La première traduction française des comédies de Plaute par l’abbé Michel de Marolles paraît en 1658 et elle constitue un moment intéressant dans l’histoire de la réception du comique latin en France. Certaines de ses pièces avaient certes été adaptées à la scène française auparavant, mais cette édition bilingue a la prétention de transmettre un savoir érudit sur ce corpus, grâce à un apparat critique développé, tout en touchant le lectorat mondain : pour ce faire, Marolles donne un air « galant » à la traduction et au commentaire critique. La conséquence la plus frappante, en termes d’herméneutique des textes, de cette nouvelle posture du traducteur et de l’éditeur « scientifique », est l’inscription des réflexions de Marolles, souvent intéressantes, sur la dramaturgie latine (usage de l’aparté, métathéâtralité…) dans les débats contemporains sur le théâtre, grâce au dialogue qu’il mène, dans les notes et remarques, avec La Mesnardiere ou d’Aubignac.

In: Philologie et théâtre