Ałt‘amar est devenu, pour la postérité, le monument le plus célèbre d’un royaume du Vaspurakan1, qui a existé, au sud de l’Arménie, entre 908 et 1021. Le Vaspurakan est consacré comme une entité territoriale distincte par le traité de 591, quand les conquêtes de Maurice entraînent la division de la province du Turuberan, en Tarawn, à l’Ouest, sous contrôle byzantin, et en Vaspurakan, à l’Est, sous domination sassanide2.

L’étymologie de Vaspurakan est heureusement assez transparente pour laisser entrevoir par quelle évolution un banal adjectif en -akan, a pu acquérir un sens toponymique localisé dans cette région. Il est clair en effet que le radical est composé de l’épithète vas- signifiant « précieux, de haute noblesse », et de – pur-, reposant sur un thème indo-iranien, qui désigne le « fils », comme c’est le cas par exemple dans le nom du fleuve Brahmapoutre3. Le Vaspurakan est donc la terre qui appartient en propre aux « fils de haute noblesse ».

Qui sont ces mystérieux personnages ? Tout simplement, les frères cadets ou les cousins du roi. Bref, tous les princes du sang, qu’il vaut mieux tenir à l’écart de la cour pour éviter les intrigues de palais, et autres rivalités fratricides. Movsēs Xorenac‘i nous apprend4 qu’à l’époque arsacide ces princes étaient consignés au Nord du lac de Van, près des pêcheries royales d’Aṙberani, et qu’ils ne pouvaient quitter ce secteur sans se rendre coupables de haute trahison. C’est ainsi que leur domaine princier fut qualifié de vaspurakan et que, par une sorte de métonymie, cet adjectif fut transformé en nom propre pour désigner des territoires de plus en plus étendus : au VIe siècle, l’Est du Turuberan puis, dès le VIIe siècle, presque tout le Sud-Est arménien, si l’on en croit la Géographie d’Anania Širakac‘i5.

Quand Gagik Xač‘ik (908–943) fonde, en 908, le royaume du Vaspurakan, le domaine arcrunide s’étend, du Nord au Sud, de l’Araxe aux montagnes du Korduk‘, baignées par le Tigre, et d’Ouest en Est, depuis le lac de Van jusqu’au lac d’Urmia. Il comprend 33 des 35 cantons attribués au Vaspurakan par Anania Širakac‘i. S’y ajoutent la province de Mokk‘, et six autres cantons.6 Passagèrement Gagik Xač‘ik a même réussi à contrôler une partie de la plaine de l’Ararat que ses successeurs n’ont pas conservée. Bien que le futur constructeur d’Ałt‘amar ait prétendu se faire couronner par Yūsuf « roi de l’Arménie tout entière », son domaine se concentre essentiellement sur l’Arménie vanique, berceau d’Urartu et principal foyer d’arménisation au milieu du premier millénaire avant notre ère.

Premier roi du Vaspurakan, Gagik Xač‘ik est en fait l’héritier du patient travail de ses ancêtres, qui affichèrent des ambitions royales dès la seconde moitié du IXe siècle. C’est son père, Derenik Grigor7, qui commande à T‘ovma Arcruni la grande saga historique achevée en 904 à la gloire de la lignée des Arcrunides. En réplique à la réécriture de l’ancienne historiographie mamikonienne par les serviteurs des Bagratuni, comme Łewond8 ou l’auteur qui se cache sous le masque de Movsēs Xorenac‘i9, les maîtres du Vaspurakan revendiquent une geste dynastique supérieure à celle de leurs rivaux de l’Arménie septentrionale et surtout une plus grande légitimité apostolique à dominer la nation arménienne.

Car, si les Bagratuni, dans la plaine de l’Araxe, contrôlaient tous les lieux saints de la conversion officielle du pays, au IVe siècle, par Grégoire l’Illuminateur, ils ne gardaient que peu de vestiges les reliant à la première évangélisation par les apôtres et disciples du Christ. Certes, le Tarawn conservait la mémoire d’un « siège de l’apôtre Thaddée »10, mais ce territoire fut annexé par Byzance11 dès 966, et surtout Thaddée n’avait fait que passer par l’Arménie avant de partir pour l’Orient12. Au contraire, les Arcruni pouvaient prétendre à l’héritage de saint Barthélemy, enterré à Artaz, où, revenant de Perse, il avait jadis été consacré évêque d’Arménie13. Cette légende fut sans doute élaborée à l’époque du prince Hamazasp Arcruni, qui gouverna la périphérie du lac de Van de 762 à 785, afin d’accompagner l’ascension dynastique de sa lignée et de qualifier le Vaspurakan pour abriter le siège de l’Église nationale.

Cet événement longuement préparé se produisit vers la dernière année du pontificat de Yovhannēs V, mort14 en 925, et dura jusqu’en 950. Sur le chevet de l’église de la Sainte-Croix, selon l’interprétation proposée par le regretté Michel van Esbroeck, Élie fait face à Barthélemy et Jean Baptiste à saint Grégoire l’Illuminateur15.

Aujourd’hui, quand on découvre l’église de la Sainte-Croix esseulée sur l’île d’Ałt‘amar, on a peine à croire qu’elle était environnée d’un port et d’un palais entouré de remparts, avec des tours et des bastions, un chemin de ronde où le roi et ses courtisans pouvaient causer à l’aise en admirant le paysage. À l’arrière-plan, s’étageait une ville, qui resta fort prospère au moins jusqu’au XVe siècle16. Devant la solitude actuelle, on se croirait revenu à l’époque reculée où le sol paraissait vierge de tout vestige.

Mais tous les lecteurs du Continuateur de T‘ovma Arcruni savent bien qu’Ałt‘amar était le couronnement de plusieurs campagnes architecturales17 qui avaient commencé à se déployer d’un bout à l’autre du Vaspurakan, bien avant le règne de Gagik Xač‘ik. Son père, Derenik Grigor, avait fait aménager, à l’Ouest et à l’Est d’Amrakan18, comme on appelait alors la célèbre roche de Van, des salles de festin creusées dans la roche. Gagik Xač‘ik y ajouta des ornements dorés, une citerne et un aqueduc souterrain, des églises troglodytes ou bâties en pierre, au sommet et au pied du promontoire.

En fait, depuis 895, quand il était devenu sparapet du Vaspurakan, le prince s’était efforcé d’aménager le territoire de son État, en le dotant de toutes les protections, naturelles et surnaturelles.19 En 904, en même temps que la roche de Van, il restaure la forteresse de Ostan et bâtit dans la ville de Getk‘, un palais d’été donnant sur la vallée de l’Araxe et le mont Ararat. À Maṙakan, il érige la forteresse de Jork‘, entourée d’une cité protégée par des remparts, avec un palais d’hiver20.

À partir de 915, tout en bâtissant l’église de la Sainte-Croix, la ville et le palais d’Ałt‘amar, il adjoint un autre palais à la forteresse de Ostan21. Tous ces monuments, d’architecture militaire et civile, s’accompagnent de multiples églises, dont les vocables suggèrent tour à tour la protection des saints – comme Surb-Gēorg sur le lac de Van – et le triomphe des fins dernières, comme Sion, Yarut’iwn (la Résurrection) et Hambarjumn (l’Ascension)22.

La Croix du Christ tient une place d’honneur dans ces sanctuaires. On vénère une croix thaumaturge à Ostan, dans l’église de la Mère-de-Dieu (Astuacacin)23. Depuis l’époque du catholicos Nersēs III (641–661), une relique de la vraie Croix est conservée dans le monastère du mont Varag24 :  Gagik Xač‘ik la couvre d’or et de joyaux et l’enchâsse dans une somptueuse staurothèque25.

On notera que notre église de la Sainte-Croix porte le nom de Surb Xač‘, et non pas de Surb Nšan. Il y a plus d’une nuance entre ces deux termes, et l’on pourrait même soutenir qu’ils ne désignent pas, stricto sensu, la même réalité. La sainte Croix est le bois du Calvaire, un objet visible et concret26, qui est l’instrument de la mort du Sauveur et de la rédemption des chrétiens. Depuis l’époque d’Héraclius, elle est devenue un monopole impérial, dont le Basileus distribue les reliques au fur et à mesure qu’il reconquiert son Empire27.

Au contraire, le saint Signe est un emblème abstrait, pour ainsi dire immatériel. C’est le symbole igné par lequel Constantin a vaincu. C’est « le Signe du Fils de l’Homme », qui apparaîtra dans le ciel à la fin des temps28. La transformation de la Croix concrète du Calvaire en un signe qui échappe aux servitudes spatiales des objets ordinaires est en harmonie avec le versant antichalcédonien de la christologie arménienne. Serait-il excessif de se demander si la préférence du Vaspurakan pour la Croix proprement dite n’est pas déjà l’indice d’une ouverture vers la chrétienté byzantine et toutes les formes d’art compatibles avec elle, notamment les fresques et les images, comme les peintures et les bas-reliefs d’Ałt‘amar ?

Au Xe siècle, le monastère de Narek devient, en Arménie, le vrai foyer d’étude des arts libéraux et de réflexion religieuse29. Sanahin ne s’épanouira pleinement qu’au début du siècle suivant, avec l’abbé Sargis et Grigor Magistros, puis Anania Sanahnec’i. C’est à Narek, et dans le Vaspurakan, que s’élabore la réplique à l’hérésie thondrakienne, qui est le défi le plus grave à l’institution ecclésiale, à la foi dans la divinité de Jésus Christ et dans l’efficacité surnaturelle des sacrements, ou, comme on dit en arménien, des « mystères »30 (xorhurdk‘).

Le premier de tous les « mystères » (« mystère profond et prodigieux »31), est celui de la sainteté de Dieu, qui rend l’homme conscient de sa propre finitude et de son péché. La racine du péché est la somnolence, la torpeur semblable à la mort. « Veillez et priez » dit l’Évangile32. La théologie de Narekavank‘, fondé en 935 (vingt ans seulement après la Sainte-Croix d’Ałt‘amar et sur la rive sud du lac de Van, juste en face de ce monument prestigieux), est beaucoup plus qu’une doctrine argumentée : c’est une pratique raisonnée de la vigilance, un dialogue avec Dieu « des profondeurs du cœur », (c’est-à-dire bien au-delà des formules dogmatiques et des mots de la prière), un accès intime au mystère à travers une série d’éblouissements successifs.

Il est bien connu que cette théologie mystique, proprement vaspurakanienne, a exaspéré le catholicos Anania Mokac‘i (942–966)33, pourtant originaire de la région, mais obsédé par les prérogatives de sa fonction et par la diffusion des idées chalcédoniennes, où il voyait une forme de « néo-nestorianisme »34. Après avoir siégé sept ans à Ałt‘amar, il quitte le Vaspurakan, et va s’installer auprès du roi Abas Bagratuni (929–953), la médiocrité intellectuelle incarnée35. De là, il fulmine des anathèmes contre l’évêque Xosrov Anjewac‘i36, étroitement lié à Anania, abbé de Narekavank‘, qui sera plus tard accusé à son tour37.

Il me semble que nous devrions avoir à l’esprit cette théologie du mystère quand nous contemplons l’église de la Sainte-Croix d’Ałt‘amar. « Mystère » doit s’entendre dans toute l’extension sémantique du terme xorhurd et dans toutes les activités liturgiques et les modes de pensée qu’il implique. Par mystère, on peut désigner l’essence même de Dieu, mais aussi la liturgie, le rituel, et les sacrements qui en découlent, ainsi que la démarche anagogique, par quoi l’on remonte de l’ombre à l’image, de l’Ancien au Nouveau Testament, du visible à l’invisible, du symbole à l’essence surnaturelle qu’il représente. Telle est, n’en doutons pas, la clef des peintures et des sculptures d’Ałt‘amar, ainsi que des énigmes qu’il nous faut déchiffrer.

Ce n’est là, sans doute, qu’un aspect isolé des questions et des recherches que peut susciter un monument tel que la Sainte-Croix. Mais je compte sur la variété de vos interventions pour élargir notre horizon intellectuel autant qu’il le faudra.

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1Grousset 1947, 433–553. Selon Felix 1981, 138, la cession complète du royaume à Byzance, en 1021, par le roi Senek‘erim Yovhannēs avait été précédée, en 1019, d’une cession partielle consentie par le fils du roi, Dawit‘ Senek‘erim, sur ses possessions personnelles.
2Adontz 1970, 179.
3Ibid., 337–338 ; cf. Ačaṙyan 1971–1979, t. 4, 310.
4Movsēs Xorenac‘i, II, 22. 61 (Mahé 1993, 178, 213).
5Anania Širakac‘i, Géographie (Ašxarhac‘oyc‘) VIII ; cf. Soukry 1881, 32–33 (en arménien), 43–44 (en français). Le royaume du Vaspurakan en vient à compter 35 cantons sur 40 870 km2, cf. Eremyan 1963, 81–82.
6Cf. Hewsen 2001, 116–117.
7Comme le montre la préface de l’auteur appelant son commanditaire « Grigor, seigneur des Arcruni et prince du Vaspurakan ». Ce Derenik Grigor règne de 847 à 887. Cf. T‘ovma Arcruni, Préface (Thomson 1985, 63). Mais l’œuvre commencée sous ce prince fut achevée sous Gagik Xač‘ik, à qui T‘ovma s’adresse à deux reprises : T‘ovma Arcruni, I, 6 (Thomson 1985, 108) et I, 11 (Thomson 1985, 142).
8Si l’on maintient la datation traditionnelle de Łewond vers 789 (Łewond 2015, VI. 237–260), son œuvre précède d’un siècle la royauté d’Ašot Bagratuni. Mais selon Greenwood 2012, elle lui est légèrement postérieure. Dans les deux cas, la chronique de Łewond remplit, pour les Bagratuni, le même office que celle de T‘ovma pour les Arcruni.
9Garsoïan 2003–2004.
10Buzandaran III, 12. 14 ; IV, 3 (Garsoïan 1989, 82, 89, 110).
11Comme l’a montré Greenwood 2014, cette annexion provoque une réécriture immédiate de la conversion de l’Arménie à travers les chroniques pseudépigraphes de Zenob Glak et Yovhannēs Mamikonean, cf. Avdoyan 1993.
12D’après la version arménienne de Labubna (Łerubna) d’Édesse, « l’apôtre Até (= Thaddée) prit la résolution d’aller prêcher dans les pays de l’Orient », Langlois 1867–1869, t. 1, 324.
13Č‘rak’ean 1904, 352–357. Le texte déforme le nom d’Artaz en Artašu. Voir l’exégèse de cet apocryphe par van Esbroeck 1983, 191–193.
14Comme le montre Zuckerman d’après la correspondance d’Anania Mokac‘i, le catholicos est mort en 925 et non en 929, cf. Zuckerman 2014, 845.
15van Esbroeck 1983, 190.
16T‘ovma Arcruni, IV, 7 (Thomson 1985, 354–358).
17Résumé de ces campagnes d’après T‘ovma Arcruni, dans Mahé 2012, 142–145.
18Dérivé de l’adjectif amur « ferme », qui ne s’applique pas seulement à des fortifications artificielles, mais aussi à tout site naturellement retranché, en raison du relief, de la végétation ou de la configuration des lieux.
19T‘ovma Arcruni, III, 29 (Thomson 1985, 317–320).
20Ibid., III, 29 (Thomson 1985, 315–316).
21Ibid., IV, 6 (Thomson 1985, 353–354).
22Sur toutes ces églises, voir ibid., III, 29 (Thomson 1985, 315).
23Ibid., III, 27, 29 (Thomson 1985, 307, 315).
24Reconquis par Derenik Grigor : ibid., III, 29 (Thomson 1985, 317).
25Ibid., III, 29 (Thomson 1985, 317).
26Ce qui fait de la croix un objet concret, c’est qu’elle est en bois, encore toute proche de l’arbre dont elle a été tirée. Par là même, comme nous l’apprenons par la prière sur « le bienheureux bois de béatitude » (Grégoire de Narek, Livre de Lamentation, 92, cf. Mahé 2000 et 2007), composée en 1001 par Grégoire de Narek, elle est semblable à l’arbre du Paradis. Mais si l’on considère seulement la matière brute, on peut aussi en faire une massue, une arme pour repousser Satan, Mahé 2007, 417–418.
27Lerou 2004, principalement 161, 170.
28Mt 24 : 30.
29Sur l’école de Narek, on dispose à présent des magnifiques travaux du regretté T‘amrazyan 1986 ; 1999 ; 2004 ; 2016 ; à quoi s’ajoute l’édition des textes eux-mêmes dans la série Matenagirk‘ Hayoc‘, t. 11 et 12 (Antélias 2008–2010).
30Le mot « mystère » s’entend ici, non pas au sens d’initiation secrète, comme dans la Grèce antique, mais de « dessein caché de Dieu », comme dans les Septante. Sur les mystères sacramentels, voir la lettre aux moines de Kčaw contre les Thondrakiens, rédigée par Grégoire de Narek au début des années 990 ; traduction dans Mahé 2000, 787–792.
31Pour citer le cantique de Xač‘atur Tarōnac‘i (XIIIe s.) qui sert aujourd’hui d’ouverture à la liturgie eucharistique, cf. Gugerotti 1991, 155.
32Mt 26 : 41.
33Cf. Zuckerman 2014, 844–845.
34Cf. Boisson, Mardirossian et Ouzounian 2014, spécialement 788, 792, 794, et surtout 812 : « L’hérésie de Nestorius, celle de Chalcédoine ».
35Quand il n’était encore que « prince des princes », il se comportait toujours comme un simple suiveur de son frère Ašot II. La seule initiative qu’on lui connaisse montre la faiblesse de son jugement : il a soutenu son beau-père, le Géorgien Gurgen, contre les deux rois d’Arménie et de Géorgie, cf. Yovhannēs Drasxanakertc‘i, ch. 50 ; 57 ; 59 ; 60 (Boisson-Chenorhokian 2004, 285, 325, 331, 336). Sur le règne d’Abas, voir Mahé 2012, 146–149.
36Texte et traduction in Boisson, Mardirossian et Ouzounian 2014, 831–833 ; les pages suivantes (834–841) contiennent une autre réplique à Xosrov Anjewac‘i.
37Comme nous l’apprenons par le Libelle de confession qu’Anania adresse au catholicos Xač‘ik Aršaruni, cf. Tēr Mkrtč’ean 1979, 233 (traduction partielle par Mahé 2000, 56).

The Church of the Holy Cross of Ałt‘amar

Politics, Art, Spirituality in the Kingdom of Vaspurakan

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