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  • Author or Editor: Bérengère Moricheau-Airaud x
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Résumé

La recherche permanente par Annie Ernaux d’une écriture qui serait encore à venir s’est traduite, notoirement, par le choix d’une écriture plate ou encore par celui de raconter une expérience personnelle à la troisième personne. Elle se perçoit encore dans les modulations de la représentation de discours au sein de ses œuvres. Son journal d’avant-écriture, L’Atelier noir, et même ses textes, par leur conception des discours comme espace sociologique, lié au rendu du réel, investissent ces « paroles rapportées » d’enjeux tels que toute caractéristique formelle, et de surcroît toute évolution dans les configurations énonciatives, est signifiante au regard de la volonté d’une forme nouvelle. Les dispositifs discursifs, analysés dans quatre de ses œuvres, rendent sa recherche particulièrement sensible : bien des représentations de Ce qu’ils disent ou rien présentent un effilochage des marques suggestif d’une immédiateté avec le remémoré ; dans La Place, les diverses formes d’incorporation du discours représenté contribuent à un certain fondu énonciatif ; les manières de représenter les discours dans Les Années manifestent une tension vers le réel ; celles de Mémoire de fille, où se retrouve un marquage aléatoire, présentent par ailleurs une inflexion vers la représentation de discours non actualisés. Or, au-delà des variations linguistiques, ces constats formels convergent vers des effets de lecture comparables : l’irremplaçable de la parole, l’irréductible de son hétérogénéité et le caractère constitutif de l’altérité discursive. Les changements dans la représentation de ces discours sont donc moins des ruptures que des variations dans une continuité : des modulations, qui cristallisent les tensions à l’œuvre dans l’écriture, et de là les tensions littéraires, sociologiques et historiques vécues et évoquées par l’auteure.

In: Changer de style
In: La naissance du texte proustien
In: La naissance du texte proustien
In: Sensations proustiennes

Résumé

Dans À la recherche du temps perdu, l’ironie naît de la représentation de discours, particulièrement de systèmes de couplage de paroles rapportées qu’une contradiction met sous tension, selon le patron stylistique de la mention-écho. Le feuilletage énonciatif qui résulte de cette association en binôme fait jouer la discordance entre divers plans discursifs. La variété énonciative de ces configurations est accrue par la multiplicité des causes de divergence sémantique, ce qui constitue ces couplages en système globalisé de la mention-écho. Leurs effets ironiques s’inscrivent au cœur de l’œuvre tant ils cristallisent des tensions symboliques de ses enjeux socio-historiques, philosophiques et poétiques.

In: Proust et le rire

Résumé

La recherche permanente par Annie Ernaux d’une écriture qui serait encore à venir s’est traduite, notoirement, par le choix d’une écriture plate ou encore par celui de raconter une expérience personnelle à la troisième personne. Elle se perçoit encore dans les modulations de la représentation de discours au sein de ses œuvres. Son journal d’avant-écriture, L’Atelier noir, et même ses textes, par leur conception des discours comme espace sociologique, lié au rendu du réel, investissent ces « paroles rapportées » d’enjeux tels que toute caractéristique formelle, et de surcroît toute évolution dans les configurations énonciatives, est signifiante au regard de la volonté d’une forme nouvelle. Les dispositifs discursifs, analysés dans quatre de ses œuvres, rendent sa recherche particulièrement sensible : bien des représentations de Ce qu’ils disent ou rien présentent un effilochage des marques suggestif d’une immédiateté avec le remémoré ; dans La Place, les diverses formes d’incorporation du discours représenté contribuent à un certain fondu énonciatif ; les manières de représenter les discours dans Les Années manifestent une tension vers le réel ; celles de Mémoire de fille, où se retrouve un marquage aléatoire, présentent par ailleurs une inflexion vers la représentation de discours non actualisés. Or, au-delà des variations linguistiques, ces constats formels convergent vers des effets de lecture comparables : l’irremplaçable de la parole, l’irréductible de son hétérogénéité et le caractère constitutif de l’altérité discursive. Les changements dans la représentation de ces discours sont donc moins des ruptures que des variations dans une continuité : des modulations, qui cristallisent les tensions à l’œuvre dans l’écriture, et de là les tensions littéraires, sociologiques et historiques vécues et évoquées par l’auteure.

In: Changer de style