reste anonyme – le jeune Rousseau échappe à une dispute dans laquelle il aurait été désavoué. L’auteur d’Emile va tirer de cette expérience autobiographique une leçon pédagogique: le maître doit savoir se taire et renoncer à la dispute. De fait le silence est essentiel à l’éducation négative : il en est le principe fondamental. Et le silence est également exemplaire au regard de la Profession de foi du Vicaire savoyard. De vertu pédagogique qu’il était dans le second livre le silence devient principe de tolérance dans le quatrième, l’anecdote fournissant la clé de la profession de foi.

In: Silence, Implicite et Non-Dit chez Rousseau / Silence, the Implicit and the Unspoken in Rousseau
In: Silence, Implicite et Non-Dit chez Rousseau / Silence, the Implicit and the Unspoken in Rousseau

Résumé

Le chapitre pose la question de savoir comment la mélodie peut exercer la puissance affective que Rousseau lui accorde à plusieurs reprises dans ses écrits sur la musique, et identifie les éléments manquants dans l’explication quelque peu fragmentée que donne l’Essai sur l’origine des langues du concept d’« imitation musicale ». Le mouvement interprétatif consiste principalement à se tourner vers l’Émile, pour indiquer que l’imitation musicale est essentiellement médiatisée par l’imagination – qui, quant à elle, requiert, pour opérer, des espaces d’incomplétude auxquels la mélodie donne accès. Selon Rousseau, pour que les auditeurs soient émus, leur imagination doit s’activer. Les représentations de la peinture ne sollicitent pas cette faculté, car elles disent tout au premier coup d’œil : la sensation suffit, et le plaisir que les spectateurs ressentent reste purement « physique ». Les mélodies, en revanche, puisqu’elles se déroulent dans le temps, ne sont jamais toutes entières présentes dans la sensation actuelle, laissant ainsi place à l’œuvre de l’imagination et procurant, par cela même, un plaisir qui est plutôt « moral » que physique.

In: Silence, Implicite et Non-Dit chez Rousseau / Silence, the Implicit and the Unspoken in Rousseau

Abstract

In terms of style, The Social Contract has often been considered to be the most uncharacteristic work of Rousseau. I argue that its laconism reflects Rousseau’s political ideal of republican action while also engaging with the French moraliste tradition of brief writing. But because of its very brevity, the Social Contract poses difficulties of reading and comprehension. Rousseau claimed that the Social Contract is a difficult text that does not aim to have a broad appeal. Nonetheless, the work’s linguistic economy is also the source of its political brilliance: expressions such as “le moi commun” concisely convey new political entities such as the general will. I attend to Rousseau’s subtle and complex use of summarizing and elliptical language in order to tease out possible connections and differences between the Social Contract and other works of Rousseau such as Émile and the unfinished Institutions Politiques. I argue that the Social Contract invites a critical reading that is congruent with a modern ideal of readership.

In: Silence, Implicite et Non-Dit chez Rousseau / Silence, the Implicit and the Unspoken in Rousseau

Résumé

Ce chapitre examine la place et le rôle du silence dans l’éducation d’Émile. Cette place et ce rôle marquent d’emblée l’originalité de l’ouvrage par rapport aux canons éducatifs traditionnels et ils se relient à l’essence même du projet, à savoir une éducation par les choses développant la capacité personnelle à juger. L’excès de langage obstrue en effet un double rapport : celui à l’expérience et celui à soi. Le silence, en revanche, fait place nette de tout intermédiaire indu et contraint l’enfant à penser par lui-même. Le rôle du précepteur n’en est pas aboli mais consiste à disposer les situations pour leur donner un effet éducatif maximal. De même, le langage ne disparaît pas mais est resserré sur son noyau essentiel qui en ressort renforcé, libéré du rapport de pouvoir, notamment en privilégiant le questionnement sur l’affirmation. Délivré de la pulsion langagière contaminant le rapport éducatif, ce dernier peut enfin échapper au cercle social de l’aliénation et se fonder sur le développement naturel de soi.

In: Silence, Implicite et Non-Dit chez Rousseau / Silence, the Implicit and the Unspoken in Rousseau

Abstract

There are two silences in Rousseau’s theory of sovereign power, corresponding to two dimensions of the general will, one substantive and one procedural. The first silence secures the substantive integrity of the general will at the moment when the content of the general will is imagined; the second secures the general will’s procedural integrity at the moment when citizens assemble to deliberate. Rousseau turns to silence at the most critical moments in his theory of sovereign power. In stripping these moments of language, Rousseau is able to evoke an ethos of unanimity that would otherwise be threatened by the particularizing effect of language. In this chapter, I locate and explain the significance of the two silences in Rousseau’s theory of sovereignty, each of which performs an important function in Rousseau’s argument, allowing him to defer problems he takes up elsewhere – problems which, the chapter concludes, lie at the core of Rousseau’s political theory.

In: Silence, Implicite et Non-Dit chez Rousseau / Silence, the Implicit and the Unspoken in Rousseau