Ural Manço, Mireille-Tsheusi Robert and Billy Kalonji

Résumé

Se basant sur une observation participante et le témoignage professionnel de deux travailleurs sociaux congolais, l’article souligne, à Anvers et à Bruxelles, les rapports entre autorités locales et associations belgo-congolaises qui rappellent l’ordre colonial. Cette réminiscence peut fournir une explication aux dysfonctionnements qui apparaissent lors de la prise en charge des jeunes belgo-congolais. Les besoins socioculturels des Belgo-Congolais ne sont pas rencontrés et leurs associations ne sont pas assez reconnues ni financées. La contribution étudie également la question identitaire de ces jeunes en proposant deux hypothèses qui pourraient fournir une base explicative au phénomène des « bandes urbaines », concernant la déstructuration de la famille migrante congolaise et l’effet socio-psychologique des séquelles coloniales. Cette approche tend à rendre caduque la réduction (souvent opérée par les pouvoirs publics) des réalités sociales des jeunes Belgo-Congolais à celles des jeunes Belges issus des immigrations marocaine et turque.