9 L’Arétalogie d’Isis : biographie d’un texte canonique

In: Canonisation as Innovation
Author:
Laurent Bricault
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1 Introduction

Dans le premier livre de sa Bibliothèque historique, entièrement consacré à l’Égypte et rédigé entre 43 et 30 av. J.-C., Diodore de Sicile, dans le chapitre 27, s’intéresse à la question des mariages consanguins dans le royaume de pharaon, mariages qui vont, selon lui, à l’encontre de la coutume générale. Mais s’il en est ainsi en Égypte, c’est en raison d’un précédent prestigieux, celui qui a vu la déesse Isis épouser son propre frère, Osiris. À l’appui de ses dires, Diodore cite un texte (a priori complet, mais nous verrons qu’il n’en est rien), rédigé en écriture sacrée (c’est-à-dire en hiéroglyphes1, ce qui n’est pas exact), qui se dresserait à Nysa, en Arabie, là où, selon certains historiens qui l’ont précédé, se trouverait le tombeau d’Isis et d’Osiris2. Cette localisation, surprenante, est probablement conditionnée par le fait que cette Nysa d’Arabie serait à l’origine du nom Nysaios, l’un des noms de Dionysos, rapproché plus ou moins explicitement d’Osiris dans ce passage. Plus tôt, au chapitre 22.2, il rapporte une autre version qui place cette fois le tombeau d’Isis à Memphis, dans une enceinte consacrée sise dans le sanctuaire d’Héphaïstos3, qui n’est autre que celui de Ptah, le démiurge de Memphis, le dieu créateur qui façonna la terre et ses habitants.

Le texte de cette stèle, tel que livré par Diodore (1.27.4), serait le suivant :

Ἐγὼ Ἶσίς εἰμι ἡ βασίλισσα πάσης χώρας, ἡ παιδευθεῖσα ὑπὸ Ἑρμοῦ, καὶ ὅσα ἐγὼ ἐνομοθέτησα, οὐδεὶς αὐτὰ δύναται λῦσαι. Ἐγώ εἰμι ἡ τοῦ νεωτάτου Κρόνου θεοῦ θυγάτηρ πρεσβυτάτη· ἐγώ εἰμι γυνὴ καὶ ἀδελφὴ Ὀσίριδος βασιλέως· ἐγώ εἰμι ἡ πρώτη καρπὸν ἀνθρέποις εὑροῦσα· ἐγώ εἰμι μήτηρ Ὥρου τοῦ βασιλέως· ἐγώ εἰμι ἡ ἐν τῷ ἄστρῳ τῷ ἐν τῷ κυνὶ ἐπιτέλλουσα· ἐμοὶ Βούβαστος ἡ πόλις ᾠκοδομήθη. χαῖρε χαῖρε Αἴγυπτε ἡ θρέψασά με.

Moi je suis Isis, la souveraine de toute contrée, celle qui a été instruite par Hermès ; et toutes les lois que j’ai instituées, nul ne peut les abolir. Moi je suis la fille aînée de Kronos, le plus jeune dieu ; moi je suis l’épouse et la sœur du roi Osiris ; moi je suis celle qui découvrit la première les fruits pour les hommes ; moi je suis la mère du roi Horus ; moi je suis celle qui se manifeste dans l’étoile du Chien ; pour moi, la ville de Boubastis a été édifiée. Salut, salut, Égypte, toi qui m’as élevée.

La citation de ce texte, chez Diodore, est suivie par celle d’un second texte, qui concerne cette fois Osiris et sur lequel je reviendrai en conclusion.

En 1925, lors de fouilles menées à Kymè, en Éolide, sur la côte égéenne de l’Asie Mineure, le savant tchèque Antonin Salač découvrit, dans ce qu’il a supposé avec vraisemblance être un temple d’Isis, une stèle, aujourd’hui au musée d’Izmir, portant deux inscriptions rédigées en grec : une dédicace adressée à Isis, d’abord, qui sert d’introduction à un long texte, complet semble-t-il, structuré en une cinquantaine de versets, qui est l’objet central de cette contribution4. C’est ce texte que l’historiographie du XXe siècle a pris l’habitude de nommer l’Arétalogie d’Isis, le plus souvent avec un “A” majuscule5, et dont Diodore – ou sa source – a transmis une version tronquée.

Mais la stèle de Kymè et Diodore ne sont pas les seuls à nous avoir conservé ce texte. On connaît aujourd’hui quatre autres copies, fragmentaires, de l’arétalogie d’Isis, au contenu quasiment identique, presque au mot près : deux proviennent de Thessalonique6 et Kassandreia7 en Macédoine, une de l’île d’Ios8 dans les Cyclades, et la dernière – encore inédite – de Telmessos en Lycie9. Ce sont donc six copies du même texte, cinq gravées sur pierre et la sixième transmise par la tradition littéraire, qui sont désormais connues. L’ambition de cette étude est d’en brosser, en quelques pages, la biographie10.

2 Le texte et ses enjeux

L’arétalogie ainsi développée semble pouvoir être décomposée en trois parties principales : l’introduction de la divinité elle-même, avec sa filiation, son identification, presque son “livret de famille” ; les domaines d’action qui sont les siens dans les mondes divin et humain ; enfin, les diverses manifestations de son universelle puissance11.

Pour ce faire, le ou les auteurs de ce texte ont combiné le fond et la forme, pour le rendre le plus efficace possible, dans l’optique, l’intention, l’objectif qui étaient les leurs. L’arétalogie d’Isis apparaît ainsi comme la résultante d’une formalisation volontaire, active et en partie novatrice d’une tradition littéraire égyptienne ancienne12, celle de l’autobiographie laudative, dont la littérature d’époque pharaonique nous a fait connaître un certain nombre d’exemples et qui voit telle ou telle divinité faire état de ses qualités, de ses compétences et de ses bienfaits pour les hommes, à la première personne du singulier13.

La principale difficulté pour les auteurs du texte originel consista à faire coexister les puissances multiples d’Isis, considérée comme la responsable de tous les aspects de la vie humaine, avec celles des divinités du panthéon gréco-romain qui possédaient déjà chacune leur(s) propre(s) sphère(s) de compétence(s). Pour élaborer ce texte, il fut donc nécessaire de combiner à la fois des éléments distinctifs issus de la longue sédimentation des compétences d’Isis dans la vallée du Nil, au contact de divinités égyptiennes ou autres, mais aussi des éléments de rupture, nouveaux, qui apparaissent pour la première fois dans ce texte. L’arétalogie se présente donc comme un produit hybride qui mélange, dans une structure parfois surprenante pour un esprit cartésien – mais nécessaire pour conserver au texte une apparence fondamentalement non grecque et, ce faisant, lui conférer authenticité, vénérabilité et donc autorité –, des caractères égyptiens traditionnels (sa généalogie, ses liens avec le Nil et la ville de Bubastis), des pouvoirs traduits pour une audience grecque (son pouvoir sur le destin, ses qualités de thesmophore) et des compétences inédites propres à séduire de nouvelles populations (l’élimination des tyrans, l’invention de la navigation)14.

Au final, Isis, à qui les concepteurs ont prêté leur calame, comme les paroliers d’une chanson à succès, y livre un condensé de ses multiples pouvoirs. Un condensé parce que ce texte ne pouvait être trop long, ni trop bref pour être véritablement efficace. Il a donc fallu opérer une sélection d’informations permettant à la déesse de se définir le mieux – c’est-à-dire de la manière la plus efficiente et performante, faute de pouvoir tout dire. Elle s’y dépeint donc comme une déesse souveraine, solaire, démiurge, maîtresse des éléments, législatrice, protectrice des humains en toute circonstance, inventrice de bienfaits nombreux (écriture, langues, temples, mystères, navigation, commerce), la déesse par excellence des femmes, incarnation de la fonction maternelle, protectrice des naissances, du foyer et des récoltes, garante de l’amour et du respect entre les hommes et les femmes, entre les parents et les enfants et, aussi – voire surtout –, maîtresse du destin. On observera que sa maîtrise de la magie, comme sa ruse tant célébrée dans les textes égyptiens, n’apparaissent pas ici, probablement en raison de la défiance des Grecs à cet égard15.

L’existence d’un tel texte invite d’emblée à s’interroger sur son contexte d’apparition.

3 Contexte d’apparition

Quatre questions principales se posent pour déterminer le contexte d’apparition de l’arétalogie : quand, où, par la volonté de qui, et rédigée par qui ?

Déterminer la date n’est pas aisé. Il est nécessaire de combiner éléments objectifs et subjectifs, au risque d’un raisonnement circulaire. Le texte originel est antérieur à la rédaction du livre premier de Diodore, donc à 43-30 av. J.-C., mais la Quellenforschung n’a pas permis de déterminer quelle source Diodore utilisa pour ce passage. Certes, Diodore a pu lire le texte qu’il livre chez l’une ou l’autre de ses sources qui, en ce qui concerne les Aegyptiaca, furent certainement Hécatée d’Abdère, Agatharchide de Cnide ainsi peut-être qu’Artémidore d’Éphèse16. Mais le simple fait que l’arétalogie ait été diffusée assez largement n’interdit pas de penser qu’il ait pu la rencontrer lui-même au cours de ses voyages.

Cette date peut toutefois être remontée d’au moins un siècle. Lors de labours, en 1969, on découvrit à Maronée, en Thrace, dans un champ jamais fouillé scientifiquement, mais d’où furent exhumés sporadiquement d’autres inscriptions relatives au culte d’Isis, un poème laudatif destiné à remercier Isis d’avoir guéri l’ophtalmie du rédacteur17. La structure du poème en forme d’arétalogie rédigée cette fois à la deuxième personne du singulier, composé vers 120 av. J.-C., présente de nombreux traits communs avec l’Arétalogie d’Isis. Celle-ci est donc très certainement antérieure à la fin du IIe s. av. J.-C. Voilà pour les éléments objectifs.

Où fut-elle initialement rédigée ? Si le texte lui-même n’apporte aucun élément, les dédicaces qui le précèdent, lorsqu’elles sont conservées, sont plus suggestives.

Texte de Kassandreia (RICIS 113/1201) :

Ἇγαθῆι Τύχηι. / Διὶ Ἡλίῳ Σαράπιδι καὶ Ἴσιδι μυριωνύμωι. / Τάδε ἐγράφηι ἐκ τῆς στήλης τῆς ἐν Μέμφει, / ἥτις ἕστηκεν πρὸς τῷ Ἡφαιστείῳ·

À la Bonne Fortune. À Zeus Soleil Sarapis et Isis myrionyme. Ceci a été copié d’une stèle de Memphis, qui se trouve près du temple d’Héphaïstos.

Texte de Kymè (RICIS 302/0204) :

Δημήτριος Ἀρτεμιδώρου ὁ καὶ Θρασέας Μάγνη[ς] / ἀπὸ Μαιάνδρου Ἴσιδι εὐχήν· / Τάδε ἐγράφηι ἐκ τῆς στήλης τῆς ἐν Μέμφει, ἥτι/ς ἕστηκεν πρὸς τῷ Ἡφαιστιήωι·

Démétrios, fils d’Artémidôros, appelé aussi Thraséas, de Magnésie sur le Méandre (adresse) une prière à Isis. Ceci a été copié d’une stèle de Memphis, qui se trouve près du temple d’Héphaïstos.

Texte de Telmessos (RICIS 306/0201) :

[–] stèle de Memphis, élevée près du temple d’Héphaïstos.

Qu’une stèle ait été ou non réellement érigée à Memphis, dans un sanctuaire lié à la supposée tombe d’Isis et situé à proximité du grand temple de Ptah (ici mentionné sous le nom d’Héphaïstos), c’est ce que paraît suggérer également le passage de Diodore (1.22) évoqué supra. Il semble donc que le texte qui a circulé et servi à graver les copies que nous connaissons ait comporté, à l’incipit, une phrase indiquant l’origine officiellement attribuée à l’original : Memphis, près du temple de Ptah.

Quels ont alors pu être le ou les commanditaires de l’arétalogie, ainsi que son ou ses rédacteurs ?

La cristallisation de tous les éléments composant l’arétalogie, mentionnés supra, doit correspondre à une stratégie d’écriture conditionnée par les enjeux et les objectifs des commanditaires et des auteurs, à savoir présenter la déesse, ses champs d’action, ses puissances, à un public hellénophone qui ne la connaît peut-être pas, ou pas suffisamment, afin d’accompagner et de renforcer ses premiers pas ex Aegypto. Si Memphis est bien le lieu d’origine et de conception de l’arétalogie, le clergé local de la déesse pourrait bien en être l’auteur18. Un clergé memphite qui, en compétition avec le clergé thébain de Zeus-Ammon, semble avoir pris le pas sur ce dernier au cours du IIIe s. av. J.-C. dans le partenariat qui s’est mis en place entre le pouvoir politique gréco-macédonien et les élites religieuses égyptiennes, comme le suggèrent les différents décrets royaux datant de la seconde moitié de ce siècle et du tout début du IIe. Devenu l’un des – sinon le – partenaire religieux privilégié du pouvoir lagide, maîtrisant parfaitement les deux cultures, grecque et égyptienne, le clergé isiaque de Memphis aura conçu un texte destiné à promouvoir le culte de sa déesse auprès des non-Égyptiens, selon un procédé théologique inconnu jusqu’alors en Égypte, la rédaction d’une arétalogie à la première personne dans une langue qui n’est pas l’égyptien.

4 Validation et affichage

Mais rédiger un texte dans le scriptorium d’un temple est une chose. Le diffuser largement en est une autre. Plusieurs étapes sont nécessaires pour transformer un texte unique en un texte multiple, à commencer par sa validation. Deux hypothèses peuvent être envisagées :

  • 1- Soit le commanditaire et le concepteur/rédacteur sont une même personne ou un même groupe de personnes.

  • 2- Soit le commanditaire diffère du concepteur/rédacteur.

Dans le premier cas, la validation par une autorité extérieure ne s’impose pas et la diffusion peut s’avérer totalement fortuite, suite à l’affichage du texte dans l’espace (public voire privé) du sanctuaire-source.

Dans le second cas, qui semble a priori le plus probable si l’on admet la grande vraisemblance d’une composition ayant pour objectif de présenter Isis à une population hellénophone, le texte a dû être validé par le commanditaire avant d’essaimer. Ce commanditaire a pu être le supérieur du sanctuaire-source, l’un des Ptolémées ou, plutôt, l’un des titulaires de la grande-prêtrise de Ptah, réintroduite par Ptolémée II dans le deuxième quart du IIIe s. av. J.-C.19, à savoir Esisout-Petobastis ou son fils Annôs, premier prophète responsable des prêtres de tous les temples d’Égypte, responsable des insignes royaux (et donc probablement du couronnement du roi en tant que pharaon) ainsi que du culte d’Apis à Memphis20.

L’affichage du texte sur une stèle gravée dans le sanctuaire memphite d’Isis s’imposait alors logiquement.

5 Diffusion et circulation

Commanditée, conçue, rédigée, validée, affichée, l’arétalogie d’Isis devait ensuite être mise en circulation pour atteindre l’objectif fixé. Les modalités de la probable diffusion initiale du texte nous échappent a priori totalement, aucune copie n’étant antérieure au milieu du Ier s. av. J.-C. Ce hiatus temporel entre le IIIe et le Ier s. av. J.-C. invite à s’interroger sur l’évolution même du contenu du texte. Celui que nous connaissons aujourd’hui et que nous reproduisons à l’envi dans nos publications scientifiques est-il bien celui rédigé à l’origine, en grec ? Ou bien le texte originel a-t-il connu des transformations, des retouches, des amendements avant de se stabiliser à un moment quelconque ? Force est d’avouer que nous l’ignorons, faute d’éléments concluants et de balises chronologiques assurées pour l’affirmer. Nonobstant cette incertitude, le mode opératoire utilisé doit être questionné.

Peut-on envisager, à partir de Memphis, une diffusion concertée et centralisée du texte transcrit sur un ou plusieurs papyrus dont aucun ne nous a pour le moment été conservé ? Ou bien supposer une circulation aléatoire du texte, au gré d’initiatives personnelles et de circonstances propices ?

La seconde option est sans doute à privilégier, la probabilité d’un réseau institutionnalisé et structuré autour d’une autorité centrale (égyptienne) n’étant guère envisageable. Le réseau qui a facilité la diffusion et la circulation du texte était sans doute relativement informel21, organisé sur la base de relations humaines ou matérielles ayant existé entre des communautés locales de dévots – ou des individus appartenant à ces communautés –, dont on sait aujourd’hui qu’elles étaient généralement organisées différemment les unes des autres, mais reliées entre elles par des éléments communs, notamment rituels et liturgiques22. Cette glocalisation dans l’espace méditerranéen d’époque gréco-romaine, qui n’appartient pas aux seules communautés isiaques, combinait réalités locales (organisation des espaces, calendrier des fêtes et cérémonies, pratiques rituelles, identités communautaires) et éléments fédérateurs (panthéon, référents mythologiques, discours sur la puissance divine) dont la cohérence a dû être facilitée par la diffusion d’un texte commun comme l’arétalogie.

Les copies préservées de l’arétalogie proviennent toutes de sites côtiers de l’espace égéen, ce qui peut n’être qu’une coïncidence liée au hasard des trouvailles, mais peut aussi suggérer combien les réseaux maritimes ont pu faciliter la circulation du texte. Ces copies, quasiment identiques sur le fond, le sont aussi sur le plan formel – et visuel –, comme nous allons le voir. Ceci implique que la circulation du texte arétalogique s’est opérée sous forme écrite et non par transmission orale. La longueur du texte suggère fortement que le ou les supports utilisés furent plutôt le papyrus ou tout autre support mobile, plutôt que des stèles de pierre de plusieurs dizaines de kilos.

6 Réception et transmission

Probablement diffusé sur papyrus ou sur un support aisément transportable, le texte arétalogique fut ensuite gravé sur pierre à l’initiative de personnes privées (Démétrios, fils d’Artémidôros, appelé aussi Thraséas, de Magnésie sur le Méandre, pour celui de Kymè, un dédicant anonyme à Kassandreia et Telmessos)23 et exposé dans des contextes qu’il est parfois possible de déterminer.

À Kymè, à Thessalonique, les stèles portant le texte proviennent d’un sanctuaire isiaque. Pour Kassandreia et Telmessos, le contexte archéologique n’est pas clairement identifié. Concernant Ios, la pierre fut remployée dans une église chrétienne. Tout porte cependant à croire que ces cinq stèles furent érigées, initialement, dans des sanctuaires isiaques.

Une autre question se pose, celle de la chronologie, aucun des cinq monuments n’étant antérieur au début de l’Empire. La copie d’Ios, paléographiquement, appartient même certainement au IIIe s. apr. J.-C., c’est-à-dire au moins 400 ans après la rédaction première du texte. Plusieurs hypothèses, qui ne s’excluent pas nécessairement, peuvent être avancées pour expliquer cette situation.

  • 1- Il peut s’agir de regravures in situ de stèles anciennes usées, gravées antérieurement à partir d’un texte écrit sur un support mobile qui aura connu une circulation assez large mais peut-être limitée dans le temps, à l’époque hellénistique ;

  • 2- il peut s’agir aussi de copies ou de re-copies à partir d’une stèle gravée vue dans un autre site, via une transcription sur papyrus, à quelque époque que ce soit ;

  • 3- il peut enfin s’agir – même si cela semble moins probable – de gravures étalées dans le temps, opérées à partir de textes écrits sur des papyrus ayant circulé de temple en temple pendant plusieurs siècles.

Quoi qu’il en soit, il est remarquable que la mise en page des cinq copies inscrites soit identique. Certes, la longueur des lignes varie d’une stèle à l’autre, mais chaque lapicide a systématiquement respecté les espaces ou les points d’interponction séparant les unités de sens révélées par la déesse, selon un principe courant dans les papyrus24.

7 Canonisation

Arrivé à ce point de mon propos, il semble utile de rappeler certains éléments :

  • 1- Nous connaissons aujourd’hui six copies (cinq sur pierre, une littéraire), fragmentaires pour cinq d’entre elles, d’un même texte, identiques à quelques détails près (un mot ou un verset omis ici ou là). Ces copies sont à dater du milieu du Ier s. av. J.-C. au IIIe s. apr. J.-C. ; l’original, lui, date du IIIe ou du IIe s. av. J.-C.

  • 2- Ces copies proviennent de sites côtiers de l’espace égéen, assurément d’un sanctuaire isiaque pour deux d’entre elles.

  • 3- Ce texte a donné naissance à des adaptations poétiques rédigées dans des contextes particuliers, dont par exemple la guérison d’une ophtalmie par la toute puissante Isis.

  • 4- Lorsque la partie supérieure de la stèle inscrite est conservée, le texte proprement dit de l’arétalogie est précédé d’une dédicace qui précise à chaque fois que le texte d’origine est gravé sur une stèle qui s’élève à Memphis.

  • 5- Enfin, les copies partagent une même mise en page formelle, d’origine papyrologique, strictement retranscrite lors de la gravure sur pierre, par respect pour le texte d’origine.

Tous ces éléments me semblent converger vers l’idée que l’arétalogie d’Isis, conçue à Memphis pour présenter Isis à des populations non-égyptiennes et hellénophones lorsque le culte de la déesse s’en est allé se répandre dans le bassin méditerranéen oriental, est devenu, sans doute assez tôt, un texte-référent, repris à l’identique dans ses termes comme dans sa forme, jusqu’au moins au IIIe s. de notre ère. La volonté claire de le transmettre tel quel, sans aucune modification, atteste du caractère canonique qui lui fut attribué par un certain nombre de communautés isiaques, donnant même naissance à des textes dérivés (Maronée, Andros). Le texte a dû être conservé dans de très nombreuses bibliothèques de temples, sur papyrus, et avoir été occasionnellement, lors d’un acte de reconnaissance ou par évergétisme, gravé sur pierre à l’initiative d’un dévot25. Nous connaissons aujourd’hui cinq de ces monuments. Le caractère ancestral du texte, réaffirmé à chaque fois comme provenant du sanctuaire memphite de la déesse, la mise en forme spécifique, distincte de celle des hymnes grecs hexamétriques ou élégiaques, systématiquement respectée, vont dans ce même sens d’une forme de sacralité, de vénérabilité, d’authenticité première de cet écrit rédigé en grec, mais fondamentalement lié aux origines égyptiennes de la déesse, comme le rappelle d’ailleurs sa généalogie initiale. Ce faisant, par son essence même, l’objet intellectuel et identitaire qu’est l’arétalogie d’Isis s’extrait d’une certaine manière de la religion égyptienne traditionnelle pour accompagner l’évolution et la transformation d’Isis ex Aegypto et s’affirmer, sans doute, comme une forme de doxa isiaque propre à former et à orienter les nouveaux adeptes du culte de la déesse.

Il est alors plus que probable que ce texte eut une valeur rituelle dans un grand nombre de sanctuaires isiaques. Lu, récité, interprété lors de certaines cérémonies difficiles à déterminer26, il a dû fonctionner pour les personnes présentes comme un condensé mémoriel des puissances d’Isis, déesse originaire d’Égypte, et de ses bienfaits pour l’humanité tout entière. C’est probablement dans ce cadre que les dévots ayant dédié les stèles de Kymè, de Kassandreia et de Telmessos ont eu connaissance de l’arétalogie, à l’origine un discours publicitaire et mémoriel volontaire, devenu bientôt un discours identitaire à même de structurer les communautés isiaques qui se créaient et se développaient sur le pourtour du bassin méditerranéen. Cette dimension identitaire, cette dynamique positive de création, de développement, d’expansion doit en grande partie justifier le choix de certains dévots de faire graver sur pierre, précisément, ce texte fondamental, ce texte-référent devenu presque texte-fondateur, afin de l’inscrire dans la durée – quitte à le faire re-graver si besoin était, et de l’afficher au vu et au su de tous, et pas seulement de ceux participant directement aux rituels à l’occasion desquels le texte arétalogique devait être “performé”.

8 Conclusion

Je terminerai par une réflexion en creux, en négatif. Chez Diodore, l’extrait de l’arétalogie d’Isis est suivi d’une seconde citation, qui concerne cette fois Osiris27. Contrairement à l’arétalogie d’Isis, nous ne connaissons aucun autre exemplaire sur pierre ou sur papyrus de l’arétalogie d’Osiris. S’agit-il d’un texte dont l’existence n’a pu être confirmée pour le moment par hasard des trouvailles, ce qui, en toute rigueur, ne peut être exclu ? S’agit-il d’un texte ayant réellement existé mais dont le parcours a été stoppé, quelque part entre sa validation et sa réception dans les sanctuaires isiaques de Méditerranée ? Ou bien s’agit-il d’une composition de circonstance élaborée par Diodore, ou sa source, pour faire pendant à l’arétalogie d’Isis ?

Quelle que soit la réponse, force est de constater, a contrario, le destin exceptionnel de l’arétalogie d’Isis. Si, en règle générale et en matière de religion, les groupes de textes définis comme canoniques s’apparentent à une liste réduite d’écrits en fonction de critères particuliers, le canon est ici poussé à l’extrême puisqu’il se résume à un unique texte d’une cinquantaine de versets. D’une certaine manière, si les isiaques ne font assurément pas partie des peuples du Livre, ils sont les dignes représentants de celui du Texte. L’Arétalogie d’Isis mérite alors sans doute son “A” majuscule.

Appendice

Le texte de Kymè

1 Δημήτριος Ἀρτεμιδώρου ὁ καὶ Θρασέας Μάγνη[ς]
ἀπὸ Μαιάνδρου Ἴσιδι εὐχήν·
2 Τάδε ἐγράφηι ἐκ τῆς στήλης τῆς ἐν Μέμφει, ἥτι-
ς ἕστηκεν πρὸς τῷ Ἡφαιστιήωι· 3a Εἶσις ἐγώ εἰ-
5 μι ἡ τύραννος πάσης χώρας· 3b καὶ ἐπαιδεύθεν ὑπ[]
Ἑρμοῦ καὶ 3c γράμματα εὗρον μετὰ Ἑρμοῦ, τά τε ἱερὰ
καὶ τὰ δημόσια γράμματα, ἵνα μὴ ἐν τοῖς αὐτοῖς
πάντα γράφηται. 4 Ἐγὼ νόμους ἀνθρώποις ἐθέμην,
καὶ ἐνομοθέτησα ἃ οὐθεὶς δύναται μεταθεῖναι.
10 5 Ἐγώ εἰμι Κρόνου θυγάτηρ πρεσβυτάτηι. 6 Ἐγώ εἰμι γ[υ]-
νὴ καὶ ἀδελφὴ Ὀσείριδος βασιλέως. 7 Ἐγώ εἰμι ἡ καρπὸν
ἀνθρώποις εὑροῦσα. 8 Ἐγώ εἰμι μήτηρ Ὥρου βασιλέως.
9 Ἐγώ εἰμι ἡ ἐν τῷ τοῦ Κυνὸς ἄστρῳ ἐπιτέλλουσα. 10 Ἐγώ
εἰμι ἡ παρὰ γυναιξὶ θεὸς καλουμένη. 11 Ἐμοὶ Βούβαστος
15 πόλις ᾠκοδομήθη. 12 Ἐγὼ ἐχώρισα γῆν ἀπ´ οὐρανοῦ.
13 Ἐγὼ ἄστρων ὁδοὺς ἔδειξα. 14 Ἐγὼ ἡλίου καὶ σελήνη[ς]
πορέαν συνεταξάμην. 15 Ἐγὼ θαλάσσια ἔργα εὗρον. 16 -
γὼ τὸ δίκαιον ἰσχυρὸν ἐποίησα. 17 Ἐγὼ γυναῖκα καὶ ἄνδρα
συνήγαγον. 18 Ἐγὼ γυναικὶ δεκαμηνιαῖον βρέφος εἰς
20 φῶς ἐξενεγκεῖν ἔταξα. 19 Ἐγὼ ὑπὸ τέκνου γονεῖς
ἐνομοθέτησα φιλοστοργῖσθαι. 20 Ἐγὼ τοῖς ἀστόρ-
γως γονεῦσιν διακειμένοις τειμωρίαν ἐπέθηκα.
21 Ἐγὼ μετὰ τοῦ ἀδελφοῦ Ὀσίριδος τὰς ἀνθρωποφα-
γίας ἔπαυσα. 22 Ἐγὼ μυήσεις ἀνθρώποις ἐπέδε[ι]-
25 ξα. 23 Ἐγὼ ἀγάλματα θεῶν τειμᾶν ἐδίδαξα. 24 Ἐγὼ
τεμένη θεῶν ἱδρυσάμην. 25 Ἐγὼ τυράννων ἀρ-
χὰς κατέλυσα. 26 Ἐγὼ φόνους ἔπαυσα. 27 Ἐγὼ στέρ-
γεσθαι γυναῖκας ὑπὸ ἀνδρῶν ἠνάγκασα. 28 Ἐγὼ
τὸ δίκαιον ἰσχυρότερον χρυσίου καὶ ἀργυρίου ἐποίη-
30 σα. 29 Ἐγὼ τὸ ἀληθὲς καλὸν ἐνομο[θέ]τησα νομίζε[σ]-
θαι. 30 Ἐγὼ συνγραφὰς γαμικὰς εὗρον. 31 Ἐγὼ διαλέκτους
Ἕλλησι καὶ βαρβάροις ἔταξα. 32 Ἐγὼ τὸ καλὸν αἰσχρὸ[ν]
διαγεινώσκεσθαι ὑπὸ τῆς φύσεως ἐποίησα. 33 Ἐγὼ
ὅρκου φοβερώτερον οὐθὲν ἐποίησα. 34 Ἐγὼ τὸν ἀδίκως
35 ἐπιβουλεύοντα ἄλλοις {ἄλλῳ} ὑποχείριον τῷ ἐπιβου-
[λ]ευομένῳ παρέδωκα. 35 Ἐγὼ τοῖς ἄδικα πράσσουσιν
τειμωρίαν ἐπιτίθημι. 36 Ἐγὼ ἱκέτας ἐλεᾶν ἐνομοθ[]-
τησα. 37 Ἐγὼ τοὺς δικαίως ἀμυνομένους τειμῶ. 38 Πὰ-
ρ´ ἐμοὶ τὸ δίκαιον ἰσχύει. 39 Ἐγὼ ποταμῶν καὶ ἀνέμων
40 [κ]αὶ θαλάσσης εἰμὶ κυρία. 40 Οὐθεὶς δοξάζεται ἄνευ τῆς ἐ-
μῆς γνώμης. 41 Ἐγώ εἰμι πολέμου κυρία. 42 Ἐγὼ κεραυ-
νοῦ κυρία εἰμί. 43 Ἐγὼ πραϋνω καὶ κυμαίνω θάλασσαν.
44 Ἐγὼ ἐν ταῖς τοῦ ἡλίου αὐγαῖς εἰμί. 45 Ἐγὼ παρεδρεύω τῇ
τοῦ ἡλίου πορείᾳ. 46 Ὃ ἂν ἐμοὶ δόξῃ, τοῦτο καὶ τελεῖτα[ι].
45 47 Ἐμοὶ πάντ´ ἐπείκει. 48 Ἐγὼ τοὺς ἐν δεσμοῖς λύωι. 49 Ἐγὼ
ναυτιλίας εἰμὶ κυρία. 50 Ἐγὼ τὰ πλωτὰ ἄπλωτα ποι[ῶ ὅ]-
ταν ἐμοὶ δόξῃ. 51 Ἐγὼ περιβόλους πόλεων ἔκτισα. 52 -
γώ εἰμι ἡ Θεσμοφόρος καλουμένη. 53 Ἐγὼ νσσους ἐγ β[υ]-
[θ]ῶν εἰς φῶςἀνήγαγον. 54 Ἐγὼ ὄμβρων εἰμὶ κυρία. 55 Ἐγὼ
50 τὸ ἱμαρμένον νικῶ. 56 Ἐμοῦ τὸ εἱμαρμένον ἀκούει.
57 Χαῖρε Αἴγυπτε θρέψασά με.

Démétrios, fils d’Artémidôros, appelé aussi Thraséas, de Magnésie sur le Méandre (adresse) une prière à Isis.

Ceci a été copié d’une stèle de Memphis, qui se trouve près du temple d’Héphaïstos.

“3a Moi, je suis Isis, la souveraine de toute contrée,
3b j’ai été instruite par Hermès
3c et j’ai inventé l’écriture avec Hermès, la sacrée et la démotique, afin qu’on ne dût pas tout écrire avec la même écriture.
4 Moi, j’ai donné aux hommes les lois, et j’ai décrété ce que personne ne peut changer.
5 Moi, je suis la fille aînée de Kronos ;
6 je suis l’épouse et la sœur du roi Osiris ;
7 je suis celle qui découvrit aux hommes les fruits ;
8 je suis la mère du roi Horus ;
9 je suis celle qui se manifeste dans l’étoile du Chien ;
10 je suis celle qui est appelée Déesse parmi les femmes ;
11 Pour moi, la ville de Boubastis a été édifiée.
12 J’ai séparé la terre du ciel ;
13 j’ai indiqué leur route aux étoiles ;
14 j’ai déterminé la voie du soleil et de la lune.
15 Moi, j’ai inventé la science nautique.
16 Moi, j’ai rendu le droit puissant.
17 Moi, j’ai accouplé la femme avec l’homme ;
18 j’ai fixé à la femme comme terme le dixième mois pour mettre au monde son enfant ;
19 j’ai ordonné que les parents fussent aimés de l’enfant ;
20 j’ai infligé une punition aux parents qui ne manifestent pas de tendresse.
21 Moi, avec mon frère Osiris, j’ai fait cesser l’anthropophagie.
22 Moi, j’ai révélé aux hommes les initiations ;
23 j’ai enseigné aux hommes d’honorer les statues des dieux ;
24 j’ai fondé les sanctuaires des dieux.
25 Moi, j’ai renversé le gouvernement des tyrans ;
26 j’ai arrêté les massacres.
27 Moi, j’ai obligé les époux à chérir leurs épouses.
28 Moi, j’ai rendu le droit plus puissant que l’or et l’argent ;
29 j’ai ordonné que la vérité fut reconnue pour belle ;
30 j’ai inventé les contrats de mariage.
31 Moi, j’ai fixé leur langue aux Hellènes et aux Barbares.
32 Moi, j’ai fait en sorte que le beau et le honteux fussent distingués par la Nature.
33 Moi, j’ai fait en sorte que rien ne fut plus terrible que le serment ;
34 j’ai livré celui qui dresse injustement un piège aux autres aux mains de celui à qui il dresse le piège ;
35 je punis ceux qui pratiquent la fraude.
36 Moi, j’ai ordonné d’avoir pitié des suppliants ;
37 j’honore ceux qui se défendent justement ;
38 Auprès de moi règne le droit.
39 Moi, je suis la souveraine des rivières, des vents et de la mer.
40 Personne n’atteint la gloire sans mon consentement.
41 Moi, je suis la souveraine de la guerre.
42 Moi, je suis la souveraine de l’éclair ;
43 j’apaise la mer et y déchaine la tempête ;
44 je suis dans la splendeur du soleil ;
45 je fais route avec le soleil.
46 Ce que j’ai dans l’intention s’accomplit.
47 À moi, tout le monde obéit.
48 Je délie les liens.
49 Moi, je suis la souveraine de la navigation ;
50 je rends les eaux navigables impraticables aux navires quand il me plaît.
51 Moi, j’ai fondé les remparts des cités.
52 Moi, je suis appelée la Législatrice.
53 J’ai fait surgir les îles des abîmes à la lumière.
54 Je suis la souveraine des pluies.
55 Je vaincs le destin ;
56 À moi, le destin obéit.
57 Salut, Égypte qui m’a élevée.»

Abréviations

IG

Inscriptiones Graecae

I.Kyme

Engelmann 1976

RICIS

Bricault 2005

Bibliographie

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1

L’écriture sacrée égyptienne, ancestrale et vénérable, indéchiffrable et inaccessible, source de savoir et de connaissance pour les initiés ; voir, en contexte isiaque, Apulée, Métamorphoses XI.22 (litteris ignorabilibus) avec les commentaires de Gwyn Griffiths 1975, 285 et Keulen et al. 2015, 379 ; plus généralement, Winand 2013, chap. IV “Les hiéroglyphes après l’Égypte”, 83-115.

2

Burton 1972, 114-116 ; Gustafson 1997.

3

Diod. 1.22.1-2 : Τὴν δὲ Ἶσίν φασι μετὰ τὴν Ὀσίριδος τελευτὴν ὀμόσαι μηδενὸς ἀνδρὸς ἔτι συνουσίαν προσδέξεσθαι, διατελέσαι δὲ τὸν λοιπὸν τοῦ βίου χρόνον βασιλεύουσαν νομιμώτατα καὶ ταῖς εἰς τοὺς ἀρχομένους εὐεργεσίαις ἅπαντας ὑπερβαλλομένην. ὁμοίως δὲ καὶ ταύτην μεταστᾶσαν ἐξ ἀνθρώπων τυχεῖν ἀθανάτων τιμῶν καὶ ταφῆναι κατὰ τὴν Μέμφιν, ὅπου δείκνυται μέχρι τοῦ νῦν ὁ σηκός, ὑπάρχων ἐν τῷ τεμένει τοῦ Ἡφαίστου : Selon ce qu’ils (i.e. les prêtres) disent, Isis jura, après la mort d’Osiris, de ne plus souffrir commerce avec aucun homme et elle passa le reste de sa vie à régner tout à fait en conformité avec les lois et à surpasser tout le monde par les bienfaits à l’égard de ses sujets. Semblablement, elle aussi, quand elle quitta la vie, obtint des honneurs immortels et fut ensevelie à Memphis où on montre maintenant encore l’enceinte consacrée qui se trouve dans le sanctuaire d’Héphaïstos. (trad. M. Casevitz, LBL).

4

Salač 1927 ; cf. Bouzek et al. 1980, 59 et pl. 39. On trouvera infra p. 254-257 le texte grec et une traduction en français de celui-ci.

5

Parmi les nombreuses republications plus ou moins richement commentées de ce texte, on verra Roussel 1929 ; IG XII Suppl., p. 98-9 ; Harder 1943-1944, 20-1 ; Grant 1953, 131-3 ; I.Kyme 97-108 n° 41 et pl. XI ; Totti 1985, 1-4 n° 1 ; Merkelbach 1995, 115-8 ; Beard et al. 1998, vol. 2, 297-298 n° 12.4a ; Streete 2000 ; RICIS 302/0204 (ph) ; Muñiz Grijalvo 2006, 73-98.

6

IG X 2, 254 = RICIS 113/0545 : Ier-IIe s. apr. J.-C. ; 17 lignes correspondant à 24 versets sont partiellement conservées.

7

Veligianni & Kousoulakou 2008 ; RICIS Suppl. I, 113/1201 : IIe s. apr. J.-C. ; 17 lignes correspondant aux 18 premiers versets sont conservées.

8

IG XII 5, 14 = RICIS 202/1101 : IIe-IIIe s. apr. J.-C., qui donne la première moitié de l’arétalogie.

9

Inédit ; cf. RICIS 306/0201 : époque romaine ; les premières lignes de l’arétalogie sont gravées sur la partie supérieure d’une stèle brisée à hauteur du verset 4.

10

Sur le concept de biographie culturelle, voir la mise au point de van Eck et al. 2015 ; pour son application aux Aegyptiaca, Versluys 2015.

11

Parmi les multiples études consacrées à ce texte, mentionnons Festugière 1949 ; Müller 1961 ; Bergman 1968 avec la réponse de Müller 1972 ; Henrichs 1984 ; Dousa 2002 ; Quack 2003 ; Jördens 2013.

12

Une réalisation qui peut aisément être qualifiée d’anchored innovation.

13

Comparer avec Lambert 1999 ; cf. dans ce volume xxx.

14

Sur le concept d’interpretatio, Ando 2005 ; Versluys 2013 ; Colin et al. 2015 ; Pfeiffer 2015 ; Bettini 2016.

15

Voir Gasparini & Gordon 2014.

16

Burton 1972, 1-34 ; Chamoux 1993, xxiii.

17

Grandjean 1975, 17-21 ; Totti 1985, 60-1 n° 19 ; RICIS 114/0202 ; Loukopoulou et al. 2005, 383-5 n° E205.

18

L’introduction du culte de Sarapis sur l’île de Délos est due à un prêtre du nom d’Apollonios, dont l’origine memphite est clairement affirmée, voire revendiquée, que cela soit vrai ou non ; RICIS 202/0101 ; Moyer 2011, 142-207.

19

Sur les relations entre les Lagides et les grands prêtres de Memphis, Thompson 2012, qui montre bien le pouvoir grandissant du clergé memphite dès le début du IIe s. av. J.-C. ; voir aussi Quaegebeur 1980 ; Thompson 1990 ; Huß 2000 ; Gorre 2003, 33-4 ; Gorre 2009, 605-22 ; Gorre 2013, 104-5.

20

Agut-Labordère & Gorre 2014, 41-4. Cette création est contemporaine de la réunion de synodes nationaux, à Alexandrie, Memphis, Canope, etc. Sur le sens et les implications de ces décrets, on verra notamment, pour celui d’Alexandrie, essentiellement Kayser 2012 ; pour le décret de Canope, Daumas 1952 ; Pfeiffer 2004 ; enfin, pour le décret de Memphis, Leclant & Valbelle 1999 ; Nespoulous-Phalippou 2015.

21

Sur ces réseaux de diffusion, Eidinow 2011 ; sur le modèle théorique, en réalité bien fragile, des réseaux appliqué aux idées religieuses à l’époque impériale, Collar 2013.

22

Bricault 2014 et Arnaoutoglou 2018 pour les associations de Sarapiastes, par exemple.

23

La ou les premières lignes du texte d’Ios (RICIS 202/1101) manquent, tout comme le début du texte de Thessalonique (RICIS 113/0545).

24

Moyer 2017a, 326-35.

25

Comparer Wagman 2013.

26

Martzavou 2012, part. 276-86.

27

Πατὴρ μέν ἐστί μοι Κρόνος νεώτατος θεῶν ἁπάντων, εἰμὶ δὲ Ὄσιρις ὁ βασιλεύς, ὁ στρατεύσας ἐπὶ πᾶσαν χώραν ἕως εἰς τοὺς ἀοικήτους τόπους τῶν Ἰνδῶν καὶ τοὺς πρὸς ἄρκτον κεκλιμένους, μέχρι Ἴστρου ποταμοῦ πηγῶν, καὶ πάλιν ἐπὶ τἄλλα μέρη ἕως ὠκεανοῦ. εἰμὶ δὲ υἱὸς Κρόνου πρεσβύτατος, καὶ βλαστὸς ἐκ καλοῦ τε καὶ εὐγενοῦς ᾠοῦ σπέρμα συγγενὲς ἐγεννήθην ἡμέρας. καὶ οὐκ ἔστι τόπος τῆς οἰκουμένης εἰς ὃν ἐγὼ οὐκ ἀφῖγμαι, διαδοὺς πᾶσιν ὧν ἐγὼ εὑρετὴς ἐγενόμην.”

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Canonisation as Innovation

Anchoring Cultural Formation in the First Millennium BCE

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