Temps et aspect

De la grammaire au lexique

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Edited by Véronique Lagae, Anne Carlier and Céline Benninger

Temporalité et aspect peuvent être exprimés tant par la grammaire que par le lexique. De la comparaison entre langues, il ressort toutefois qu’il n’est pas possible d’établir une répartition, valable pour toutes les langues, des tâches dévolues respectivement à la grammaire et au lexique dans l’expression du temps et de l’aspect. Pour l’aspect en particulier, les différences entre les langues sont grandes. Ainsi certaines oppositions qui relèvent de l’aspect lexical en français se présentent comme grammaticalisées dans les langues slaves. Même à l’intérieur d’une même langue, on ne peut admettre l’existence d’une réelle frontière entre grammaire et lexique. En effet, certains marqueurs temporels ou aspectuels se trouvent dans la zone frontière entre ces deux domaines. Il en va ainsi des semi-auxiliaires d’aspect en français : leur origine étant lexicale, ils ont subi un processus de grammaticalisation qui n’a toutefois pas entièrement abouti. Par ailleurs, on observe des interférences voire des incompatibilités entre aspect grammatical et aspect lexical.
Le présent recueil, qui réunit des contributions à la troisième édition du colloque Chronos (Valenciennes, 29-30 octobre 1998), se propose d’ouvrir des pistes de réflexion en explorant quelques-uns des moyens propres à l’expression de la localisation temporelle et de l’aspect, des plus grammaticalisés aux plus nettement lexicaux, en particulier la construction verbale (A. Carlier, V. Lagae), l’auxiliaire be associé à V- ing (G. Girard, G. Mélis), les semi-auxiliaires (D. Battistelli et J.-P. Desclés), les préfixes (D. Amiot, A. Israeli, D. Paillard), les compléments temporels (L. José, H. de Penanros) et les noms (N. Flaux, K. Paykin).

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Edited by Anne Carlier, Véronique Lagae and Céline Benninger

Le temps est structuré à l'image de nos facultés de compréhension. Il en résulte la dissymétrie, bien connue, entre passé et futur : à la différence des faits à venir, les faits révolus possèdent déjà le statut de réalité et sont de ce fait accessibles à la connaissance. Aussi les langues ont-elles développé un dispositif particulièrement riche de formes permettant de localiser avec précision les situations passées, permettant également de spécifier le mode de déroulement de ces situations. Cette richesse caractéristique du domaine du passé trouve un reflet dans le présent volume, réunissant des contributions à la troisième édition du colloque Chronos, qui s'est tenue à Valenciennes les 29 et 30 octobre 1998.