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Vous ne lisez pas les notes en bas de page ? Vous avez tort. Rien de plus passionnant qu’une note infrapaginale, ou marginale, ou finale car il est vrai que nos dispositifs d’annotation sont divers. Souvent c’est la note qui contient l’essentiel. C’est alors par elle qu’il faut commencer. Nous distinguons entre le texte et le paratexte mais le paratexte est aussi une autre sorte de texte. Une « frange d’incertitude » (Genette) nous permet de passer d’un régime à l’autre. Les choses deviennent intéressantes à ce moment. Imaginez la note à la place du texte, le texte à la place de la note. Votre univers bascule, vous entrez dans un monde parallèle. La littérature est le lieu où la frontière entre le texte et les notes devient indécidable. Le présent volume passe en revue les pratiques d’annotation en contexte européen et ailleurs. Il offre au lecteur une riche série « d’études de cas » où le geste de l’annotateur est observé in actu. Parmi les auteurs étudiés : Balzac, Chateaubriand, Eliot, Mallarmé, Nabokov, Proust, Rimbaud, Oliver Rolin, et bien d’autres.

You don’t read footnotes? You are mistaken. There’s nothing more passionate than a footnote, a sidenote, or an endnote. The essential part of the message is the footnote. Narratologists distinguish between texte and paratexte, but the paratexte is just a different kind of texte. A frange d’incertitude (Genette) allows one to switch from one system to another. Imagine the note in the position of the text and the text in the position of the note. Your universe switches: you enter into a parallel world. Literature is the place where the border between the text and the notes becomes undecidable. The current volume reviews annotation practices in and outside of the European context. It offers a substantial series of “case studies” to the reader, where the actions of the annotateur are observed in actu. Among the studied authors: Balzac, Chateaubriand, Eliot, Mallarmé, Nabokov, Proust, Rimbaud, Oliver Rolin, and many others.

Avec des contributions de / With contributions from Anikó Ádám, Emmanuel Bouju, Maria de Jesus Cabral, Riccardo Campi, Ana Paula Coutinho, Andrea Del Lungo, Karen Haddad, Vincent Jouve, Fatima Outereirinhou, Claude Perez, Marika Piva, Nathalie Roelens, Franc Schuerewegen.
Chateaubriand aime les choses : leur aspect, présence, allure, texture. Sans doute pourrait-on parler d’un « parti pris des choses », à la Francis Ponge, poète qui, de ce point de vue, lui ressemble un peu. La critique chateaubrianesque, on le sait, a tendance à privilégier les « grands sujets » : la politique, l’Histoire. Elle a donc laissé dans l’ombre les galets de la plage de Dieppe, les arbres et les fleurs, les chemises du chevalier, les babouches de Constantinople, les lits, portes et serrures de la chambre de Waldmünchen, les brins d’herbe qui attirent l’attention du voyageur et du mémorialiste et qui sont aussi, pour l’écrivain, une véritable matière première. Car si la littérature a pour vocation de dire le réel avec les mots, il importe de choisir les mots justes. Trop de mots tuent le réel ; quand il n’y en a pas assez, l’écrivain est condamné au silence. De là vient une tension récurrente dans l’analyse, et aussi sans doute dans les textes : l’objet anodin, la « petite chose » peut très facilement se muer en son contraire ; elle devient alors allégorie ou symbole, elle exprime le Sens. S’intéresser à Chateaubriand « chosiste », c’est donc à la fois laisser aux choses leur insignifiance, et les faire signifier, mission délicate dont s’acquittent avec brio les contributeurs au présent volume.

Résumé

Microlecture de l’épisode waldmünchenien qu’on lit au livre trente-sixième des Mémoires d’outre-tombe (chap. 9, 10, 11). Il s’agit de montrer que le texte, dont on dirait en première lecture qu’il a été écrit à bâtons rompus, est en réalité soigneusement composé et que Chateaubriand y propose sa version, en partant d’un personnage de vacher, et d’une méditation sur les lits, et en s’armant par ailleurs d’une bonne dose d’ironie, de la très ancienne doctrine des « deux corps du roi » (Kantorowicz).

In: Jeux de mots – enjeux littéraires, de François Rabelais à Richard Millet
In: Michel Houellebecq
In: Marcel Proust Aujourd’hui 11
In: Paroles de salauds
In: Marcel Proust Aujourd'hui 5
In: Proust et la Hollande
In: L'Intime – L’Extime