Annie Ernaux ou l'exil intérieur

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L'oeuvre d'Annie Ernaux, des Armoires Vides au Journal du dehors, constitue un réseau à la fois psychologiquement, sociologiquement vaste et matériellement compact des rapports humains et des expériences féminines, et ceci sans aucune prétention généralisante, sans aucune vision platement esthétisante. Cette poétique de la relation, tiraillée entre des sentiments d'exil, de maladresse, de culpabilité même et le besoin de témoigner, d'agir, de (se) reposséder, s'insère d'ailleurs, et très consciemment, très lucidement, à l'intérieur d'une problématique de l'écriture: comment témoigner, comment dire, parler sans tomber dans le narcissique ou l'inauthentique ou, pire, le romanesque. L'étude de Claire-Lise Tondeur, aussi exemplaire dans son honnêteté et dans la scrupuleuse clarté de ses analyses que les textes d'Annie Ernaux elle-même, nous permet de voir à quel point le projet socio-éthique de celle-ci reste ainsi non seulement une mise en question du réel mais aussi une interrogation du rôle complexe de l'expression, écrite et orale, dans toute aspiration à cette plénitude, cette simplicité unificatrice, qui nous hante au coeur de nos sentiments d'absence, d'aliénation, de différence.
Table of contents
Introduction. I L'enfance. II L'adolescence: découverte de l'exil intérieur. III La femme gelée: mariage, maternage, ménage. IV Relation père/fille. V Relation mère/fille. VI Libération par la passion. VII Le vrai moi est-ce autrui? VIII D'une écriture véhémente à l'«écriture plate». Conclusion.
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