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Abstract

Les documents relatifs à la réconciliation des Novatiens ont engendré plusieurs polémiques parmi les commentateurs modernes. Ces documents permettent pourtant de commencer à mieux saisir les principes pneumatologiques qui sont à l’origine d’un certain nombre de pratiques anciennes non élucidées, concernant l’usage de l’imposition des mains associée au don de l’Esprit dans l’initiation, les ordinations, et la réconciliation des séparés et des pénitents, laïcs et clercs. Les communautés chrétiennes ont opéré un discernement au cours des deux premiers siècles de leur histoire. Une véritable théologie de l’observation est à l’origine de ce discernement concernant la possession ou la vacance de l’Esprit chez un croyant. À l’origine, on n’impose pas la main à celui qui est déjà en possession de l’Esprit, mais seulement à celui qui l’a perdu ou qui ne l’aurait pas encore reçu. Cette pneumatologie a continué de fonctionner après la fixation des rites dans les liturgies de l’initiation et des ordinations. L’imposition des mains postbaptismale effectuée sur les néophytes avait la même finalité que celle effectuée sur les clercs dans les ordinations ; elles ont une origine commune : l’épiclèse associée à ces impositions des mains demandait à Dieu de donner son Esprit au néophyte ou à l’ordinand au cas où ceux-ci ne l’auraient pas reçu. En vertu de cette pneumatologie, ces impositions des mains étaient réitérées dans la réconciliation des laïcs (d’origine catholique ou séparée), et tout autant dans la réconciliation des clercs (d’origine catholique ou séparée) quand ceux-ci étaient reçus dans leur rang : soit parce que ces deux catégories de pénitents, laïcs et clercs, avaient perdu l’Esprit (cas des pénitents d’origine catholique) ; soit parce qu’elles ne l’avaient encore jamais reçu (cas des séparés). Ce chapitre expose aussi plus précisément les modalités d’application des règles pénitentielles à l’égard des clercs faillis, ou d’origine séparée, réconciliés dans leur rang moyennant une dispense exceptionnelle. Il montre en outre la continuité du rituel à l’égard des Novatiens durant toute la période patristique.

La perte de l'Esprit Saint et son recouvrement dans l'Église ancienne

La réconciliation des hérétiques et des pénitents en Occident, du IIIe siècle jusqu’à Grégoire le Grand

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