Résumé

Dans cet article, nous proposons une lecture de l’œuvre mystique de Marie-Françoise Loquet, publiée dans les dernières décennies du XVIIIe siècle, qui met en avant le rôle des structures typiquement sérielles dans celle-ci. Nous présentons à cette fin une analyse croisée des quatre romans d’apprentissage religieux qu’elle publie de son vivant – Voyage de Sophie et d’Eulalie au Palais du Vrai Bonheur (1781), Entretiens d’Angélique pour exciter les jeunes personnes du sexe à l’amour et à la pratique de la vertu (1781), Cruzamante ou la Sainte Amante de la Croix (1786) et Entretiens de Clotilde pour exciter les jeunes personnes du sexe à la vertu (1788) – et le premier roman du marquis de Sade, publié dans la décennie suivante, Justine ou les malheurs de la vertu (1791) ; avec en outre quelques renvois ponctuels à ses Cent vingt journées de Sodome ou l’école du libertinage. Dans l’œuvre de Loquet, le lecteur trouve une combinaison à la fois de l’encyclopédisme typique de son époque – conçu comme volonté de tout décrire, et comportant une multiplication sans cesse des vices et vertus – et du système médiéval et pour ainsi dire organique de la série des Vices et Vertus. Dans les romans de Sade au contraire, le comptage mathématique et l’esprit de géométrie vident les vices et vertus de leur contenu moral, les réduisant à autant de « poses » dans son théâtre vicieux du monde.

In: La pensée sérielle, du Moyen Age aux Lumières

Résumé

Cet article se penche sur un corpus de textes du XVIIIe siècle et sur leur évocation d’un ensemble de métamorphoses – de la Bête en prince dans « La Belle et la Bête », et des chenilles en papillons – qui relèvent soit du domaine du merveilleux, soit de la nature. Prenant comme point de départ l’équivalence établie entre l’enfant et le papillon dans le discours pédagogique de la fin du XVIIe siècle, nous montrons l’existence d’un jeu intertextuel liant des textes provenant de domaines à première vue très différents : théologie, sciences naturelles et entomologie (Swammerdam, Réaumur), sériculture (Boissier de Sauvages), vulgarisation scientifique (Pluche) et surtout littérature de jeunesse (Le Magasin des enfants de Mme Leprince de Beaumont, Les Veillées du château de Mme de Genlis). L’image centrale des chenilles, des papillons, et des jeunes filles en fleurs amène ainsi une réflexion sur la place du merveilleux dans la littérature de jeunesse et sur le but de toute éducation par la littérature.

In: Jeux de mots – enjeux littéraires, de François Rabelais à Richard Millet
Volume Editors: Annemie De Gendt and Alicia Montoya
La pensée sérielle : du Moyen Age aux Lumières se propose d’étudier le phénomène discursif de la série, du Moyen Age à la première modernité. Le volume enrichit nos connaissances sur la façon dont la notion de série – actualisée entre autres sous la forme des sept vices et vertus, des cinq sens, de l’hexaëmeron - a été pensée et mise en forme dans les écrits philosophiques et littéraires et, de manière moins exhaustive, dans la peinture et la musique. Une réflexion méthodologique et théorique introduit le volume, offrant de nouvelles pistes scientifiques.

La pensée sérielle : du Moyen Age aux Lumières, a collection of essays edited by Anne-Marie De Gendt and Alicia C. Montoya, proposes to study the discursive phenomenon of the series, from the Middle Ages to early modernity. The volume sheds light on the way the concept of the series – manifested among others through the seven vices and virtues, the five senses, or the Hexameron – has been thought and formalized in philosophical and literary texts and, to a lesser extent, in music and the visual arts. A methodological and theoretical reflection introduces the volume, offering new scholarly approaches to the phenomenon.
Transnational Perspectives from the Late Middle Ages to the Dawn of the Modern Era
Interest in early modern women writers is on the rise. However, familiarity with their works varies greatly from one country to another, and resources to assess their historical significance remain insufficient. Yet empirical evidence suggests that women writers who are no longer well-known today played surprisingly varied roles in the literary field of early modern Europe. The papers collected in this volume address early modern female authorship from the late Middle Ages to the end of the eighteenth century, ranging geographically from Portugal to Russia, and from Italy to Denmark. In particular, they focus on three themes: the creation of female spaces or communities; women's appropriation of existing or developing literary genres; and transnational perspectives on early modern women's writings.

Contributors include: Vanda Anastácio, Bernadette Andrea, Mónica Bolufer, Philiep Bossier, Hans Bots, Kathleen Garay, Nina Geerdink, Perry Gethner, Elena Gretchanaia, Ineke Janse, Madeleine Jeay, Anne-Marie Mai, Christine Mongenot, Meredith Ray, Ina Schabert, and Lynn Lara Westwater.
In: La pensée sérielle, du Moyen Age aux Lumières
In: Early Modern Medievalisms
The Interplay between Scholarly Reflection and Artistic Production
Modernity has historically defined itself by relation to classical antiquity on the one hand, and the medieval on the other. While early modernity’s relation to Antiquity has been amply documented, its relation to the medieval has been less studied. This volume seeks to address this omission by presenting some preliminary explorations of this field. In seventeen essays ranging from the Italian Renaissance to Enlightenment France, it focuses on three main themes: continuities and discontinuities between the medieval and early modern, early modern re-uses of medieval matter, and conceptualizations of the medieval. Collectively, the essays illustrate how early modern medievalisms differ in important respects from post-Romantic views of the medieval, ultimately calling for a re-definition of the concept of medievalism itself.

Contributors include: Mette Bruun, Peter Damian-Grint, Anne-Marie De Gendt, Daphne Hoogenboezem, Tiphaine Karsenti, Joost Keizer, Waldemar Kowalski, Elena Lombardi, Coen Maas, Pieter Mannaerts, Christoph Pieper, Jacomien Prins, Adam Shear, Paul Smith, Martin Spies, Andrea Worm, and Aurélie Zygel-Basso.