Marie Godin

The Democratic Republic of Congo (DRC), and in particular the eastern part of the country, is characterized by a protracted conflict situation and is home to some of the world’s most horrific documented cases of sexual violence against women. For many years now Congolese women in the diaspora have been engaged in initiatives to raise awareness of the sexual and gender-based violence (SGBV) of Congolese women back home, addressing the root causes of the conflict and promoting specific peace and conflict resolutions. This article examines ways of protesting using art as a political tool in addressing SGBV in the DRC. In doing so, it highlights two politico-artistic projects by Congolese women activists living in Belgium: Hearth of a mother, a theatre piece and Stand up my mother, a photographic exhibition. This article aims to analyse these particular projects in terms of Tilly’s ‘repertoires of contention’ (2006) as used by activists of the Congolese diaspora in order to make their voices heard.

Césarine Bolya Sinatu, Marie Godin and Nicole Grégoire

Résumé

A partir d’une situation d’interpellation parlementaire mettant en scène une tribune de femmes d’origine congolaise dénonçant la situation de guerre et de violence sévissant à l’Est du Congo, cet article se penche sur la présence croissante de femmes d’origine congolaise dans l’espace public belge. Tout d’abord, l’article met en relation l’histoire de l’évolution des rapports sociaux de sexe au Congo et la socialisation politique de certaines femmes d’origine congolaise dans l’espace public belge à travers notamment le développement d’un tissu associatif congolais particulièrement féminisé. Ensuite, le cadre dans lequel la dénonciation faite par les femmes prend place est analysé par le biais d’un outillage théorique innovant, articulant des concepts de la sociologie pragmatique (Boltanski et al. 1984; Boltanski et al. 2007) et de la théorie des mouvements sociaux (Snow et al. 1986). L’analyse montre que les rapports postcoloniaux belges peuvent donner lieu, dans l’espace public, à des situations d’interaction paradoxales où l’histoire coloniale, alors qu’elle sous-tend l’ensemble des échanges, doit être gardée sous silence sous peine de grever la légitimité et la cohérence de la prise de parole en public. Cette stratégie d’évitement du cadre postcolonial permet aux femmes de faire entendre leurs voix.